Sénégal : Deux frères ennemis de la rébellion lavent le linge sale, avant les négociations avec l’Etat !

Ousmane Niantang Diatta et César Atoute Badiate, deux ennemis jurés et tous autoproclamés commandant en chef du front sud de l’aile combattante du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), ont lavé leur linge sale dans le maquis.

La rencontre, tenue en prélude aux négociations avec l’Etat sénégalais pour lesquelles la communauté italienne Sant ‘Egidio est à pied d’œuvre, a réuni des représentantes des deux factions du mouvement indépendantiste qui sévit depuis 1982 dans cette partie sud du Sénégal.

Le chef rebelle Ousmane Niantang Diatta a créé sa faction en 2010 en démissionnant du front sud, alors commandé par César Atoute Badiate, à qui il avait d’ailleurs promis l’enfer.

«Ces retrouvailles ont été facilitées par l’ONG bissau-guinéenne Mon Ku Mon (main dans la main). Cette structure veut amener M. Badiate, chef de la faction de Kassolol, et M. Diatta, chef de la base du Balantacounda, à une réconciliation franche et sincère», explique Jérôme Diédhiou, secrétaire national du bureau national du MFDC basé à Kassolol.

M. Diédhiou a souligné qu’une commission a, à cet effet, été mise en place pour porter le message de la réconciliation à l’ensemble des factions maquis casamançais. «Cette commission tend la main à Salif Sadio (commandant incontesté du front nord du MFDC)», indique Jérôme Diédhiou, précisant qu’une date sera retenue pour fumer définitivement le calumet de la paix dans le maquis.
Dans l’actualité sénégalaise aussi, Hissène Habré fera face aux juges africains le 1er avril 2013 pour son procès qui durera 27 mois.

Le 22 août dernier le Sénégal et l’Union Africaine ont signé un accord pour la création de chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour juger M. Habré accusé, entre autres, de crimes contre l’humanité, crimes de guerre, torture et un millier d’assassinats politiques de commis au Tchad entre 1982 et 1990.

Son procès coûtera une dizaine de milliards de F CFA. L’UA, l’Union Européenne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg, la France, les Etats-Unis et le Sénégal sont les grands contributeurs pour l’organisation et la tenue de ce procès. Le Tchad aussi car, Ndjamena a déjà déboursé 2 milliards de F CFA.

S’il est déclaré coupable, l’ancien homme fort de Ndjamena qui vit à Dakar depuis 1990, pourrait écoper de la prison à perpétuité.

Les chambres africaines extraordinaires peuvent également ordonner la confiscation des propriétés ou des avoirs dérivés directement ou indirectement du ou des crimes.

 

KOACI

Publicité

Mauritel

Speak Your Mind