Sénégal : En quête de 7 milliardaires

Le Procureur spécial auprès de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Alioune Ndaw a tenu une conférence de presse ce jeudi 8 novembre 2012 au siège de la cour sis sur l’Avenue Cheikh Anta Diop. Face aux journalistes, le procureur est revenu sur les procédures d’enquêtes en cours et la convocation adressé notamment à l’ancien ministre Karim Wade


«Nul n’est au dessus des lois !» Le procureur spécial auprès de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Alioune Ndao, en conférence de presse hier, jeudi 9 novembre, a révélé que le parquet avait reçu 7 demandes d’ouverture d’enquête sur les personnes des anciens ministres Karim Wade, Oumar Sarr, Abdoulaye Baldé, Madické Niang et Samuel Sarr ; ainsi que sur Tayibou Ndiaye, ancien directeur du cadastre et Doudou Diagne, ancien directeur de l’urbanisme.

Dans le lot, il annonce que Karim Wade, lui, a été convoqué pour le 15 novembre prochain par la section de recherches de la gendarmerie. La liste qui, selon le procureur est loin d’être exhaustive, a été transmise à la section de recherches de la gendarmerie.

De ce point de vue, d’autres personnes soupçonnées d’enrichissement illicite feront l’objet d’enquêtes, « quelque soit leur position ou fonction et cela en vertu de l’inopposabilité des immunités et privilèges de juridiction », a fait savoir Alioune Ndao.

La traque des biens mal acquis est ainsi en cours et la sortie du Procureur spécial auprès de la CREI vient en « réponse sommaire » aux nombreuses interrogations des uns et des autres qui ont porté sur la poursuite de ces actions entamées il y a quelques mois et dont on n’avait plus entendu parler. Dans ce contexte, M. Ndao a d’ailleurs réitéré son démenti de l’information parue récemment dans la presse et selon laquelle un mandat d’arrêt international avait été lancé contre l’ancien ministre Karim Wade, précisant que « les mandats d’arrêt ne peuvent être délivrés que lors de l’instruction. »

Sur la disponibilité de Karim Wade à déférer à la convocation en raison de son séjour à l’étranger, Mr Ndao s’est voulu catégorique en affirmant que Karim Wade « répondra présent à la convocation. » Au cas contraire, des discussions ont été engagées avec les autorités administratives et judiciaires de pays comme la France et le Canada, pays qui pourraient collaborer, a-t-il fait savoir. Le procureur Ndao a justifié l’opportunité des enquêtes en affirmant qu’il s’agit d’une « demande sociale et d’une volonté politique manifeste d’inscrire la gouvernance vertueuse au centre de la gestion publique. »

Si les faits qui leur sont reprochés sont avérés, les « prévenus » encourent 5 à 10 ans d’emprisonnement et une amende au moins égale au montant de l’enrichissement. On n’en est pas là, à en croire M. Ndao et pour l’heure, répète-t-il, seul Karim Wade a été convoqué. Quant aux « mis en cause », ils le seront suivant les enquêtes de la section de recherches. Laquelle n’est pas exclusivement dévolue aux enquêtes sur l’enrichissement illicite.

La CREI a été créée en vertu de la loi 8354 du 10 juillet 1980. Elle compte 4 instances que sont le parquet spécial, la commission d’instruction, la cour et le greffe. Les domaines de compétence de ladite cour sont l’infraction principale, la complicité d’enrichissement illicite, les délits de corruption et de recels connexes aux crimes d’enrichissement illicite. Le magistrat Alioune Ndao a été nommé depuis plusieurs mois à la tête de la CREI par le président Macky Sall, qui a réactivé cette juridiction créée en 1981 par le président de la République de l’époque, Abdou Diouf.

 

Source:Cridem

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