Sherpa attaque Ahmed Salem Ould Béchir

bechir somelecCondamnée en 2013 pour corruption au Kenya, épinglée en 2012 par le rapport de Transparency international « Export de la Corruption », la société finlandaise Wartsila risque de ne pas s’en tirer à bon compte en 2014 en Mauritanie. Elle y est indexée de corruption active pour le marché de construction de la centrale de 120 MW de Nouakchott.

Depuis quelques jours, l’affaire Wartsila est revenue avec fracas dans le débat national. La classe politique, les organisations de lutte contre l’impunité des prévaricateurs ainsi que l’Opinion publique s’en ont saisie dès l’annonce par l’Ong Sherpa de lutte contre les biens mal acquis des « réserves » de la BID avait sur le contrat passé par la Somelec avec la société finlandaise Wartsila.  Et la polémique a encore enflé de lus belle.

Au creux de cette affaire, le rôle joué par le directeur de la Somelec Ahmed Salem Ould Béchir, devenu en septembre dernier ministre de l’hydraulique et de l’assainissement. En effet, c’est lui qui en sa qualité de directeur général de la Somelec présidait la commission départementale des marchés à la Somelec. Une commission maintenue alors que l’Etat avait déjà engagé une réforme des marchés publics qui promettait plus de transparence dans l’attribution des marchés et une lutte sans merci contre la corruption.

Ahmed Salem Ould Béchir est désormais cité par l’Ong Sherpa qui l’attaque pour son rôle joué dans l’attribution du marché à Wartsila, selon Africa Energie Intelligence.

Wartsila avait obtenu ce marché pour un montant de 153, 8 millions d’euros. Une trentaine de millions d’euros de plus que la moins disante des entreprises restées en course pour l’évaluation financière. Deux autres concurrents China Nationale Machinerie et TSK (espagnole) proposaient respectivement, en effet, 139 millions Usd et 125.8 millions d’euros pour le même marché. Or, ce marché a suscité depuis son attribution beaucoup de soupçons d’irrégularités y compris par certains concurrents (TSK) qui n’hésiteront pas à s’insurger par communiqué de presse contre les conditions déloyales de la passation dudit marché.

Mais alors que Wartsila et Ahmed Salem Ould Béchir pensaient que tout était dans la poche, un communiqué récent de Sherpa sonne comme un rappel à l’ordre.  Malgré les démentis « officiels » par le biais de l’Ami, la non objection de la BID n’est du tout levée sur la suite à donner à ce projet qui a déjà englouti une partie des 108 millions d’euros nécessaires. Mieux encore, outre Sherpa, ce dossier est aujourd’hui suivi par les limiers du Group Intégrity Office (GIO), présidé par Abdoul Razzak Lababdi, qui n’entendrait pas se faire conter dans cette affaire.

Wartsila épinglée à maintes reprises en Afrique et dont le rapport annuel, présenté le janvier 2014, camoufle les réalités de la contestation de son marché obtenu en Mauritanie, risque à ce rythme d’émarger à la peu enviable liste des entreprises blacklistées pour mauvaises pratiques de la concurrence.

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