Si elle ne nous avait pas croisés ce soir, elle aurait pu finir violée…

Ce soir c’est la nuit des musées un peu partout, c’est donc l’occasion de sortir un samedi soir et voir certaines belles choses de nuit. Après une journée fille violéechargée, minuit trente, je décide d’aller juste à côté voir le fabuleux musée d’art moderne de catalogne qui occupe tout un palais sur les hauteurs de Barcelone au MontJuic, le mont juif.
C’est un coin assez extraordinaire où l’on trouve la fondation Miro et tout le complexe olympique, le parc Grec et autres. De jour, je fais là un footing assez charmant même si plus haut on dit l’endroit malfamé car d’une part certains exhibitionnistes y viendraient faire leurs activités en plein air mais nul n’est à l’abri au crépuscule d’une mauvaise rencontre dans les bois et les parcs qui longent ce coin de paradis car on peut vite vous tirer dans les bois et c’est la fin.
Ainsi ce soir, j’ai pris un chemin en bas du Montjuic avant d’atteindre le grand palais d’art moderne de Catalogne pour le visiter de nuit avec les gens d’ici, tous les touristes et autres amateurs d’art et rencontre populaire. Arrivé en face du charmant parc Grec où j’avais fait il y a quelques mois un reportage photo, je vois à 20 mètres une femme qui  marche en titubant. Rien d’extraordinaire surtout un samedi soir car les gens boivent beaucoup surtout un jour de fête comme celui-ci.
Derrière elle, un groupe de jeunes, garçons et filles. A deux mètres de moi, je distingue non pas une femme mais une jeune fille d’à peine une vingtaine d’années. A un mètre de moi, je la regarde dans les yeux, je vois la terreur pure et les larmes. De quoi je me mêle ? C’est pas l’Afrique ici, et elle semble avoir avec elle ses amis. Je laisse passer le groupe et je marche en regardant de temps en temps derrière.
Là, le groupe de jeunes la dépasse en la regardant aussi mais personne ne s’arrête. La jeune fille arrive en face du parc Grec dans un coin sans âme qui vive, elle se tient au feu rouge. Là je me dis qu’on ne peut pas la laisser traverser seule, elle risque de se faire écraser. Conscient qu’étant un arabo à minuit passé, je ne dois pas inspirer confiance en ce monde plein de préjugés. J’hésite et je regarde de loin.
Un couple d’anciens s’approche de la jeune fille et tente de communiquer. Je m’approche à mon tour. La jeune fille est en larmes, elle tremble et parle espagnol. Heureusement je n’étais pas seul. Mon amie engage aussi la conversation. L’odeur d’alcool à plein nez, une jeune jolie fille complément bourrée, les yeux hagards. Elle nous explique qu’elle est perdue. On décide de la raccompagner chez elle. Ce qu’on fit jusqu’à sa porte 900 mètres plus bas.
C’est une jeune américaine venue il y a six mois apprendre l’espagnol et vivant avec des jeunes colocataires dans une grande avenue de la place : la Parallèle exactement. Pourquoi n’avait-elle plus son téléphone portable, j’ai pas compris. Pourquoi s’était-elle retrouvée seule, j’ai pas compris. A-t-elle perdu ses amis dans le même état qu’elle avec la foule en ce jour de fête, impossible à savoir, toujours est-il que dans son état, elle aurait pu tomber sur une bande de lascars ou n’importe qui comme l’occasion fait le larron. Ils ou il aurait décidé de la raccompagner chez elle comme ce qu’on a fait, personne dans la rue ne nous a demandé ce qu’avait cette fille avec nous les yeux en larmes complétement bourrée. Elle aurait pu atterrir n’importe où.
Le monde est plein de faits divers où une mauvaise rencontre fait le reste.
Une pensée  à cette suissesse venue en Afrique pour la première fois, après avoir passée une soirée avec les bourgeois de tiers-monde de chez nous, elle est sortie seule prendre un taxi. Violée par 4 hommes avant d’être jetée à la rue pour repartir ensuite d’où elle est venue. C’est tout ce qu’elle aura connu de la Mauritanie. Je crains pour cette jeune fille de ce soir, le même sort car les mêmes causes produisent les mêmes effets à moins qu’encore une fois, elle fasse une rencontre humaine car après tout, le pire, le mal n’est pas la généralité même si en général, le bien passe son chemin en regardant ailleurs…

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