Situation économique et sociale catastrophique en Mauritanie:Quand le diagnostic de la Banque Mondiale rejoint celui de l’Opposition

Situation« La pauvreté en Mauritanie augmente dans les centres urbains et dans les villes minières », note le rapport de la Banque Mondiale pour le mois d’octobre 2015, qui ajoute que « l’Etat mauritanien se caractérise par une grande faiblesse » et « sur le plan économique et social, la Mauritanieconnaît des problèmes à visages multiples ».
Un diagnostic catastrophique de la situation nationale, décrite par l’une des institutions qui a été jusque-là élogieuse vis-à-vis de la Mauritanie et qui rejoint en grande partie le tableau noir qu’en brosse l’opposition.
L’opposition mauritanienne n’a cessé depuis des années de tirer la sonnette d’alarme sur la situation économique et sociale déliquescente du pays, s’attirant l’ironie des tenants du pouvoir qui lui ont toujours reproché son alarmisme de mauvais aloi et sa manie à travestir la réalité.
Dans sa dernière sortie, Me Mahfoudh Ould Bettah, président de la Convergence Démocratique, l’un des leaders du FNDU (Forum national pour la démocratie et l’unité) qui regroupe les partis de l’opposition dite radicale, estime que « le président Mohamed Abdel Aziz ne respecte pas ces concitoyens et qu’il n’œuvre pas pour l’intérêt du pays », l’accusant d’avoir « tout détruit, la santé, l’éducation, l’unité nationale, sans aucun regret ».
Ould Bettah qui s’exprimait lors d’un meeting à Dar Naïm, un quartier périphérique de Nouakchott, considère que la Mauritanie est sous la convoitise de certains pays voisins qui n’attendent qu’une occasion pour s’abattre sur elle. Il a dans ce cadre invité les Mauritaniens à prendre leur responsabilité.
Pour Ould Bettah, Ould Abdel Aziz est un spécimen inédit, « un président qui méprise ses soutiens, déteste ses opposants et n’accorde aucun intérêt à son peuple comme le ferait n’importe quel dirigeant légitime ».
Partant, il ne souhaiterait engager aucun dialogue sérieux avec l’opposition pour échapper aux exigences de perfectibilité et de légalité que lui imposerait un tel exercice, selon Ould Bettah.
Quant au citoyen lambda, la Mauritanie est devenue à ses yeux un pays invivable, tant la vie y est chère, l’emploi inexistant avec un taux de chômage record, l’argent rare, les opportunités presqu’introuvables, sans justice sociale, sans répartition équitable des richesses et des chances.
L’administration publique qui se vide de ses compétences voit ainsi arriver une jeune génération de cadres mal formés, pressés de s’enrichir, incultes en termes de valeurs citoyennes et républicaines, chantres de la facilité et des carrières rapides.
A côté, le tissu économique s’est dégradé, la corruption prenant le pas sur les règles de procédures légales, et où l’arrivisme d’une classe d’affaires nouvellement créé par une volonté politique, tente de remplacer les vieilles méthodes de la gestion rigoureuse par l’arnaque, les combines obscures et l’ascension sociale à tout prix.
Un ensemble de facteurs qui expliqueraient certainement la mauvaise appréciation de la Mauritanie aux yeux des institutions financières internationales et qu’une récente étude de la Banque Mondiale fait ressortir.
En effet, ce rapport parle d’une paupérisation galopante en milieu urbain et dans les villes minières, naguères lieux d’opulence. La Mauritanie est décrite dans ce rapport d’octobre 2015 de la Banque Mondiale comme un pays extrêmement fragile, où la situation économique et sociale présente des problèmes à visages multiples.
Sur le plan social, la note souligne que deux ethnies mauritaniennes souffriraient de marginalisation et d’exclusion par le pouvoir en place. Cette fracture se serait aggravée par les mauvaises politiques agricoles, marquées notamment par le désengagement du gouvernement dans l’achat de la production rizicole, ce qui pourrait entraîner une crise alimentaire aigue dans un pays où la surface cultivable ne dépasse guère 0, 5% des terres aménagées.
En conclusion, le rapport d’indiquer que la corruption, la pauvreté et la fracture sociale constituent les défis majeurs auxquels fait face la Mauritanie.
Si la pauvreté a atteint des sommets inégalés, loin des chiffres officiels qui parlent d’un taux de pauvreté en baisse, environ 31%, la corruption elle aussi a connu des bonds considérables. « Si du temps de Ould Taya, tout le monde profitait de la corruption, aujourd’hui, elle est privatisée et circonscrite à une poignée de personnes » ironise le citoyen lambda.
Certains parlent d’un président de la République plus préoccupé à faire fortune, d’une oligarchie militaire muselée à coups de budgets à ciel ouvert, d’une concurrence économique déloyale au profit de l’entourage proche du Chef de l’Etat, d’une Première dame crainte et pouponnée par toute la République et dont les désirs sont des ordres, d’une marmaille présidentielle qui fait la pluie et le beau temps et d’une cour de courtisans nourris de passe-droits indus.

Cheikh Aïdara

Source: L’Authentique

 

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