Situation économique : L’horizon s’assombrit

Situation économiqueLoin des déclarations triomphalistes des partisans du pouvoir – du moins en public– la situation économique du pays est loin d’être reluisante. Elle serait même tout simplement «inquiétante», d’après des rapports confidentiels de la Banque Africaine de Développement, de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, qui s’inquiètent de l’avenir économique de la Mauritanie. Selon les prévisions de ces institutions, une crise sans précédent pourrait frapper le pays à court terme.
Il ne s’agit donc plus seulement des déclarations d’une opposition qui «refuse de reconnaitre les réalisations grandioses» du Président Aziz, mais bien des conclusions d’experts qui tirent sur la sonnette d’alarme.
Trop grande dépendance sur l’extérieur
A peine sept mois après la réélection du Président Aziz, des rapports confidentiels établis par le Groupe de la BAD (Banque Africaine de Développement), de la Banque Mondiale ou encore du Fonds Monétaire Arabe, ne cachent pas leur scepticisme à l’égard des perspectives socio-économiques du pays.
Les rapports émanant des experts de ces institutions internationales – qui avaient visité Nouakchott à la veille des élections présidentielles – affirmaient que la Mauritanie est touchée par une dépendance totale des échanges commerciaux avec l’extérieur.
Et que le pouvoir en place n’a pas réussi à réduire ce phénomène en dépit des conseils du FMI, qui s’inquiétait dans son rapport du mois de mai 2013, de l’extrême dépendance du pays aux industries extractives et qui, à maintes reprises, avait élaboré des plans de réformes pour atténuer l’ampleur de ce fardeau. Dans ce contexte, force est de reconnaitre que la chute du prix des matières premières, notamment celui du fer, aura un impact négatif sur l’économie nationale.
Instabilité institutionnelle
Les récents changements intervenus au niveau des responsables des importantes institutions étatiques, notamment dans le secteur financier (BCM – Ministère des Finances…) et la faiblesse de la planification sur le long terme, viennent eux aussi créer des interrogations sur les perspectives de la gouvernance dans l’avenir.
Le Centre des Recherches au sein du Fonds Arabe pour le Développement Economique et Social (FADES), basé au Koweït, souligne que le taux de croissance de 6,8% enregistré à la fin du premier trimestre de 2014, ne sera pas atteint en 2015.
Cette situation est inéluctable, sauf si le pouvoir déploie des efforts considérables en matière d’augmentation des projets de réformes, de diversification de la base de production, et de création d’une réelle valeur ajoutée.
De plus le Centre ne prévoit pas un essor significatif si le régime de Ould Abdel Aziz ne s’ouvre pas aux les forces de l’opposition, et sur les groupes ethniques qui font partie du tissu national mauritanien, Selon certains analystes, c’est ce qui aurait poussait le pouvoir à tendre récemment la main à l’opposition pour un dialogue avec toutes les forces vives du pays, comme l’a déclaré le Président de la République lors de son allocution à Chinguetti, à l’occasion de l’ouverture du Festival des Villes Anciennes.
Climat d’affaires «médiocre»
Sur un autre plan, le rapport «Doing business 2014» de la Banque Mondiale classe le pays au 173ème rang sur 189, concernant le «Climat des affaires». Pour cet organisme, le climat des affaires «est médiocre» en Mauritanie. Et de fait, il n’est pas aisé d’y créer une entreprise.
Surtout, la Mauritanie est «bonne dernière mondiale pour la résolution des défauts de paiement : si un client fait faillite, il est très difficile de récupérer un minimum de sa créance». Il n’est donc pas surprenant que les potentiels investisseurs trainent les pieds, malgré les beaux projets de hub portuaire et de Zone Franche à Nouadhibou ou d’irrigation de 15 000 ha dans la vallée du fleuve Sénégal.
Les responsables mauritaniens qui avaient visité les pays du Golfe ces derniers mois pour les inciter à aider la Mauritanie à appliquer les réformes «souhaitées» par le FMI n’ont guère été entendus. A Riyad comme à Abou Dhabi, on a fait savoir aux émissaires de Mohamed Ould Abdel Aziz, que le régime «pourrait mieux faire».
Mis à part l’ouverture du pouvoir sur les composantes politiques et ethniques du pays, les interlocuteurs des pays du Golfe se sont focalisés sur la mauvaise gestion des organismes de l’Etat, plus particulièrement dans les domaines de la nourriture, du transport, de la santé et de l’éducation.
Quant aux Européens, tant que le dossier de l’Accord de pêche n’est pas clos, on ne peut pas compter sur eux. Avec en plus des banques qui ferment les unes après les autres et une mauvaise pluviométrie, cette année 2015 risque d’être un peu rude.

Source : L’Eveil Hebdo (Mauritanie)

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