Situation sociale en Mauritanie: Le feu ne serait-il pas en train de couver?

SNIM 2Mauriweb: A la fin du mois de janvier, plusieurs centaines de travailleurs de la SNIMont entamé une grève pour réclamer, entre autres, une augmentation de salaire assortie d’un rappel à partir du mois d’octobre 2014, un bonus de salaire pour le rappel de primes de production impayées sur l’année 2014 estimées à 30% à chaque fois que la production atteint 1,2 millions de tonnes.

Malgré les dénégations du responsable de la Communication de la SNIM, qui déclare que «la grève partielle déclenchée par une partie du personnel SNIM àZouerate n’a pas affecté la production de l’entreprise» et que «le transport du minerai de Zouerate vers Nouadhibou n’a pas, non plus, été perturbé», plusieurs autres informations font état d’une «large perturbation des activités de chargement du minerai à Zouerate et de son acheminement vers le port deNouadhibou». Selon les mêmes sources, « un seul train minéralier sur les trois prévus samedi a ainsi pu quitter la cité minière en direction de Nouadhibou. Il convoyait 74 wagons minéraliers contre 180 censés être bondés de minerai. Dimanche, le seul train minéralier prévu ne composerait que de 60 wagons seulement». Même si aux dernières nouvelles un accord aurait été trouvé entre les deux parties, cette nouvelle grève, après celles qui se sont produites il y a quelques mois à Tasisat et à MCM, sans parler des innombrables «marcheurs » et autres«manifestants quotidiens» devant les grilles du Palais présidentielles, témoigne d’une détérioration considérable de la situation sociale du pays sur fond de crise politique. Dégradation continue de la situation sociale C’est un euphémisme de dire que la situation sociale des travailleurs mauritaniens s’est particulièrement dégradée atteignant des seuils insupportables (emplois précaires, salaires très bas, protection sociale faible, flambée des prix) dans un contexte marqué par un mépris total envers les travailleurs. Cette situation demeure caractérisée, entre autres, par un taux de chômage qui dépasse les 33% officiellement déclarés ; une détérioration sans précédent des conditions d’existence des travailleurs face aux hausses répétées des prix de toutes les denrées de base ; le faible niveau des salaires et traitements que toutes les catégories socio professionnelles de travailleurs continuent à percevoir, niveau qui est le plus bas de toute la sous région voisine ; la désuétude de la couverture sociale qui ne répond pas aux attentes des travailleurs exposés de plus en plus à des risques et maladies professionnels ; l’ incapacité du système éducatif à assurer une formation adaptée aux besoins du marché de l’emploi, accroissant le chômage des jeunes titulaires de ses diplômes ; la non implication des travailleurs à la définition et à la mise en œuvre de l’assurance maladie, pour le financement de laquelle, ils contribuent largement. Faillite des Centrales syndicales De leur côté, les Centrales syndicales, théoriquement en charge des questions sociales des travailleurs, ont une force active assez limitée. Pourtant, à ce jour, on compte 19 Centrales nationales en Mauritanie en plus de quelques syndicats professionnels autonomes. Malheureusement, la plupart de ces organisations syndicales ne sont pas dans une logique de défense et de promotion des principes d’indépendance, de liberté et de démocratie qui sont le socle durable de tout cadre d’organisation syndicale qui se veut un partenaire social crédible au service de la classe ouvrière. Profitant de cette situation d’amalgame et de confusion, les pouvoirs publics ont usé de l’arme de l’instrumentalisation de certaines organisations de travailleurs, ce qui a rend la situation plus complexe.

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