SNIM: ouverture du capital ou vente des filiales?

SNIM - TrainRien ne va plus à la SNIM. Plombé par le plongeon des cours du fer depuis 2014, par les déboires rencontrés lors de la mise en place du fameux programme baptisé NOUHOUD, une grève qui a sapé le moral de son personnel, le géant minier est actuellement dans un trou de serrure abyssal.

Conséquence : il doit se restructurer à marche forcée. Après quatre ans de résultats exceptionnels (2010 a 2013) qui ont vu son chiffre d’affaires passer respectivement de (950 millions de dollars en 2010, 1milliard 439 millions en 2011, 1 milliard 121 en 2012 et 1,9 milliard de dollars en 2013), l’entreprise est actuellement, en plus des pertes cumulées de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards empêtrée dans ses problèmes de gouvernance.

Des béquilles puantes pour ce fleuron de notre industrie nationale. L’entreprise accumule mauvaise fortune et lutte pour s’affranchir de l’état de métastase financière dans laquelle elle est empêtrée. Sans succès. Après la tentative infructueuse de rapprochement avec le géant minier chinois ZINJIN Mining pour avoir du cash et de l’expertise, elle cherche désespérément des investisseurs arabes pour venir à sa rescousse.

Les derniers résultats financiers de l’entreprise à la fin de ce trimestre sont catastrophiques. Selon des informations en possession de rimeco.info, les pertes cumulées se chiffrent à plus de 38 milliards d’ouguiyas. La situation financière désastreuse de ce géant aux pieds d’argile trouve son explication dans l’absence de vision et de planification de l’équipe aux commandes, commente une source à rimeco.info. De l’avis des spécialistes du marigot minier, trois sources de financements s’offrent à la SNIM.

Premièrement, la cession de participation non stratégique. Elle a déjà cédé sa participation de 70 /1oo dans le capital de DAMANE, sa filiale dans les assurances, et les tractations vont bon train pour la cession de sa filiale GMM dans le granite et le marbre, la SAMMA dans la manutention. L’ATTM, que l’actuel premier ministre a laissé déficitaire de 9 milliards ne figure pas sur la liste du patrimoine à brader. Deuxièmement, le recours aux banques de coopération (AFD,DBSA etc) qui devrait totaliser 500 millions de dollars.

Et enfin la mise en gage des titres miniers sur la base de la certification des gisements. A défaut de solutions immédiates, son conseil d’administration étudie aussi la possibilité d’ouvrir son capital à des investisseurs étrangers, comme des fonds souverains, d’ici l’année prochaine, avec une seule ligne rouge : l’Etat actionnaire à hauteur de 78/100 maintiendra toujours sa majorité de contrôle. ANouadhibou, une série de notes confidentielles et d’informations distillées ces dernières semaines sur la gestion de la SNIM ont mis le doigt sur des dysfonctionnements de mal gouvernance qui expliquent en grande partie les contre-performances de l’actuelle équipe aux commandes.

En effet, un groupe de cadres ayant décortiqué l’ensemble des services de la SNIM résume les problèmes de l’entreprise. Parmi ces dysfonctionnements figurent le manque de planification, à tous les niveaux ( production, chemins de fer et maintenance ..), le déficit de transparence, l’absence de suivi et de contrôle des projets et quelquefois la mauvaise gestion des fonds alloués, entravent le bon fonctionnement de la société.

Parmi ces dysfonctionnements, il y a aussi les procédures des passations de marchés qui sont torpillées, les difficultés liées à l’information budgétaire qui font qu’on ne peut pas faire la traçabilité des ressources, alors qu’on parle dans le programme Nouhoud, d’amélioration de la transparence.

Ces opérations à elles seules peuvent révéler tous les dysfonctionnements qui pourraient rejaillir sur la qualité de la prestation.

Pour étayer ses allégations, on cite pêle-mêle la réception d’équipements destinés à des hôpitaux des années avant la fin des travaux, l’achat de wagons inadaptés au culbuteur et qui sont actuellement entassés à Zouerate et àF’derick, quelle frénésie dépensière.

Ces contrats spéciaux sont signés pour faire un traitement de faveur à une personne qui a peut être une légitimité politique ou religieuse pour prendre des millions et partir.

Prise en otage par la crise financière, l’entreprise accuse à présent une baisse d’activité allant parfois jusqu’à 30 %. Le plus inquiétant reste l’absence de perspectives avant 2018 ou la reprise des économies européennes et en Chineva entrainer dans son sillage une augmentation des cours du fer. En attendant, l’impression générale que l’on s’enfonce dans une crise durable règne et le spectre du dépôt de bilan et des licenciements massifs se rapproche dangereusement.

Dans les couloirs des ateliers à Nouadhibou, les employés tentent de préserver un semblant de sourire, mais l’inquiétude est palpable sur tous les visages. Une chose est sure, si l’on veut que la SNIM ou ce qui en reste puisse atteindre l’émergence qui ne saurait être décrétée par une volonté politique, il faut une nouvelle légitimité managériale et donc un nouveau leader.

Source : Rimeco

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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