Sommet arabe: Entre le réalisme du Koweït et le rêve des autres

0-0-2-sommet abQuatorze chefs d‘état ont pris part au sommet de la ligue arabe qui se tient pour la première fois au Koweït, les 25 et 26 mars. Notre pays y est représenté par le président Mohamed Ould Abdel Aziz à la tête, comme le dirait la presse officielle, d‘une importante délégation dont son épouse, deux ministres et un bon paquet de conseillers, d‘ambassadeurs et bien d‘autres gens, les pauvres!, qu‘on n‘a pas l‘habitude de citer par leurs noms.
A côté de ce beau monde officiel, on note la présence, sur invitation du gouvernement koweitien, de deux représentants de l‘artisanat traditionnel mauritanien afin d‘exposer leurs produits à côté de leurs pairs de tous les pays arabes.
En marge du sommet, les gouvernants du Koweït ont, en effet, jugé utile d‘innover en associant l‘artisanat arabe à la réunion des chefs d‘état. Une manière plus ou moins habile et carrément pragmatique pour déplacer le débat arabe vers un terrain plus réaliste, beaucoup moins problématique et sur lequel tout le monde pourrait réussir à s‘entendre, sans beaucoup de difficultés. Reportage.
Sommet arabe au Koweït. Jamais un sommet de la ligue arabe n‘aura suscité autant de craintes, mais également autant d‘attentes. Le contexte dans lequel il se tient est pour le moins tendu. Trop tendu même. Les crises régionales déjà explosives (Arabie saoudite, Émirats Arabes et Bahreïn contre le Qatar; la crise en Syrie, en Irak, au Liban, en Égypte et en Iran…) se sont télescopées avec la crise internationale du moment provoquée par l‘annexion de la Crimée par le géant  Russe.
Comme tous les précédents sommets arabes, celui du Koweït devrait être l‘occasion pour les dirigeants de faire le point sur les grandes crises qui paralysent l‘action arabe. Mais la complexité de ces crises et la susceptibilité des uns et des autres font qu‘il est irréaliste d‘attendre grand chose de ce conclave.
Même si le pays hôte a déployé tous ses talents reconnus  de médiateur pour arrondir les angles. En vain, car les crises qui traversent le monde arabe sont profondes et ne peuvent pas du tout être réglées le temps d‘un sommet: une ou deux journées.
Le Koweït est bien au fait de la difficulté pour lui de réussir une quelconque percée diplomatique dans une conjoncture arabe aussi complexe.
Pourtant, le pays hôte qui accueille sur son sol, pour la première fois de son histoire, un sommet de la ligue arabe, a mobilisé des moyens colossaux pour l‘organisation de l‘événement. Un centre de presse flambant neuf et hyper équipé a été inauguré pour la circonstance et mis à disposition des centaines de journalistes envoyés par leurs organes pour couvrir le sommet.
Afin de faire bonne presse pour le pays et pour ménager ses frères arabes, le Koweït est en passe d‘insuffler une bonne dose de pragmatisme et de réalisme à la cause arabe.
Comme l‘a si bien expliqué, Abdallah bichara, l‘ancien diplomate koweitien et secrétaire général pendant dix ans du conseil de coopération du golfe (CCT), lors d‘une conférence qu‘il a animée au nouveau siège de la bibliothèque nationale du Koweït, ‘‘les pays arabes, désormais débarrassés des leaders rêveurs, doivent faire preuve de réalisme, réviser leurs objectifs à la baisse et viser plus modeste…‘‘ En d‘autres termes, le diplomate koweitien estime que la ligue arabe doit, à l‘image de ce que fait l‘Europe, procéder par petites touches et cesser surtout de rêver et de lancer les chantiers chimériques qui ne les ont jusqu‘ici menés nulle part.
Si le Koweït réussit à insuffler cette approche pragmatique, lente mais sûre, le 25eme sommet arabe sera une réussite et restera à jamais gravé dans la conscience arabe.

Source : Rmibiladi

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