SOMMET DE LA CEDEAO : Les trois vérités d’Alpha Condé sur le Mali

Le samedi 19 janvier 2013, le président Alpha Condé était à Abidjan, avec ses homologues de la sous-région, pour discuter des modalités concrètes du déploiement très prochain des troupes étrangères de la MISMA, devant épauler les soldats maliens et français dans la lutte contre les terroristes. Globalement, le sommet a réaffirmé la nécessité de la rapidité de l’envoi des soldats africains. En conséquence, des appels ont été lancés aux pays fournisseurs de troupes, mais aussi à ceux notamment de la communauté internationale qui doivent apporter leur soutien en termes d’appui logistique ou financier. Le chef de l’Etat guinéen en aura profité pour dire ses vérités aux participants à la rencontre. C’est du reste, ce qu’il a lui-même affirmé à son retour à Conakry dans la soirée. D’une certaine façon, les vérités d’Alpha Condé se résument en trois qui constituent la vision et la position de la Guinée par rapport à la crise au Mali.

La première de ces vérités est, selon le chef de l’Etat, l’impossibilité d’une issue négociée au problème malien. La Guinée n’a jamais cru aux multiples initiatives privilégiant la voie du compromis et du dialogue. En Conséquence, Alpha Condé aura mis à profit le sommet d’Abidjan pour rappeler que la Guinée a été toujours pour l’option interventionniste. Selon le numéro un, les qualités de négociateur de Blaise Compaoré ne sont nullement en cause. D’autant plus qu’il avait réussi à dénouer les crises au Togo et en Guinée. Mais selon lui, avec les occupants du nord Mali, les chances du médiateur étaient minimes sinon nulles.

La deuxième vérité du président Alpha Condé porte sur le fait que la CEDEAO ait accordé un statut d’ancien chef d’Etat au capitaine Amadou Haya Sanogo. Selon lui, un tel privilège accordé à un putschiste revient à encourager ouvertement les prises de pouvoir par des voies autres que celles républicaines. C’est, à l’en croire, une manière implicite d’inviter d’autres militaires, notamment dans d’autres pays à renverser les régimes légaux, et à s’imposer de fait, avec l’espoir de bénéficier de la même indulgence.

Enfin, la troisième vérité concernant la crise malienne, le président Alpha Condé a tenu à partager avec ses homologues le fait qu’il s’agit avant tout d’un problème des plus complexes. En effet, selon le président guinéen, il ne faudra se contenter de chasser les terroristes du territoire malien et s’en tenir à ça, en se disant que le travail est fini. Selon lui, le problème dont il est question intéresse tout le Sahara. Quand les islamistes auront été chassés du désert malien, ils se disperseront à travers toute la bande sahélienne. Partant, le chef de l’Etat souhaite notamment de la France et des Etats-Unis, qu’ils poursuivent leur appui en vue de l’éradication du terrorisme dans toute la région. Autrement, le travail demeurera inachevé. Car les terroristes pouvant toujours resurgir pour frapper dans un des pays de la région.

 

Source : Salématou Diallo

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