L’Afrique présente à Téhéran pour le Sommet des non-alignés

Le seizième sommet des non-alignés s’ouvre ce jeudi 30 août à Téhéran. Cinquante-trois pays africains sont représentés. L’Iran entend montrer au monde qu’il n’est pas isolé, malgré les sanctions. Mais plusieurs Etats africains ont préféré jouer la prudence : ce sont leurs ministres des Affaires étrangères, et non leurs présidents respectifs qui les représenteront.

Ouverture du XVIe sommet des non-alignés, à Téhéran, ce jeudui 30 août 2012

La création du mouvement des non-alignés (le MNA) remonte à 1955, lorsque les fondateurs étaient majoritairement des pays colonisés d’Afrique et d’Asie. De 29 pays à sa création, le mouvement compte aujourd’hui 118 membres, dont 53 pays africains, et des observateurs influents comme la Chine et le Brésil. Le MNA, c’est deux-tiers des Nations unies et malgré les pressions américaines, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a fait le déplacement. Pas si courageux les Africains : nombre de chefs d’Etat ont préféré se faire représenter.

Il faut dire que le pays hôte est sous sanction des Nations unies depuis six ans. Des sanctions doublées d’un sévère embargo financier et pétrolier alors que la communauté internationale soupçonne un objectif militaire derrière son programme nucléaire.

Téhéran, de son côté, affirme que ses activités nucléaires sont purement pacifiques et cherche un large soutien des pays non-alignés. Dans ce bras de fer, confie un ministre africain des Affaires étrangères, son pays ne peut pas prendre position. Et d’ailleurs, pourquoi s’aligner, ironise-t-il, alors que nous sommes des non-alignés.

Le thème du sommet « Paix durable à travers une gouvernance mondiale concertée » offre l’occasion de relancer les discussions sur l’élargissement du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais la plupart des pays africains militent pour une augmentation de l’aide au développement et l’accélération de la coopération sud-sud.

Amitié entre les peuples et non-ingérence dans les affaires des Etats

Nassirou Bako, le ministre béninois des Affaires étrangères, dont le pays préside l’Union africaine, estime que le MNA est un espace qui peut peser sur la nouvelle gouvernance mondiale que demandent les Africains. Il parle de réaffirmer une valeur fondamentale commune au MNA et à l’UA : celle de l’amitié entre les peuples. Il évoque aussi l’émancipation des peuples et la non-ingérence dans les affaires des Etats, d’une reconfiguration de la gouvernance mondiale visant à impliquer l’ensemble des Etats.

Nassirou Bako

Ministre des Affaires étrangères du Bénin

le mouvement des non-alignés est un espace où l’Afrique apporte sa contribution au «refaçonnement» de la gouvernance mondiale.

Mais venir à Téhéran, n’est-ce pas cautionner le nucléaire iranien ? Pour le ministre de la diplomatie béninoise, ce n’est pas un chèque en blanc que le mouvement des non-alignés signe à l’Iran. Nassirou Bako affirme qu’en tant qu’Etat membre du MNA, l’Iran a les mêmes droits que les autres, et peut donc organiser ce sommet et en tirer des bénéfices diplomatiques. Il rappelle que l’Iran a signé le traité de non-prolifération nucléaire et dit que le MNA en reste au principe de l’engagement du pays, jusqu’à preuve du contraire.

Nassirou Bako

Ministre des Affaires étrangères du Bénin

L’Iran est un Etat membre du mouvement des non-alignés. En tant que tel, il bénéficie des mêmes droits que les autres Etats membres.

Source: RFI

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