Sortir les idéologies de l’école

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Si le secteur de l’éducation ne fonctionne plus en Mauritanie, c’est bien parce que chez nous, celui-ci a été plongé dans un monde qui n’est pas le sien : les idéologies. L’école ne rime en effet jamais avec la politique et encore moins avec la propagande. D’aucuns est d’avis que l’école mauritanienne, exacerbée depuis toujours par les idéologies, est malade. Notre système éducatif ne se porte pas au mieux de sa forme. Il est en agonie. Et cette agonie ne date pas d’aujourd’hui.

Le temps de savourer notre indépendance en 1960 et voilà que notre système éducatif est alité. Feu Moctar Ould Daddah n’y a rien pu faire avant de perdre le pouvoir. Ses successeurs encore moins. Plus grave, le système éducatif national sera plongé par ceux-ci dans la pire des spirales qui mènent vers la mort !

L’éducation a été en fait, pourrie par les régimes militaires successifs. Supplétifs d’une idéologie obscurantiste, sectaire et sans vision objective de l’avenir, les militaires ont réduit le système éducatif à la simple expression d’une identité.
Le reste, tout le reste, a été laissé de côté. Plus de quarante ans durant, le système éducatif mauritanien n’a cessé de dévier da la trajectoire qui devait être la sienne. Il s’est évertué à nous arrimer à un monde arabe qui est, pourtant, à l’instar de toutes les zones des pays sous-développés, à la recherche d’une voie pour son émancipation.

Au lieu d’être à la quête du même objectif, nous avons « neutralisé » et stigmatisé nos autres atouts en noyant des pans entiers de notre personnalité propre et de notre héritage socioculturel intrinsèque dans un brouillard indescriptible. Nous avons tout laissé de côté, nié notre existence, sacrifié même notre âme, pour être confondus au monde arabe. A force de vouloir faire comme le corbeau, nous avons fini par devenir un monstre hybride tiraillé entre les multiples facettes de ce qui est supposé constituer son essence.

En d’autres termes, en voulant trop mimer les autres, nous sommes devenus le pays qui dispose du plus médiocre système éducatif au monde. La contre-performance est terrible. C’est même un couperet, car des pays comme les Comores et le Yémen (pour ne comparer qu’avec nos frères) font, de loin, mieux que nous en la matière. Notre école est une école à former des cancres. Elle ne produit plus de génies. 
Elle est aussi une usine à fabriquer des chômeurs, non seulement parce que la situation économique empire au fil des régimes, mais aussi parce que, au pays des mille poètes, le développement passe d’abord par l’affirmation de l’identité par la seule… poésie ! Si le monde ne peut se passer de mots, il y a, cependant, des mots qui se transforment, facilement en maux !

Malgré l’absence d’un large consensus national autour de la question, ceux qui se sont érigés en kamikazes et en ultimes sauveurs du système éducatif national n’ont pas droit à l’erreur. Aujourd’hui qu’ils ont été appelés au chevet de notre système éducatif, ils doivent être conscients de leur responsabilité et des espoirs que le peuple mauritanien nourrit à leur égard. Ils tiennent entre leurs mains le destin des futures générations et au-delà, celui du pays. Ils doivent revisiter les fondements sur lesquels toute cette bérézina a été fondée en rompant, définitivement, avec l’aliénation de l’enseignement à l’idéologie.

Le système éducatif doit être un outil de formation de l’homme, un creuset pour la fabrication d’un citoyen pétri de valeurs nobles et sacrées. Il ne doit pas être un instrument de domination, d’asservissement, de négation de l’autre et encore moins une voie ouverte de domination ou un outil pour ramener le peuple aux siècles de l’obscurantisme religieux et des époques des « coupeurs de route » qui dominaient le monde au temps de la longue nuit de l’époque barbare.

Le degré du développement du monde et les avancées scientifiques et technologiques atteints par l’humanité constituent autant des atouts que des défis auxquels nous serons obligés d’adopter, puis à adapter et auquel il faudra, peut-être, se confronter pour rester ce que nous devons être. Le système éducatif qui doit être imaginé pour la Mauritanie de demain doit se fonder l’égalité, la confiance et la solidarité de l’ensemble des pans de notre peuple.

Ce système que nous voulons nouveau, doit tirer son existence des impératifs du développement harmonieux du pays en intégrant toutes ses valeurs, toutes ses cultures, toutes ses langues pour faire de tout cela une belle synthèse qui offrira une réelle opportunité de développement de la Mauritanie et une exceptionnelle possibilité d’ouverture sur le monde par la plus lumineuse des fenêtres : celle de la science !

MOMS

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