Souleymane Koné, au cours d’une conférence du CREM : «La reconnaissance de l’ «Azawad» comme une réalité historique et mémorielle n’est qu’une imposture»

Souleymane_Kone_0_25C’est du moins ce qu’a affirmé Souleymane Koné, conseiller des affaires étrangères et non moins ancien Ambassadeur du Mali en Mauritanie. C’était samedi dernier, au Centre Djoliba de Bamako, au cours d’une conférence-débat organisée par le centre de réflexion et d’échanges du Mali (CREM) sur le thème «l’accord de paix et de réconciliation expliqué aux Maliens». Créé au lendemain du coup d’Etat du 22 mars 2012, le CREM s’est donné pour mission de débattre et de réfléchir sur les questions majeures de la Nation.

A quelques jours seulement de sa signature, le conférencier, Souleymane Koné, conseiller des affaires étrangères et ancien Ambassadeur du Mali en Mauritanie a fait une communication qui fait ressortir les facteurs de désintégration ou déstabilisateurs du Mali que contient l’accord mais aussi et surtout les difficultés de sa mise en œuvre prochaine.

Parlant des facteurs de désintégration, le conférencier a indiqué que l’accord a été élaboré sur fond de racisme puisqu’on y retrouve dans ses dispositions, une « ethnisation » de l’administration, des institutions de la République et de l’armée nationale.

«Dans un pays où les ethnies et les régions se recroquevillent sur elles-mêmes, on ne peut parler d’unité ni de paix », a affirmé le conférencier. Pour lui, si on parle de large représentation des populations du nord dans les institutions, il s’agit bien des Touaregs.

Par ailleurs, selon le conférencier, l’accord, dans nombre de ses dispositions, suspend la constitution. Pour M. Koné, l’accord que l’on s’apprête à signer le 15 mai ne fait pas suffisamment référence à la Loi fondamentale du Mali. Pire, c’est la constitution qui semble être subordonnée à cet accord. Dans ce cas, remarque-t-il, l’accord obéit à des logiques qui ne sont pas ceux qu’attendaient des Maliens.

La reconnaissance du terme «Azawad» comme une réalité historique, mémorielle ou culturelle n’est qu’une imposture aux yeux du conférencier. «Il y a un peuple touareg, mais il n’y a pas eu de nation touareg. Le peuple touareg n’a aucune légitimité d’imposer un nom Azawad aux deux tiers du territoire national» a-t-il dit.

L’ancien Ambassadeur estime que l’élection des présidents des régions est synonyme de désintégration des régions de l’Etat central. Ce système fera sans doute des régions des entités autonomes qui ne recevront aucun ordre de l’Etat central. Car le président de la région sera élu dans les mêmes conditions que le président de la République et empiéteront sur les pouvoirs de celui-ci.

Dans ces conditions, indique-t-il, cet accord est loin d’amener l’unité et la paix tant attendues par les Maliens.

Le conférencier souligne qu’il faut s’attendre à beaucoup de difficultés dans la mise en œuvre de cet accord. L’inflation infinie du nombre de structures à mettre en place pour sa mise en œuvre entrainera un coût financier et humain auquel le Mali ne pourra faire face. Cette situation entrainera la mise sous tutelle du Mali. Pour lui, ce rôle de mise sous tutelle du Mali sera assuré par le Comité de suivi international de la mise en œuvre de l’accord. Ce comité de suivi qui sera dirigé par l’Algérie, composé des parties signataires, prendra la dernière décision en cas de problème d’interprétation d’une disposition de l’accord. Et le Mali n’aura de choix que d’exécuter.

Souleymane Koné de conclure que l’accord sera sans doute signé le 15 mai prochain et le Mali restera divisé. A moins que les autorités travaillent à maitriser les effets destructeurs que renferme l’accord.

Les responsables du CREM entendent organiser d’autres rencontres sous d’autres formes sur l’accord de paix et cela avec les députés ou des élus locaux.

Abou Berthé

Source: Maliweb

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