SOUVENIRS SCOLAIRES (Part1)

Alimentation-en-Eau-potable-des-villages-de-Birette

(……)Après l’échec de la majeure partie des élèves de Birette, une initiative s’imposait .Ce fut alors l’intervention de l’immortel MOKHTAR O/ SIDI O/ NECHE qui sauva l’avenir d’un groupe des anciens combattants survivants des campagnes de Keur-Macene, de N’diago et de Birette. Les parents d’élèves ne se découragèrent point et décidèrent d’envoyer leurs enfants tenter une nouvelle aventure à l’Ecole de Hseye Mahsar (MEDERDRA) chez l’Emir du TRARZA qui nous accueillit à bras et à cœur ouverts et demanda à chacun de nous sa matière de prédilection, puis il nous conseilla plein d’égards à notre endroit ( son oncle AMAR avait pour épouse Aminetou mint BOILIL,notre chef de village) ,il nous réitéra la bienvenue chez nous et nous prodigua des conseils utiles et des recommandations pour admettre .Il nous précisa que personne ne pouvait rien contre nous et que son unique vœu était de nous voir réussir en fin d’année .


Le Directeur de l’Ecole était présent lors de l’entrevue ; nous étions un peu intimidés par la force de caractère de notre interlocuteur, son charisme, sa tranquillité altière, mais aussi par son affabilité.
L’Emir décréta des ordres destinés au Directeur de l’Ecole pour qu’il prenne soin de nous et pour rendre notre séjour utile et agréable. Le Directeur nous donna le temps de visiter les locaux de la cantine scolaire qui nous servira de lieu d’hébergement durant l’année en cours. Après la visite, il nous pria de choisir la chambre qui nous convient le mieux.J’étais désigné (PEUT ETRE PAR MA TAILLE)chef de chambre. Nous étions un groupe de sept jeunes rescapés, plus motivés que jamais, conscients de l’attente et des espoirs placés en nous par nos parents laissés au village. La chambre était spacieuse, propre, au milieu du grand bâtiment qui constituait le bloc général de la cantine et qui était composé de six chambres, chaque trois chambres d’un coté de la concession.

Parmi les consignes et instructions édictées par Son Altesse l’Emir, il y avait une somme de 1000 fr.CFA, un pain de 2kg de sucre et 500 grammes de thé chaque week end. . Avec la somme on achetait toutes les fins de semaine une chèvre ou un bouc à égorger et un quart de litre de beurre pur de vache.
Chaque dimanche deux éléments se chargeaient de la préparation de la *hovra*dans le sable immaculé de la brousse de Hseye Mahsar en vue du méchoui et du thé à l’issue.
De même chaque nuit, je désignais un élève au sein de notre groupe pour diriger et canaliser les études, corriger (le calcul, l’étude de texte, la dictée), il veillait à la discipline du travail et aux horaires préfixés .C’est ainsi qu’au mois de Mai 1971-72 nous avions déjà terminé *Auriol+ 360 problèmes * en calcul et avions achevé les exercices d’orthographe du *Bled Supérieur * et plus de 58 études de textes et plus de 80 dictées toutes difficultés confondues ,sans oublier une centaine de rédactions aux sujets variés .Le rythme du travail était normal car étant tous des* redoublants * endurcis malgré nous ,tous les programmes prévus étaient par nous assimilés au moins deux fois ,grâce à la qualité de nos enseignants .

La vie à Lihseye se déroulait au rythme des semaines dans la quiétude totale teinte d’une atmosphère studieuse telle la ruche d’abeilles au début du printemps, quand, un jour, alors que le Directeur de l’Ecole dispensait ses cours, il interrompit l’explication et nous annonça qu’il avait reçu des lettres à lui expediées par des soi –disants * parents d’élèves*sans mentionner leurs noms. Le contenu de celles-ci écrit en Arabe standard révélait que le groupe ,nous en l’occurrence ,étions des casse-pieds ,des vauriens ,des parias de la société ,des vagabonds ,des délinquants,des drogués ,des va –nus –pieds ,des mouf sidines ,des vandales détruisant tout sur notre passage ,des bagarreurs indisciplinés ,irréductibles,irrécupérables ,mal éduqués ayant écumé le département de nos bêtises,de Birette à N’diago en passant par Keur-Macene .N’ayant pas cru à cela le Directeur voulut quand bien même vérifier sans nous le faire savoir ,tant sur le plan du comportement que sur le plan scolaire .

A notre insu, il constata que nos rapports entre nous étaient parfaits et avec le reste des résidents de la cantine au beau fixe .Par des rondes nocturnes inopinées, tard, le Directeur contrôlait lui- même pour déceler des anomalies dans notre existence .Il était surpris par notre acharnement dans le travail en groupe et les études de nuit, surtout à des heures très avancées. Il remarqua l’organisation, l’entente, l’entraide, la cohésion qui nous caractérisaient. Sur le plan religieux, nous étions sans reproche ; dans le planning du travail et des études, la lecture du SAINT CORAN était programmée, de même les hadiths dont nous étions très impregnés bénéficiaient d’un créneau horaire satisfaisant. Pas un ne pouvait manquer la prière collective obligatoire, ni négliger les ablutions purificatrices d’avant chaque prière.

Hamar O/Mokhtar était le muezzin et appelait cinq fois à la prière, moi, j’étais chef de chambre et imam. A l’issue de chaque prière un élément du groupe commentait à l’auditoire un hadith du Prophète (PSL) tandis que les autres étaient tout ouie. Le Directeur s’assura et témoigna alors que pareille conduite ne saurait générer de mal et que les comportements étaient à louer. Après moult investigations, le Directeur décela l’origine des*fameuses * *lettres*, elles parvenaient d’un sinistrement célèbre Douede, lui encore! Il nous poursuivrait jusqu’aux fins fonds du monde!

Pour parer à ses manœuvres, le Directeur aura une idée originale qui mérite d’être mentionnée. Une initiative lui éclaira l’esprit, il nous convoqua séparément, demanda à chacun le nom d’un frère (jeune ou grand). Lorsqu’il m’avait demandé, mon unique frère avait 3 ans à peine. Je lui répondis que je n’en avais pas ; il me baptisa* AHMED LEDEID * O/ AHMED O/DEYE tandis que le nom de ma mère restera inchangé.

BABAH portera le nom de HABIB(son jeune frère) ; HEMETH celui de AHMEDOU (son jeune frère) ;LEMLIH celui de AHMED SALEM ;AIDE celui de BAYE (son jeune frère) ;HAMAR celui BAH (son grand frère) ;MOKHTAR gardera son nom ;tandis que le fils du chef du village BILAL ,il conservera son nom originel BILAL O/BOILIL dit LEKBIR.

Contre les machinations obscures de Douede, la vigilance et la clairvoyance du Directeur MOHAMED O/AGHNEIB.
Des dossiers complets, actes de naissance, nationalité et autres pièces d’état civil étaient établis à notre profit avant la date limite de dépôt des dossiers des candidats au concours d’entrée.

Ainsi commença pour nous une nouvelle vie: il fallait s’habituer aux nouveaux noms, à la nouvelle appellation, les devoirs portaient désormais les nouveaux noms et les nouvelles signatures.
Par la grâce d’ALLAH, les obstacles et écueils que Douede et une équipe de malfaiteurs parsemaient sur notre chemin, étaient annihilés par les efforts du Directeur de l’Ecole de HSEYE MAHSAR.

Cependant nous n’étions pas au bout de nos peines, Baye sera déçu et nous plus encore, quand, à la veille du concours, à vingt quatre heures du jour fatidique, l’on nous informa que le nom de notre ami ne figurait pas sur la liste officielle détenue par Mohamed Fall Taivour, Président de la commission d’examen du centre de MEDERDRA .Je me rendis auprès de ce dernier accompagné par un de mes anciens enseignants, MOKHTAR DICKO pour avoir le cœur net .Je lui fis part de nos inquiétudes et demandai à ce que le nom de notre ami soit rajouté à la liste .Mohamed Taivour m’orienta vers madame Diarra notre correspondante durant l’absence de notre Enseignant ,mais sans résultat .Peine perdue !Nous l’avions implorée ,priée pour faire quelque chose, mais vainement .Notre brave ami et frère ne fera pas le concours .L’effet de la déception dissipé ,déception relativisée ,nous étions devenus par la grâce d’ALLAH ,sereins à cause de notre attachement au SAINT CORAN qui recommande de ne jamais désespérer ,car la clémence d’ALLAH est incommensurable :c’était écrit ,avions-nous conclu. KHAYAR . (A SUIVRE…)

Source : A.Khayar

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Commentaires

  1. Bouky a écrit:

    CE GROUPE RESTE LA FIERTE DE BIRETTE.

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