Stratégie Nationale de Gestion de la Migration: Ce gros machin perdu dans les méandres de l’administration publique

Migration L’Authentique : Un énième atelier sur la Stratégie nationale de gestion de la migration a été organisé hier, mercredi 25 février 2015, à l’Hôtel Wissal à Nouakchott, en présence des représentants du gouvernement, des partenaires techniques financiers et de la société civile.
Signé en septembre 2012, ce «gros machin» jusque-là exclusivement géré d’une manière opaque par l’administration mauritanienne semble faire fi du volet communication, pour lequel pourtant une part importante de l’enveloppe de plus de 3 Milliards d’UM, est consacrée.
Comme tant d’autres programmes de développement, initiés et financés avec l’appui des partenaires techniques et financiers, la Stratégie nationale de gestion de la migration en Mauritanie, une affaire de plus de 3 Milliards d’UM (11 Millions d’Euros), entièrement financé par l’Union Européenne, risque de se diluer dans la corruption généralisée.
En effet, cette enveloppe est jusque-là judicieusement dépensée entre ateliers et autres séminaires stériles, comme celui qui s’est tenu hier, mercredi 25 février 2015, à l’hôtel Wissal de Nouakchott. Selon un membre de la société civile qui a requis l’anonymat et qui suit de près toutes les activités organisées dans ce cadre, «l’argent des Européens est en train d’être dépensé en perdiums consistants, partagés après chaque atelier, séminaire ou autres réunions informelles, entre les responsables qui pilotent le projet».
L’argent réservé à la communication, et pour lequel un ambitieux programme de formation des journalistes et médias est prévu, aurait été lui aussi judicieusement partagé entre les directeurs généraux des établissements publics de médias.
La migration, pour laquelle l’effort national et celui des partenaires semble converger, risque de ne pas sortir revigorée du plan mis en place et pourvu avec grâce. Les problèmes auxquels la Stratégie nationale est sensée apporter des solutions, notamment les outils d’aide à la décision, la prise en compte de la migration dans le développement, la protection des migrants et des réfugiés, ainsi qu’un meilleur contrôle des flux migratoires, risquent de ne pas porter leurs fruits si l’ensemble des acteurs concernés, la société civile et les médias, ne sont pas sérieusement impliqués dans le processus.
Or, l’absence jusque-là du volet communication dans la Stratégie piloté par le Comité nationale présidé par le Premier ministre, semble être un constat partagé, même par les bailleurs. Mme Maria Casado, attachée à la section Gouvernance au sein de la Délégation de l’Union Européenne à Nouakchott, a déclaré que les journalistes doivent être outillés dans les questions de la migration, notamment la législation nationale et internationale en la matière, et être suffisamment impliqués dans tout le processus.
Pour elle, «il y a encore de l’insuffisance à ce niveau», insistant sur la nécessité de donner à la Stratégie nationale de gestion de la migration, toute la visibilité requise.
Pour Mme Aminetou Mint Leweïssi, présidente d’un Réseau d’ONG des droits de l’homme et président de l’ONG «Hanane», «la société civile ne voit encore aucun progrès dans l’évolution du processus, déclenché pourtant depuis trois années».
Selon elle, le Comité national chargé de la gestion du projet reste sourd à leur appel, soulignant que les ONG nationales avaient proposé la mise en place d’une Agence nationale de la migration à laquelle tous les fonds devront être orientés. Cette agence sera gérée par des représentants de l’Etat mauritanien, de la société civile et des partenaires au développement, avec un plan d’action rigoureux et des actions concrètes sur le terrain, «au lieu de cette gestion entièrement publique et opaque de la question».

Cheikh Aïdara

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