Suite et fin : soirée sympathique dans le ciel de New York…

 

Après le déjeuner dans les salons privés du Secrétaire d’Etat pour fêter notre arrivée à Washington au début du programme, voilà que la représentation diplomatique américaine aux Nations Unies nous reçoit dans le ciel de New York pour une charmante réception en face du siège de la coquille du conseil de sécurité…

Demain se termine officiellement notre programme d’échange aux USA. Il ne nous reste plus qu’à donner nos impressions aux organisateurs. Aujourd’hui fut notre dernière journée de rencontres et discussions avec plusieurs sommités de la presse et du monde diplomatique. Dernière occasion pour moi de chatouiller ces puissants personnages…

D’abord nous avons eu droit à deux journalistes pour nous parler du « journalisme de solution… ». Terme aussi savant que la légitimité de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb comme s’il s’agissait d’une île déserte. Certains de nos confrères aiment poser des questions tiers-mondistes consistant à parler de nos problèmes en demandant aux journalistes américains ce qu’ils peuvent nous conseiller pour nous en sortir. Pour ma part, j’ai préféré demander aux journalistes américains, qui nous expliquaient le journalisme de solution, quelle solution leur science peut apporter à un problème majeur aux USA selon les universitaires, certains cadres du département d’Etat et autres experts en communication que nous avons rencontrés, à savoir l’ignorance assumée qui touche 95% des américains quant à la politique étrangère américaine alors que l’Etat américain se débat au milieu de mille dangers pour que le dollar continue à être une monnaie de référence alors même que le plus fort de la dette américaine est tenu par les chinois…

Puis vint l’Ambassador David Pressman, Alternate Représentative of US to the United Nations. Un jeune homme charmant qui nous a expliqué qu’il était heureux de faire face à 100 journalistes surtout que ce n’est pas toujours un plaisir pour un diplomate de se prêter  à ce genre d’exercice… Très bien ! me suis-je dit, voilà bien une occasion de lui poser une question digne de son courage… 

Afin de me mettre à l’abri de ma propre question dans la gueule du loup, j’ai pris quelques précautions :  après lui avoir bien précisé que je suis heureux de savoir que grâce au soutien américain à la présence militaire française dans le sahel, notre pays a échappé de justesse au sort du Mali face aux djihadistes, après lui avoir bien dit que je sais qu’Obama, contrairement à bien d’autres, était tout sauf un va-t-en-guerre et que ses relations avec Netanyahu sont catastrophiques, je lui ai demandé ce qu’il pensait de la dernière sortie de Dominique de Villepin, célèbre ministre français des affaires étrangères à l’époque où Powell brandissait courageusement un redoutable échantillon des fameuses armes de destructions massives…


Je lui ai donc rappelé dans les détails  la sortie  du Villepin selon lequel Daesh serait le fruit de l’arrogance et de l’inconséquence de la politique étrangère occidentale car l’occident refuserait de faire le point sur ses actions qui ont multiplié les foyers de terrorisme car l’occident aurait renoncé à faire de la bonne diplomatie, et j’ai terminé par la question de savoir si en tant que diplomate il pensait que nous vivions actuellement l’âge d’or de la diplomatie américaine…

http://chezvlane.blogspot.com/2014/09/dominique-de-villepin-limpuissance-des.html

Tout excellent diplomate qu’il est, sa réponse fit flotter un instant son excellente mine car il a presque pataugé en expliquant qu’il n’était pas au courant de cette sortie et il a justifié, comme il a pu, la politique va-t-en-guerre.

Soudain est arrivé Richard Stengel qui a pris l’avion rien que pour nous rejoindre. Il s’agit du Sous-secrétaire d’Etat aux affaires publiques et à la diplomatie publique qu’on a déjà rencontré en arrivant à Washington. Les organisateurs de la cession ont dû meubler, le temps qu’il arrive de l’aéroport. Ancien journaliste, personnage fluide, redoutable communicant qui vous donne l’impression que c’est un honneur pour lui de se déplacer pour vous parler. Vu que je m’étais assez fait remarquer avec mes questions, j’ai renoncé à lui poser une question constructive alors qu’il demandait comment améliorer le programme. 

Aussi j’en profite ici vu que ce que j’écris arrivera peut-être à ses services : merci de prévoir un programme d’échange pour permettre aux journalistes francophones d’apprendre l’anglais car cette lacune est un réel handicap. Merci aussi d’alléger le programme pour permettre aux journalistes d’avoir le temps de visiter les musées ce qui est quasiment impossible actuellement où on commence souvent à 7H ou 8H dans le bus pour finir à 17H or à Washington, par exemple, les musées sont gratuits mais ils ferment à 17H. Quel gâchis…

Certes,  « à cheval donné, on ne compte pas les dents » mais si on nous demande franchement ce qui serait super d’améliorer, pourquoi se gêner ?

Toujours est-il que nous sommes ensuite allés en face des Nations Unies au siège de la représentation diplomatique américaine pour une réception en l’honneur de tous les journalistes qui ont participé. 
 

On a pu y retrouver Micheal Max Knobbe, passionné Executive director de Bronxnet.org qui nous a reçu magistralement dans leur studio où les jeunes de la communauté apprennent le métier de journaliste. 

Il ressemble à un personnage italien d’un film de Spike Lee,  de la belle époque de « do the right thing » et autres mais je ne sais plus lequel…

Un grand merci d’abord aux « taxpayers » à savoir le contribuable américain. Merci à tous les bénévoles qui ont préparé nos programmes dans chaque ville. Merci à Paul Engelsad qui nous a suivis presque partout. Merci à nos interprètes dont le travail n’a pas seulement consisté à traduire nos échanges et à s’occuper de tous nos déplacements mais aussi à nous permettre de mieux comprendre la mentalité américaine et à ce titre, un merci spécial à Elhadji qui a vécu avec nous quasiment jour et nuit partageant nos repas et nos débats. Ceux qui ont échangé avec lui, lui doivent une meilleure connaissance de la mentalité américaine grâce à ses réponses pertinentes à nos mille questions à toute heure du jour et de la nuit.



catherine

Merci à Emily de l’IIE, merci à Catherine, Marie-Claude et Chelsea.

Merci à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette fantastique aventure très enrichissante qui pour ma part a changé l’image que j’avais de la démocratie américaine, la puissance de leur presse et du sort des citoyens de cette terrible puissance militaire.

Finalement l’élite américaine pense comme nos marabouts…

Nous en reparlons…

 

 

Source : CHEZVLANE

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