Suppression annoncée du Sénat en Mauritanie : Ould Abed Aziz est-il sincère ?

sincèreLe 7 mai dernier, l’opposition mauritanienne a battu le macadam pour dire non à toute modification de la Constitution. Cela fait suite à la volonté affichée du pouvoir de supprimer le sénat au motif qu’il « alourdit le processus d’adoption des lois enMauritanie en allongeant la durée des procédures ».
Toute chose qui, dans le principe, n’est pas forcément mal perçue par l’opposition. Toutefois, elle y voit une manœuvre du chef de l’Etat visant à modifier la Constitution, à sauter en l’occurrence le verrou limitatif du nombre de mandats présidentiels.
Ce d’autant plus qu’avant cette annonce du chef de l’Etat de supprimer le sénat, certains membres du gouvernement avaient lancé un ballon de sonde en réclamant ouvertement une révision de la Constitution aux fins de permettre au chef de l’Etat de briguer un troisième mandat.
En tout cas, comme on le dit, chaque opposition connaît ses dirigeants et vice-versa. Si fait qu’il est difficile de donner le bon Dieu sans confession au présidentMohamed Ould Abdel Aziz.

Il y a de quoi craindre une véritable entourloupe

Car, on le sait, rien n’est gratuit en politique. On l’a déjà vu au Burkina FasoBlaise Compaoré, alors président de la République, a essayé tant bien que mal de mettre en place le sénat pour les raisons que l’on sait, avant de se raviser face à la clameur nationale qui montait. Et il en est de même pour tous les satrapes du continent qui, incapables de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir, usent de tous les stratagèmes pour réviser la loi fondamentale de leurs pays respectifs.
Certes, la proposition faite par le président mauritanien de supprimer le sénat n’est pas mauvaise en soi, surtout dans un contexte marqué par l’austérité financière, mais que cela intervienne au moment où la question d’un troisième mandat fait polémique, il y a de quoi craindre une véritable entourloupe. Car, le président Abdel Aziz voudrait rouler l’opposition dans la farine qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
C’est pourquoi l’opposition doit rester vigilante ; elle qui a su lire à temps les intentions à peine voilées du chef de l’Etat en s’insurgeant contre toute modification de la Constitution. Assurément, en ce 21e siècle, la tripatouillite est devenue la maladie chronique des dictateurs du continent. Et le seul antidote est la vigilance proactive des peuples.

B.O

Source : Le Pays

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