SVP!Laissez la justice fraire son travail

Me Takioullah EiddaNotre très célèbre journaliste,Mohamed Fal lOuld Oumeir, est sorti aujourd’hui de ses gonds pour accuser la Justice «d’excès de zèle». Il nous a relaté qu’il a été « appelé en catastrophe par quelqu’un pour (lui) dire qu’un jeune médecin – un ami malgré la forte différence d’âge – est arrêté par la police dans le cadre de l’enquête sur ce jeune habitant du Braknadisparu dans des conditions non encore élucidées.»

Son «ami» (parent ou membre de sa tribu??), le Dr Sid el Haj, avait en fait posé un plâtre pour simuler une blessure qui n’existe pas, ce qui constitue un acte grave d’entrave à la Justice, lequel notre ami aimerait bien nous faire passer pour un acte déontologique tout à fait innocent! 

Mais ce qui me dérange le plus dans cette affaire, c’est la précipitation avec laquelle notre ami Ould Oumeir est allé s’interférer dans le processus judiciaire, comme le commun des mortels en Mauritanie, alors que par le passé il n’arrêtait de purger sa plume sur la nécessité d’assainir le système judiciaire et d’asseoir l’État de droit dans le pays!

Le hic c’est que notre Ould Oumeir ne s’est pas arrêté seulement à cette affaire «d’innocent médecin». Il en a remis contre la Justice pour avoir mis sous les verrous un «officier» qui s’est permis de gifler un professionnel de la santé dans les couloirs de son hôpital! Comme si l’officier a le droit ou le privilège de passer pour recevoir des soins devant tous les autres citoyens.

Ou encore que ses galons ou son uniforme de militaire lui permettent de donner des ordres à quiconque, y compris aux professionnels soignants dans leur milieu de travail. Mieux, Ould Oumeir conteste même la compétence des autorités judiciaires civiles sur les agissements abusifs d’un militaire.

Selon Ould Oumeir«l’excès de zèle qui a amené le Parquet à passer outre les procédures légales quand il s’agit d’éléments des forces armées : les hommes relevant de l’Etat Major des Armées ou du Corps de la Gendarmerie sont poursuivis suivant une procédure clairement définie par la loi et qui nécessite l’autorisation du ministre de la défense sinon de la hiérarchie militaire à qui revient la mission de mener enquête.» 

Affirmer des choses pareilles dans le cas en l’espèce, c’est méconnaître le droit et confondre les genres. Être malade et venir demander de l’aide à un médecin, est loin, très loin, d’être dans l’exercice de ses fonctions pour revendiquer l’exception déclinatoire devant une cour martiale! 

Suivre la logique de compétence exclusive de Ould Oumeir, revient à dire que tout militaire est en droit de battre sa femme, tuer ses enfants ou violenter tout autre citoyen et revendiquer par la suite l’exception déclinatoire de compétence des tribunaux civiles au profit des institutions militaires.

De surcroît, un Officier militaire digne de ce nom ne pose pas des actes indignes de son rang, de son uniforme, de sa discipline et de son institution. De grâce, que notre élite arrête ses interventions contreproductives et laisse la Justice mauritanienne faire son travail, un tant soit peu,avec le si peu de moyens dont elle dispose.

Maître TakioullahEidda, avocat

Québec, Canada

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