Syrie: le groupe EI repoussé de la cité antique de Palmyre

Un membre du groupe Etat islamique 2En Syrie, les troupes gouvernementales ont chassé, dimanche 17 mai, après quatre jours de combats, les jihadistes du Groupe Etat islamique de la ville antique de Palmyre, située à la lisière du grand désert syrien, dans le centre du pays. La bataille a fait plus de 300 morts, selon un bilan donné par une source proche de l’opposition syrienne. Le groupe Etat islamique assiégeait la cité antique depuis quatre jours. Samedi 16 mai, les combattants avaient réussi à pénétrer dans le nord de la ville, mais ils en ont finalement été chassés par l’armée syrienne. Ils se trouvent cependant toujours tout autour de Palmyre. Et notamment à un kilomètre du célèbre site archéologique.

La reprise par l’armée syrienne des quartiers de Palmyre, occupés samedi par les combattants du groupe Etat islamique, a été confirmée par les journalistes de plusieurs médias arabes basés à Damas, rapporte notre correspondant à Beyrouth,Paul Khalifeh. Des images diffusées par la chaîne panarabe al-Mayadeen montrent des soldats syriens en action dans la partie antique de la ville. On peut reconnaître sur ces images la célèbre citadelle islamique de Palmyre.

A l’issue d’une contre-offensive lancée dans la nuit de samedi et qui s’est intensifiée ce dimanche, l’armée syrienne a repris les quartiers nord de la ville, ainsi que la colline des télécommunications au nord-ouest.

Hécatombe côté jihadistes

Le succès des troupes gouvernementales s’explique par la rapidité de la réaction du régime, qui a envoyé d’importants renforts, dont des unités d’élite, de la ville de Homs, mais aussi par la participation active à la bataille des comités populaires, ces milices constituées d’habitants de Palmyre et des villages environnants. Sans doute le sort funeste réservé par Daech aux sites antiques, qui ont été rasés en Irak et en Syrie, a poussé les milices pro-gouvernementales à défendre leur ville avec acharnement.

Devant la puissance de la contre-attaque de l’armée syrienne, les combattants jihadistes ont dû décrocher. Pendant leur retraite, l’aviation syrienne a mené une quinzaine de raids contre un convoi de 80 véhicules, faisant une véritable hécatombe parmi les jihadistes.
Les combattants de Daech ont été repoussés à deux kilomètres de la ville.

Palmyre sauvée, jusqu’à quand ?

Le bilan élevé des victimes dans les deux camps montre la férocité des combats pour le contrôle de cette cité stratégique, dont la chute aux mains du groupe Etat islamique aurait menacé Homs, la troisième ville de Syrie et même Damas, la capitale. Parmi les victimes figurent de nombreux commandants militaires de Daech et des officiers supérieurs syriens, dont le général de brigade Haïdar Ali Assaad, qui dirigeait la contre-offensive des forces du régime pour stopper l’avancée des jihadistes dans les quartiers nord et nord-ouest qu’ils avaient occupés samedi.

Le gouverneur de Homs, Talal Barazi, a indiqué que l’armée syrienne avait repris une série de sites stratégiques, dont les collines surplombant la ville et des barrages de l’armée. Il a précisé que les troupes gouvernementales étaient en train de désamorcer les bombes placées par Daech et a fait état de 130 morts dans les rangs des jihadistes. Rien, en revanche sur le bilan côté gouvernemental. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), la bataille de Palmyre a fait au moins 315 morts de mercredi à dimanche. Parmi eux, figurent des soldats et miliciens loyalistes, des combattants de l’EI et 57 civils.

Un objectif symbolique

Palmyre, oasis du désert de Syrie au nord-est de Damas, au carrefour de plusieurs civilisations millénaires, abrite les ruines monumentales d’une grande ville qui fut l’un des plus importants foyers culturels du monde antique au Ier siècle après Jésus-Christ. Un trésor qu’il faut à tout prix préserver. « Palmyre est un des sites les plus importants au Moyen-Orient. Un chef-d’œuvre d’architecture. Il n’y a pas d’autres endroits comme celui-là au monde. C’est un lieu qui a déjà souffert de la guerre. C’est un trésor pour les Syriens, mais c’est aussi un trésor pour le monde entier », explique Peter Deraine de l’Unesco.

Et le monde entier s’inquiète du sort réservé par Daech à ce trésor architectural classé au patrimoine mondial de l’humanité. Pour Riad Kahwaji, directeur d’Inegma, un groupe de réflexion spécialisé sur le Golfe et le Proche-Orient basé à Dubaï, Daech a attaqué cette ville syrienne pour des raisons purement symboliques. « L’objectif de Daech est d’attirer l’attention des médias parce que Palmyre n’a pas aujourd’hui d’intérêt militaire ». A contrario, l’armée de Bachar el-Assad en défendant la cité antique contre l’emprise destructrice de Daech joue le rôle de dernier rempart contre la barbarie.

Source: RFI

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