SYRIE. Les rebelles dénoncent une « attaque barbare » sur Alep

L’armée affirme avoir pris le contrôle d’un quartier-clé de la ville après avoir lancé son offensive terrestre sur Alep, ce que démentent les insurgés. La contre-offensive de l’armée de Bachar al-Assad était attendue depuis quelques jours. Mercredi 8 août, une source de sécurité de Damas, a annoncé que les chars et les blindés étaient à la manoeuvre pour reprendre les quartiers de la ville détenus par les rebelles. « L’offensive a réellement commencé », a-t-elle déclaré.

Salaheddine au centre des combats

L’un des combats les plus intenses a lieu autour du quartier de Salaheddine, une position stratégique majeure qui était, depuis le 20 juillet, sous le contrôle des forces rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL). Mais depuis que l’armée régulière – fidèle au président Bachar al-Assad – a lancé son offensive terrestre, la confusion règne sur le sort de ce secteur.

En début d’après-midi, les forces de Bachar al-Assad, par le biais de Sana, l’agence de presse officielle du pays, ont déclaré avoir pris la zone aux rebelles, avant que ces derniers ne démentent instantanément :

Nos forces armées ont pris le contrôle total de Salaheddine, infligeant aux groupes terroristes des pertes sévères et faisant un grand nombre de morts et de blessés » selon Sana, l’agence de presse officielle syrienne

« Des dizaines de terroristes ont été arrêtés alors que d’autres se sont rendus en déposant leurs armes. De grandes quantités d’armes utilisées par les terroristes pour terrifier les habitants et commettre des assassinats contre les forces de l’ordre ont été saisies », ajoute l’agence officielle. Avant de conclure : « Les forces armées poursuivent les terroristes dans le secteur ».

« C’est vrai qu’il y a une attaque barbare et sauvage du quartier mais c’est faux de dire que l’armée du régime en a pris le contrôle », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) le colonel dissident Abdel Jabar Oqeïdi.

« Il y a des combats dans plusieurs quartier d’Alep, mais cela se concentre surtout à Salaheddine car il revêt une grande valeur symbolique pour nous et l’armée du régime », a ajouté le chef du Conseil militaire pour la région d’Alep.

Les rebelles en difficulté

Dès le début de l’attaque des loyalistes, certains rebelles syriens ont annoncé avoir été contraints d’abandonner des positions qu’ils occupaient dans ce quartier :

Nous nous sommes repliés, nous sommes partis », a lancé un rebelle fuyant son poste dans le quartier de Salaheddine.

Cela a suffi pour que certaines sources annoncent que l’armée régulière avait repris la main sur les lieux. « Les forces du régime ont avancé du côté de la rue al-Malaab avec des chars et des blindés et des combats féroces se déroulent actuellement dans cette zone », a confirmé ensuite un commandant rebelle, démentant ainsi les rumeurs d’abandon du quartier. « Les rebelles ont du mal à lancer des contre-offensives à cause des tireurs embusqués », a-t-il ensuite concédé.

Une offensive attendue

« Il s’agit des combats les plus féroces autour du quartier et dans certaines rues de Salaheddine », depuis le début des affrontements entre rebelles et forces gouvernementales à Alep le 20 juillet, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Depuis samedi, la situation était figée à Alep. Mais les préparatifs de cette contre-offensive étaient régulièrement annoncés par les services de sécurité du régime. L’armée a acheminé 20.000 hommes pour mener une bataille cruciale pour le régime du président Assad, confronté à une révolte depuis seize mois et qui s’est militarisée au fil du temps face à la répression brutale.

Les affrontements de ces derniers jours à Alep ont suscité la réprobation d’Amnesty International. L’ONG de défense des droits de l’Homme a dénoncé la violence des bombardements en s’appuyant sur des images satellitaires montrant l’utilisation d’armes lourdes sur des zones résidentielles.

Des centaines d’impacts d’obus

Selon Amnesty, les images satellitaires montrent à Alep et dans la petite ville voisine d’Anadane plus de 600 cratères formés par l’impact d’obus d’artillerie et démontrant la violence des combats dans cette ville du nord-ouest du pays.

Mercredi, au moins 16 personnes sont mortes à Alep, dont une femme et deux enfants tués par une roquette tombée sur leur maison, a indiqué l’OSDH qui fait état de 22 morts sur l’ensemble du pays.

225 morts mardi

Avant de pénétrer dans Salaheddine, l’armé a pilonné les quartiers de Kartadji, Tariq al-Bab et Chaar, selon l’OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne, qui travaille avec un réseau de militants et de témoins à travers la Syrie.

Selon l’OSDH, 225 personnes sont mortes mardi sur l’ensemble du territoire, parmi lesquelles 129 civils, 50 rebelles et 46 soldats loyalistes.

« Le peuple syrien et son gouvernement sont déterminés à purger le pays des terroristes, » a promis la veille Bachar al-Assad en recevant un émissaire du guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei.

Saïd Jalili lui a répondu que « l’Iran ne permettra jamais la destruction de l’axe de la résistance dont la Syrie est un pilier essentiel », jugeant que « la situation en Syrie n’est pas une crise interne mais un conflit opposant l’axe de la résistance dans cette région » à Israël et aux Etat-Unis.

L’Iran pour « une position réaliste » sur la crise

L’Iran, fidèle allié de Damas, organise jeudi 9 août une rencontre avec des pays ayant « une position réaliste » sur la crise, selon Téhéran.

Le Liban, où une dizaine d’obus sont encore tombés dans la nuit de mardi à mercredi sans faire de victime, a déjà fait savoir qu’il n’y participerait pas en respect de sa « neutralité » sur le conflit.

Pas plus que Kofi Annan, le médiateur international qui a démissionné la semaine dernière. « Ni Kofi Annan ni personne de ses services ne se rendra aux discussions de Téhéran », a déclaré un porte-parole de l’ONU.

L’Iran s’inquiétait toujours par ailleurs du sort de 48 de ses ressortissants partis en pèlerinage sur un lieu chiite près de Damas et enlevés samedi par l’Armée syrienne libre (ASL) qui les accuse d’être des Gardiens de la révolution, corps d’élite du régime islamique.

Téhéran, qui a demandé la « coopération » du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour obtenir leur libération, a affirmé qu’un certain nombre de ces personnes sont des « retraités des Gardiens de la révolution et de l’armée mais aussi d’autres administrations ». (Avec Reuters et l’AFP)

Source:Nouvelobs.com


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