Syrie: l’Union européenne lève son embargo sur les armes mais n’en livrera pas dans l’immédiat

Des heures de discussions acharnées, et un communiqué arrivé de Bruxelles aux alentours d’1 heure du matin (heure française). Les 27 ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de lever l’embargo en vigueur syrie-guerredepuis deux ans : il est désormais possible de fournir du matériel militaire aux militants de la révolution syrienne. Mais en pratique, ce n’est pas si simple. Les puissances européennes ont décidé de temporiser au moins jusqu’au mois d’août prochain.

C’est un signal très fort adressé à Bachar el-Assad. Mais pour l’instant, la levée de l’embargo reste théorique, comme le dit officieusement un haut responsable français.

Les Vingt-Sept se sont en effet engagés à ne pas exporter d’armes avant août, et à appliquer des critères stricts à d’éventuelles livraisons futures. Ce n’est d’ailleurs pas l’UE qui fournira ou non des armes à la rébellion, mais bien chacun des pays membres individuellement, selon son bon vouloir.

Une prudence qui vise à rassurer ceux des partenaires européens craignant que les armes ne tombent entre les mains de groupes comme le Front al-Nosra, proche d’al-Qaïda. Notamment l’Autriche et la Suède, qui se sont opposés jusqu’au bout à la levée de l’embargo.

Mais toutes les autres sanctions, économiques et financières, restent en vigueur. C’est d’ailleurs pour éviter que l’ensemble du dispositif ne disparaisse que les plus sceptiques ont cédé à la pression conjointe de la France et du Royaume-Uni.

Les rebelles, qui font face à une offensive sévère de l’armée à Qousseir en particulier, vont donc devoir attendre. Mais cette décision aura un impact direct sur la préparation de la conférence qui devrait réunir bientôt les partisans du régime de Bachar el-Assad et ceux de la Coalition nationale syrienne, l’opposition.

Elle renforce en effet l’opposition, met en garde le régime de Bachar el-Assad, mais en reculant la menace d’une livraison d’armes à août, elle évite en même temps que Damas ne refuse d’y participer. Pour en discuter, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont d’ailleurs dîné ensemble à Paris lundi soir avec le ministre français Laurent Fabius.

Peu de choses ont filtré de cette rencontre, si ce n’est que plusieurs points d’achoppement demeurent, notamment l’accord de la CNS sur les interlocuteurs du régime de Damas et la participation de l’Iran et de l’Arabie Saoudite à cette conférence.

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