Tabagisme en Mauritanie : Il sera bientôt interdit de vendre des clopes aux enfants

Dans un futur très proche, en Mauritanie, aucun cigarettier ne pourra parrainer une activité culturelle et il sera, entre autres, interdit de vendre des clopes aux mineurs. Le conseil des ministres du jeudi 13 septembre a adopté un projet de loi relatif « à la production, l’importation, la distribution, la commercialisation, la publicité, la promotion et la consommation du tabac et de ses produits. »
Ce projet de loi est la suite logique de la ratification par la Mauritanie en octobre 2005, de la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Entre cette ratification et l’adoption du projet de loi, il y a eu Sept ans. Sept ans pendant lesquels le marketing sauvage des semeurs de morts à continuer à faire carton plein. Espérons que le texte passe dans les plus brefs délais au parlement pour ensuite être promulgué.

Autrement, « des jeunes filles très coquettes, habillées aux couleurs de Marlboro, Congress ou autres, continueront a tendre des clopes aux mineurs pendant des soirées… » Lire l’article ci-dessous.

Publicité du tabac en Mauritanie: Rapper à dix ans, chopper un cancer à 30 ans

Le tabagisme, dans une indifférence générale, fait des ravages en Mauritanie. Principale victime du marketing agressif et sauvage du tabac: la jeunesse, cible privilégiée des grandes marques de cigarettes. En Mauritanie, comme dans beaucoup de pays africains, la publicité du tabac fait carton plein. Les semeurs de mort, face aux nombreuses restrictions en Europe et aux législations antitabac de plus en plus contraignantes, se sont tournés vers les pays tiers monde.

En Mauritanie, pour se produire, les jeunes artistes (chanteurs, rappeurs…) se font sponsoriser par les cigarettiers. En contrepartie d’un appui financier de Marlboro, Malimbo, Congress, American Legend, Gauloises… pendant les spectacles, des jeunes filles très coquettes distribuent cigarettes, casquette, briquets et autres gadgets au public, en majorité, composé de d’adolescents et d’enfants.

Il est fréquent d’entendre pendant ces spectacles à Nouakchott, Kiffa, Kaédi…, des musiciens, du haut d’une tribune, s’écrier, « qu’est ce que vous fumez ? » Les pauvres gosses répondent en chœur en entonnant le nom de la marque qui a financé le spectacle.

Les associations de jeunes, pour l’organisation de leurs manifestations, font appel aux grandes marques de cigarettes. Cette publicité sauvage et hautement mortelle, rapporte gros. Il n’est qu’à voir le luxueux parc automobile et les nombreux employés mobilisés pour la promotion, pour augmenter le nombre de consommateurs. Plus la publicité du tabac est intense, plus le nombre de fumeurs augmente, plus les cigarettiers engrangent des bénéfices et plus il y a des morts prématurés (30-40 ans).

Selon the Tobaco Atlas 2000 de l’OMS, 30 à 39 % des hommes fument au Maroc et en Egypte, 40 à 49% en Algérie, Cote d’Ivoire, RDC, Tanzanie, Afrique du Sud, 60% et plus en Tunisie, Namibie et Kenya. Le pourcentage en Mauritanie, du fait de la publicité sauvage, est fort probablement supérieur à la moyenne continentale.

Le tabac tue 3,5 millions de personnes par an dans le monde. Si rien n’est fait d’ici 2030, selon l’OMS, il tuera 10 millions de personnes dont 70% dans les pays en développement. Selon la Banque Mondiale, en 2002, les trois plus grands cigarettiers du monde (Japan Tobaco, Philippe Moris/Altria et Bat) ont engrangé à eux trois une somme dépassant le PIB cumulé de 27 pays à faibles revenus.

Le petit garçon de 10 ans qui, pendant un concert de rap, reçoit, des mains d’une charmante empoisonneuse, une clope, va enrichir pendant 20 ans une firme de tabac. A 30 ans, il va chopper un cancer et mourir.

« Nous sommes conscients des dangers du tabac. Mais seuls les vendeurs de cigarettes nous offrent des podiums pour chanter, pour nous épanouir. Les autres ne nous prennent pas au sérieux. » dit ce jeune adepte du Hip Hop. Les autres, c’est le ministère de la jeunesse, celui de l’éducation…qui laissent la jeunesse aller en fumée.

La Mauritanie a ratifié la convention internationale portant lutte antitabac. La convention demande aux Etats parties de prohiber la publicité du tabac à l’endroit des jeunes. Dans les boutiques de Bababé, Guerrou, Kiffa, Nouakchott… des gosses de l’école fondamentale peuvent se procurer des cigarettes et les griller en toute liberté.

La Mauritanie a aussi ratifié la convention internationale sur les droits de l’enfant. Cette convention dit à l’enfant : « Toutes les décisions qui te concerne doivent tenir compte de ton intérêt. Tu as droit à la vie. L’Etat doit assurer ta survie et ton développement. Tu as le droit à la santé ». Vendre du tabac à un mineur, c’est une violation de son droit à la vie, à la santé. Vendre des cigarettes aux gamins de l’école fondamentale est une curieuse façon de se préoccuper de leur intérêt supérieur.

Khalilou Diagana

Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (Extraits)

Les Parties reconnaissent que les mesures financières et fiscales sont un moyen efficace et important de réduire la consommation de tabac pour diverses catégories de la population, en particulier les jeunes

1. Chaque Partie adopte et applique, dans le domaine relevant de la compétence de l’Etat en vertu de la législation nationale, et encourage activement, dans les domaines où une autre compétence s’exerce, l’adoption et l’application des mesures législatives, exécutives, administratives et/ou autres mesures efficaces prévoyant une protection contre l’exposition à la fumée du tabac dans les lieux de travail intérieurs, les transports publics, les lieux publics intérieurs et, le cas échéant, d’autres lieux publics.

2. Chaque Partie, dans le respect de sa constitution ou de ses principes constitutionnels, instaure une interdiction globale de toute publicité en faveur du tabac et de toute promotion et de tout parrainage du tabac. Cette interdiction, sous réserve du cadre juridique et des moyens techniques dont dispose cette Partie, inclut l’interdiction globale de la publicité, de la promotion et du parrainage transfrontières à partir de son territoire. A cet égard, dans les cinq années suivant l’entrée en vigueur de la Convention pour cette Partie, celle-ci adopte des mesures législatives, exécutives, administratives et/ou d’autres mesures appropriées et fait rapport conformément à l’article 21.

a) interdit toutes les formes de publicité en faveur du tabac, de promotion et de parrainage qui contribuent à promouvoir un produit du tabac par des moyens fallacieux, tendancieux ou trompeurs, ou susceptibles de donner une impression erronée quant aux caractéristiques, aux effets sur la santé, aux risques ou émissions du produit;

Article 16 : Vente aux mineurs et par les mineurs

1. Chaque Partie adopte et applique des mesures législatives, exécutives, administratives ou autres mesures efficaces au niveau gouvernemental approprié pour interdire la vente de produits du tabac aux personnes qui n’ont pas atteint l’âge prévu en droit interne ou fixé par la législation nationale, ou l’âge de dix-huit ans. Ces mesures peuvent comprendre:

a) l’exigence pour tous les vendeurs de produits du tabac d’afficher visiblement et en évidence dans leur point de vente un avis d’interdiction de la vente de tabac aux mineurs et, en cas de doute, de demander à chaque acheteur de prouver par des moyens appropriés qu’il a atteint l’âge légal;

Dans un futur très proche, en Mauritanie, aucun cigarettier ne pourra parrainer une activité culturelle et il sera, entre autres, interdit de vendre des clopes aux mineurs. Le conseil des ministres du jeudi 13 septembre a adopté un projet de loi relatif « à la production, l’importation, la distribution, la commercialisation, la publicité, la promotion et la consommation du tabac et de ses produits. »

Ce projet de loi est la suite logique de la ratification par la Mauritanie en octobre 2005, de la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Entre cette ratification et l’adoption du projet de loi, il y a eu Sept ans. Sept ans pendant lesquels le marketing sauvage des semeurs de morts à continuer à faire carton plein. Espérons que le texte passe dans les plus brefs délais au parlement pour ensuite être promulgué.

Autrement, « des jeunes filles très coquettes, habillées aux couleurs de Marlboro, Congress ou autres, continueront a tendre des clopes aux mineurs pendant des soirées… » Lire l’article ci-dessous.

Publicité du tabac en Mauritanie: Rapper à dix ans, chopper un cancer à 30 ans

Le tabagisme, dans une indifférence générale, fait des ravages en Mauritanie. Principale victime du marketing agressif et sauvage du tabac: la jeunesse, cible privilégiée des grandes marques de cigarettes. En Mauritanie, comme dans beaucoup de pays africains, la publicité du tabac fait carton plein. Les semeurs de mort, face aux nombreuses restrictions en Europe et aux législations antitabac de plus en plus contraignantes, se sont tournés vers les pays tiers monde.

En Mauritanie, pour se produire, les jeunes artistes (chanteurs, rappeurs…) se font sponsoriser par les cigarettiers. En contrepartie d’un appui financier de Marlboro, Malimbo, Congress, American Legend, Gauloises… pendant les spectacles, des jeunes filles très coquettes distribuent cigarettes, casquette, briquets et autres gadgets au public, en majorité, composé de d’adolescents et d’enfants.

Il est fréquent d’entendre pendant ces spectacles à Nouakchott, Kiffa, Kaédi…, des musiciens, du haut d’une tribune, s’écrier, « qu’est ce que vous fumez ? » Les pauvres gosses répondent en chœur en entonnant le nom de la marque qui a financé le spectacle.

Les associations de jeunes, pour l’organisation de leurs manifestations, font appel aux grandes marques de cigarettes. Cette publicité sauvage et hautement mortelle, rapporte gros. Il n’est qu’à voir le luxueux parc automobile et les nombreux employés mobilisés pour la promotion, pour augmenter le nombre de consommateurs. Plus la publicité du tabac est intense, plus le nombre de fumeurs augmente, plus les cigarettiers engrangent des bénéfices et plus il y a des morts prématurés (30-40 ans).

Selon the Tobaco Atlas 2000 de l’OMS, 30 à 39 % des hommes fument au Maroc et en Egypte, 40 à 49% en Algérie, Cote d’Ivoire, RDC, Tanzanie, Afrique du Sud, 60% et plus en Tunisie, Namibie et Kenya. Le pourcentage en Mauritanie, du fait de la publicité sauvage, est fort probablement supérieur à la moyenne continentale.

Le tabac tue 3,5 millions de personnes par an dans le monde. Si rien n’est fait d’ici 2030, selon l’OMS, il tuera 10 millions de personnes dont 70% dans les pays en développement. Selon la Banque Mondiale, en 2002, les trois plus grands cigarettiers du monde (Japan Tobaco, Philippe Moris/Altria et Bat) ont engrangé à eux trois une somme dépassant le PIB cumulé de 27 pays à faibles revenus.

Le petit garçon de 10 ans qui, pendant un concert de rap, reçoit, des mains d’une charmante empoisonneuse, une clope, va enrichir pendant 20 ans une firme de tabac. A 30 ans, il va chopper un cancer et mourir.

« Nous sommes conscients des dangers du tabac. Mais seuls les vendeurs de cigarettes nous offrent des podiums pour chanter, pour nous épanouir. Les autres ne nous prennent pas au sérieux. » dit ce jeune adepte du Hip Hop. Les autres, c’est le ministère de la jeunesse, celui de l’éducation…qui laissent la jeunesse aller en fumée.

La Mauritanie a ratifié la convention internationale portant lutte antitabac. La convention demande aux Etats parties de prohiber la publicité du tabac à l’endroit des jeunes. Dans les boutiques de Bababé, Guerrou, Kiffa, Nouakchott… des gosses de l’école fondamentale peuvent se procurer des cigarettes et les griller en toute liberté.

La Mauritanie a aussi ratifié la convention internationale sur les droits de l’enfant. Cette convention dit à l’enfant : « Toutes les décisions qui te concerne doivent tenir compte de ton intérêt. Tu as droit à la vie. L’Etat doit assurer ta survie et ton développement. Tu as le droit à la santé ». Vendre du tabac à un mineur, c’est une violation de son droit à la vie, à la santé. Vendre des cigarettes aux gamins de l’école fondamentale est une curieuse façon de se préoccuper de leur intérêt supérieur.

Khalilou Diagana

Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (Extraits)

Les Parties reconnaissent que les mesures financières et fiscales sont un moyen efficace et important de réduire la consommation de tabac pour diverses catégories de la population, en particulier les jeunes

1. Chaque Partie adopte et applique, dans le domaine relevant de la compétence de l’Etat en vertu de la législation nationale, et encourage activement, dans les domaines où une autre compétence s’exerce, l’adoption et l’application des mesures législatives, exécutives, administratives et/ou autres mesures efficaces prévoyant une protection contre l’exposition à la fumée du tabac dans les lieux de travail intérieurs, les transports publics, les lieux publics intérieurs et, le cas échéant, d’autres lieux publics.

2. Chaque Partie, dans le respect de sa constitution ou de ses principes constitutionnels, instaure une interdiction globale de toute publicité en faveur du tabac et de toute promotion et de tout parrainage du tabac. Cette interdiction, sous réserve du cadre juridique et des moyens techniques dont dispose cette Partie, inclut l’interdiction globale de la publicité, de la promotion et du parrainage transfrontières à partir de son territoire. A cet égard, dans les cinq années suivant l’entrée en vigueur de la Convention pour cette Partie, celle-ci adopte des mesures législatives, exécutives, administratives et/ou d’autres mesures appropriées et fait rapport conformément à l’article 21.

a) interdit toutes les formes de publicité en faveur du tabac, de promotion et de parrainage qui contribuent à promouvoir un produit du tabac par des moyens fallacieux, tendancieux ou trompeurs, ou susceptibles de donner une impression erronée quant aux caractéristiques, aux effets sur la santé, aux risques ou émissions du produit;

Article 16 : Vente aux mineurs et par les mineurs

1. Chaque Partie adopte et applique des mesures législatives, exécutives, administratives ou autres mesures efficaces au niveau gouvernemental approprié pour interdire la vente de produits du tabac aux personnes qui n’ont pas atteint l’âge prévu en droit interne ou fixé par la législation nationale, ou l’âge de dix-huit ans. Ces mesures peuvent comprendre:

a) l’exigence pour tous les vendeurs de produits du tabac d’afficher visiblement et en évidence dans leur point de vente un avis d’interdiction de la vente de tabac aux mineurs et, en cas de doute, de demander à chaque acheteur de prouver par des moyens appropriés qu’il a atteint l’âge légal;

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