Tant qu’il y a la Mauritanie

CARTEDans son discours de fermeture de session, le président de l’Assemblée nationale a considéré que les questions orales aux ministres constituaient un bon moyen de contrôle sur l’action gouvernementale. Les ministres interpellés doivent justifier les politiques de leur département, devant le peuple, via ses représentants. En réalité, les sessions ont surtout constitué, pour certains parlementaires, une providentielle occasion de régler leurs comptes à certains ministres qui ne leur manifestaient pas beaucoup de sympathie, lorsque les honorables venaient leur rendre une visite de « courtoisie » dans leurs bureaux. Les prestations des ministres qui passaient leur oral étaient mitigées. Evidemment. Ses Excellences n’ont pas toutes le même gabarit, en termes de formation, de sang-froid et de bilan. Samba n’est pas, à ce titre, le frère de l’autre. Certains valent mieux que d’autres. Evidemment encore. Mais, aujourd’hui, s’il existe une chose sur laquelle tous les Mauritaniens sont d’accord, c’est la déliquescence avancée du système éducatif. Certes, la responsabilité de la pitoyable situation que vit ce système ne date pas de 2008. Mais, depuis cette date, elle a empiré. Les quatre ministres qui sont passés, depuis, au département n’ont rien pu faire de concret. Les problèmes structurels de ce ministère qui date d’une dizaine d’années sont restés en l’état. Quoique déclarée de l’enseignement, cette année 2015 n’a pas été meilleure que les autres. Le recrutement abusif des contractuels, au fondamental et au secondaire ; les affectations, à tour de bras, des instituteurs et des professeurs aux directions centrales ; la descente continue aux enfers des niveaux et autres disfonctionnements connus du système ; sont un secret de Polichinelle. La fuite, il y a juste trois semaines, des épreuves du bac de physique et le fiasco que les résultats de celui-ci viennent de révéler (7,5 % d’admis !) attestent que rien ne va dans ce département. Il était plus facile, à Son Excellence le ministre de l’Education, d’essayer d’expliquer, aux parlementaires les véritables raisons de cette déconvenue, plutôt que de citer publiquement le Calame qui n’est, on le concède, loin d’être « une référence et que tout le monde connaît ». Belle inspiration. Il y a quelques mois, le président Mohamed ould Abdel Aziz disait, à un confrère, que le Calame « a choisi son camp. » Oui, nous l’avons choisi, depuis longtemps, bien avant l’avènement de la fameuse Rectification. Le camp de l’objectivité, puisque ses colonnes sont ouvertes à tous, y compris aux plus grands défenseurs du pouvoir actuel. Le camp de la vérité dont les promoteurs deviennent de plus en plus rares. Le camp de la liberté qui s’accommode mal avec la flagornerie, l’aplatissement et la courbette. Pour que tant qu’il y a la Mauritanie, il y ait Le Calame.

Sneïba

Source: Le calame

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