Tanzanie: 2e ministre limogé dans un scandale de détournement de fonds publics

tanzaJEUNEAFRIQUE :Le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a limogé sa ministre des Questions foncières, Anna Tibaijuka, mise en cause dans un vaste scandale de corruption qui agite le pays et a déjà coûté son poste au procureur général.

Il est reproché à Mme Tibaijuka d’avoir reçu un million de dollars d’une entreprise présumée impliquée dans le scandale. Elle reconnaît avoir perçu cette somme mais assure qu’il s’agissait d’un don pour la fondation qu’elle a créée en faveur de la scolarité des filles et non de corruption.

« Ce que la ministre a fait est contraire à la déontologie d’un fonctionnaire », a estimé lundi soir le président Kikwete lors d’une émission de télévision, « comment quelqu’un peut-il permettre que tout cet argent soit déposé sur son compte privé par un homme d’affaires? »

« Je lui ai demandé de nous permettre de chercher quelqu’un d’autre pour occuper son poste », a ajouté le chef de l’Etat.

Mme Tibaijuka, ancienne directrice de l’ONU-Habitat, agence chargée des villes, avait récemment exclu de démissionner, estimant n’avoir rien à voir avec le scandale qui porte sur le transfert à une société privée du secteur de l’énergie de 120 millions de dollars de fonds publics, placés sur un compte séquestre à la Banque centrale de Tanzanie.

Le procureur général tanzanien, Frederick Werema, qui a rang de ministre, a déjà été contraint de démissionner mi-décembre. Il avait nié toute malversation.

Les députés tanzaniens avaient réclamé fin novembre le limogeage de M. Werema et de Mme Tibaijuka, ainsi que ceux du ministre de l’Energie, Sospeter Muhongo, et du secrétaire permanent de son ministère, Eliakim Maswi.

Le président Kikwete a annoncé qu’il prendrait sa décision sur le sort de M. Muhongo d’ici « quelques jours », estimant que des investigations supplémentaires étaient nécessaires sur son rôle, et avoir chargé les autorités compétentes de se prononcer sur celui réservé à M. Maswi.

Une douzaine de bailleurs, comme la Grande-Bretagne, le Canada, l’Union européenne et le Japon, ont suspendu près de 500 millions de dollars d’aide à la Tanzanie jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits de l’enquête.

Le gouvernement et la société réceptrice des fonds du compte séquestre assurent que le transfert était légal.

Des élections générales sont prévues en Tanzanie en octobre.

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