Tchad: que s’est-il passé dans l’affaire des militaires «disparus-réapparus»?

Soldats tchadiensL’affaire des militaires, gendarmes et policiers disparus après le scrutin présidentiel d’avril suscite toujours de nombreuses interrogations. Disparus, déplacés parce qu’ils n’auraient pas voté le 9 avril pour Idriss Déby Itno, selon l’opposition, qui s’est saisie du dossier. Les défenseurs des droits de l’homme enquêtent toujours. Le gouvernement a déclaré que tous ces soi-disant disparus sont vivants, sont ou étaient en mission. Un dossier que le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait évoqué avec Idriss Déby dans les premiers jours de mai.

« Après le vote du 9 avril, j’ai effectué une mission dans le Nord… On est de retour depuis une huitaine ». Ce militaire qui parle fait partie de ceux qu’on appelle à Ndjamena les « disparus-réapparus ». A-t-il été arrêté après le scrutin présidentiel ? « Non, pas une arrestation en tant que telle », affirme-t-il, avant de préciser : « Vous savez, nous sommes militaires ».

A la question: peut-on parler de mise à l’écart dans le grand Nord ? Sa réponse est un point final à toute conversation: « Monsieur, on ne peut pas parler de ça par téléphone ». D’après le travail d’enquête mené par des associations de droits de l’homme, qui ont recueilli des témoignages directs et indirects, les militaires disparus étaient divisés en trois groupes.

Le premier groupe de 48 personnes, qui aurait transité par le bureau de renseignement militaire dans la capitale, aurait été conduit à Wour, dans le Tibesti. Le 21 avril, 4 militaires sur les 48 disparus sont présentés à la télé. L’un des quatre a témoigné auprès d’une association et a affirmé qu’ils ont été contraints d’effectuer ce passage télé. Le 10 mai, un groupe de 5 réapparaît à Ndjamena, puis le 17 mai, le reste des 48.

Les témoignages recoupés évoquent des sévices, des humiliations et des privations de nourriture. Quant aux deux autres groupes de disparus, on évoque la prison de Koro Toro, au sud de Faya-Largeau, et un lieu de détention à Ndjamena.

Source: RFI

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