Télévisions : Non paiement ou vice de forme

Haiba journalisteDe l’avis de beaucoup de mauritaniens il n y a rien de plus décevant que la prestation en deçà de ce qu’ils espéraient des chaines de télévisions nationales publiques et privées dans leur ensemble, comparées à leurs semblables dans les pays limitrophes du Maghreb et de l’ Afrique de l’ouest?

Même si la réponse peut être mitigée selon les angles de perception, l’arrêt par la société de diffusion d’émission de quelques unes de ces chaines pour redevances impayées et non respect de clauses des cahiers de charges en dit long sur la situation réelle de ce secteur vital de la communication et de l’information. Une situation qui ne brille aucunement par un conflit de résultats probants même divergents au contenu et à l’impact. C’est bien au contraire une situation qui repose au plus apparent de ce qu’elle laisse transparaitre et de fond en comble sur les intérêts financiers non recouverts de la société d’une part, et sur les visées mercantiles non satisfaites de détenteurs de ces chaines d’autres part bien trop loin de la mesure du contenu et de ces aboutissants.

A cela s’ajoute forcément que les missions premières de ces chaines de télévision comme des autres épargnées pour raisons majeures que sont entre autres l’information exacte du citoyen et de tous téléspectateurs, l’analyse pertinente et neutre de sujets d’intérêts majeurs pour l’unité, l’égalité, la stabilité et le développement du pays, la lisibilité de toute autre action de presse professionnelle, et le respect du code déontologique du métier, n’ont à ce jour pas été le fort de ces chaines.

Sans doute que le manque de professionnalisme et l’absence de moyens adéquats et performants sont en majeure partie à la base de ce qui frise le demi échec dans la mission globale de ces moyens et outils sensibles de communication de masses et de contribution au renforcement de la liberté de presse et d’expression, en faveur de l’enracinement d’une notion d’Etat hélas encore bien absente.

Mais bien que cela n’altère et n’entame en rien l’ardeur et les capacités prouvées d’une jeune classe de journalistes zélés et fortement motivés par la fougue de la jeunesse au détriment d’une vielle garde démissionnaire, les nombreux obstacles, qui se dressent devant eux, demeurent essentiellement:

  • La faiblesse et l’irrégularité des rémunérations,
  • L’absence de contrats professionnels de travail,
  • Le manque d’encadrement et de formation,
  • la censure de leurs efforts et de leur impartialité dans le traitement des évènements et thèmes journalistiques par leurs employés eux soumis et assujettis à des lignes rédactionnelles édictées,
  • la ségrégation ambiante tribale, raciale et de stratification,
  • l’impunité, à des degrés divers, des tenants de quelques unes de ces chaines face à des bavures souvent commises et déclarées et dont les moindres sont le non paiement d’employés, l’absence de contrats de travail, l’exploitation à outrance et le licenciement abusif et sans droits.

Il faut le signaler que les émissions télévisuelles lourdement handicapées par les mesures prises à leur encontre par la société de diffusion, n’ont pas contribué de manière probante à tirer profit des grands enseignements du mois béni de Ramadan pour impulser et diriger les politiques et le commun des citoyens vers plus d’ouverture sur le réel dialogue attendu, le possible échange souhaité et le nécessaire aboutissement vers la communion sur l’essentiel de ce qui doit garantir la stabilité du pays et favoriser le dépassement des blocages égoïstes vers les points nombreux de convergences au dessein de créer un climat favorable pour les débats réels portant sur la mise en place de l’Etat de droit et de citoyenneté pour tous. C’est en cela et avec professionnalisme et impartialité que les chaines de télévision auraient pu véritablement asseoir les fondements du débat global attendu et devenir le point d’orgue de tout l’éveil qui devrait inéluctablement s’en suivre.

Cet état de chose fâcheux consommé, il va s’en dire que la révision aujourd’hui de la situation frustrante de ce secteur vital de la communication doit épouser des formes plus souples et plus favorables à une nouvelle émergence plus à même de satisfaire les besoins et les exigences et des consommateurs et de la démocratie.

El Wely Sidi Haiba

 

 

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