« Titanic II » : un paquebot made in China

Un milliardaire australien a décidé de faire renaître le « Titanic ». Le projet devrait voir le jour en 2016. Coût du billet ? 1 000 000 de dollars.

Le 14 avril 1912, au large de Terre-Neuve, le Titanic sombrait dans les abysses de l’océan Atlantique. Difficile d’ignorer ce triste jour de l’histoire, popularisé en 1997 par le film du même nom de James Cameron. Alors, qui aurait pu croire que plus d’un siècle après cette tragédie, des hommes seraient prêts à débourser près d’un million de dollars pour participer à la croisière inaugurale du Titanic II ? Pas grand monde, sans aucun doute, mais c’était compter sans l’idée d’un milliardaire australien. Clive Palmer a fait fortune dans l’exploitation de mines en tout genre. Et il n’avait qu’un rêve : reconstruire le Titanic à l’identique. Le magnat a donc signé un contrat avec CSC Jinling, un chantier naval d’État chinois, afin de mener son projet à bien. Un Titanic made in China qui devrait bientôt voir le jour.

À l’identique, certes, mais la modernité en plus. Cent ans après le naufrage du premier du nom, la technologie a bien avancé. Le Titanic II sera donc doté de matériel de navigation de pointe. Des experts historiques seront convoqués pour conseiller des designers de haut vol. Le tout dans le but de récréer à l’identique les différentes cabines du paquebot. Que les millionnaires se rassurent, il n’est plus question, a priori, d’une quelconque troisième classe. Voilà une bonne nouvelle qui permettra à chacun de trouver sa place dans un canot de sauvetage. « Les femmes et les enfants d’abord », oui, mais après « les VIP » cette fois-ci.

Des cheminées purement décoratives

Le milliardaire australien est un vrai jusqu’au-boutiste. Pour preuve, il est allé jusqu’à créer sa propre compagnie maritime. Si la White Star Line était la propriétaire du Titanic, Clive Palmer a préféré le bleu. C’est donc la Blue Star Line qui prendra les réservations des millionnaires voulant revivre l’incroyable histoire d’un paquebot qui n’a même pas survécu à sa première traversée… Attention, pour les spécialistes de l’histoire maritime, il ne faut pas faire l’amalgame avec une autre Blue Star Line créée, quant à elle, en 1911 et qui avait pour mission de transporter de la nourriture entre la Chine et l’Angleterre.

Autre nouveauté, les moteurs ne fonctionneront plus au charbon, mais au diesel, rendant les quatre cheminées inutiles. Sauf que pour un mimétisme parfait, elles seront bien présentes. Quoi qu’il arrive, comme l’a précisé Ge Biao, le directeur du chantier naval, à une agence de presse chinoise, il reste « difficile de construire la réplique d’un paquebot de luxe », malgré le « savoir-faire chinois » et la « qualité » du travail de ses ouvriers, qu’il vante. Et c’est justement ce savoir-faire qui inquiète le Washington Post.

9 étages, 840 chambres, 2 400 passagers

En effet, le « made in China » n’a pas toujours bonne presse : les conditions de travail sont souvent pointées du doigt. Arnaud Montebourg aurait sans doute préféré que la construction du Titanic II ait lieu aux chantiers navals de Saint-Nazaire, ou même à Belfast, lieu de construction du premier Titanic. On le comprend. Car la Chine est la spécialiste des constructions certes rapides, mais qui utilisent des matériaux de second ordre. Par ailleurs, le pays n’a pas encore fait ses preuves en termes de construction navale : l’Europe produit aujourd’hui 70 % des bateaux de tourisme, la Chine 3 %. Heureusement, petit détail qui a son importance : l’acier riveté du Titanic laisse place à un acier soudé. Ouf, ce sont justement ces rivets (de piètre qualité) qui avaient causé, en partie, la fin précipitée du Titanic.

Bien que le montant du projet reste secret, des sommes commencent à circuler. Le Titanic II coûterait la bagatelle de 200 millions de dollars. Les 2 400 passagers pourront s’extasier devant les 9 ponts renfermant 840 chambres, gymnases, piscines, bibliothèques ou encore restaurants gastronomiques, et profiter des 900 membres d’équipage qui leur seront entièrement dévoués. Le paquebot devrait s’élancer en 2016. La traversée ? Identique à celle du Titanic. Il n’y a plus qu’à espérer que celui-ci ne croise pas la route d’un iceberg et parvienne à bon port.

Lepoint


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