Tombouctou et Gao : Les islamistes détruisent le réseau électrique et testent leurs armes

Après les mausolées des saints de Tombouctou, les occupants islamistes d’AQMI et d’Ansar Dine ont commencé, il y a 15 jours, la démolition des bâtiments de l’Etat malien.

Ainsi que Procès-Verbal le rapportait dans sa livraison de lundi dernier, ces bâtiments publics incluaient, entre autres, la piste d’atterrissage de l’aéroport, le monument Al-Farouk et les locaux du gouvernorat qui, curieusement, servaient de quartier général aux rebelles. Ne s’expliquant pas cette politique de la terre brûlée, qui rappelle étrangement la technique du célèbre résistant Samory Touré, les Tombouctiens ont été encore plus sidérés de voir les islamistes s’en prendre, depuis jeudi dernier, au réseau électrique de la ville. Armés de ciseaux et de couteaux, les combattants enturbannés ont entrepris d’abattre les poteaux et de couper les fils conduisant l’électricité à travers les quartiers de la ville. La cité des 333 saints est, suite à ces manoeuvres, plongée dans l’obscurité la plus totale. Pour l’instant, on ignore pourquoi les islamistes ont saboté les installations électriques léguées par la société Energie du Mali (EDM SA)..

S’agirait-il d’une stratégie de guerre destinée à prévenir des opérations de la force internationale en préparation? Ou encore d’actes de pure folie ? Aucune hypothèse ne peut être exclue. Les islamistes craignent, peut-être, que des lumières allumées en ville ne guident l’aviation ennemie ou ne trahissent leurs positions. Mais s’il ne s’agit que de plonger La seconde hypothèse est privilégiée par les habitants; ces derniers soulignent que pour priver Tombouctou d’électricité, il aurait suffi d’arrêter l’alimentation en carburant des groupes électrogènes qui fournissent le courant au réseau local.

Tombouctou dans le noir complet, pourquoi ne pas se contenter de priver de carburant ou de détruire les groupes électrogènes qui alimentent la ville en électricité et qui restent sous le contrôle des occupants ? Cette question amène à envisager l’idée que les islamistes, se préparant à quitter la ville, veulent, à titre de vengeance, laisser derrière eux des ruines fumantes.

Exercices militaires

Parallèment, à Gao, le MUJAO, mouvement dissident d’AQMI qui occupe la région, multiplie les préparatifs de défense en attendant l’attaque de la force internationale annoncée. Après avoir positionné ses hommes aux endroits stratégiques de la ville de Gao, les islamistes du MUJAO sont passés à une autre phase. Dans la nuit du mercredi 7 novembre, des coups de feu se sont faits longtemps entendre. Les populations sont restées terrées chez elles sans rien y comprendre. Pour certains, il s’agissait d’un conflit fratricide et pour d’autres, des bruits d’un assaut de l’armée malienne. Les coups de feu ont rétenti jusqu’au petit matin. A l’aube,  les populations ont reçu des responsables du MUJAO les explications suivantes: les coups de feu avaient été tirés dans le cadre de l’essai d’armes de guerre, des armes qui, selon les islamistes, n’avaient plus servi depuis qu’elles avaient été utilisées pour chasser  le MNLA de la ville.  » Dans quelque temps, nous livrerons bataille aux cafres; il est donc nécessaire de voir si nos armes fonctionnent bien », a déclaré un porte-parole du MUJAO.

Abdoulaye Guindo

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