Tous les musulmans mangent du porc

Il n’y a pas que Monsanto et McDo qui nous font bouffer n’importe quoi. Quand la grande industrie de l’alimentation décide de nous faire manger quelque chose, nous le mangerons, et il se peut même que nous l’aimions.

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Dans les sociétés occidentales hyper règlementées et où tout est soumis à des normes (jusqu’aux comportements et même la manière de s’habiller), l’industrie alimentaire n’y échappe pas. Elle est même un des secteurs qui subit le plus de contraintes. Pourtant, malgré le nombre pléthorique de lois, décrets et directives qui la régissent, son fonctionnement n’obéit qu’à deux critères fondamentaux. D’un côté il y a l’industrie alimentaire qui, comme toute industrie, n’a pour objectif que de réaliser des profits, et de l’autre, les consommateurs qui, par leurs divers appareils législatifs, essaient de limiter les dérives prévisibles de la recherche du profit qui pourraient leur nuire. Malheureusement, les appareils législatifs, soit par manque d’imagination, soit parce qu’ils sont soumis à des forces qui les empêchent d’approfondir la question, ces forces pouvant être aussi bien corporatistes, lobbyistes que simplement culturelles, ont basé tout leur arsenal de lois et de règlementations sur un seul et unique critère : la santé.

A croire qu’ils ont repris à leur compte l’adage : tout ce qui ne tue pas rend plus fort, et est donc bon à manger. Les normes existent à chaque étape de la chaine alimentaire, de la production à l’assiette, mais toutes n’ont qu’un but : protéger le consommateur contre toute atteinte à sa santé par le produit qu’il est en train de consommer. Par habitude, et par une sorte de pervertissement psychologique (entretenu par ceux qui y ont intérêt), les normes sont devenues des critères de qualité, alors qu’elles ne sont que sécuritaires. Or, si la santé a effectivement son importance, elle est loin d’être le souci premier de celui qui s’apprête à se mettre à table. Il est guidé par des tas de facteurs comme les goûts, les odeurs, la nature des aliments et bien d’autres choses encore, toutes issues des habitudes alimentaires qui, elles-mêmes, sont très fortement conditionnées par la culture. Il y a quelques années, on entendait encore en Occident quelques personnes se demander pourquoi on voyait des images de gens faméliques en Inde alors qu’ils avaient à leur disposition des vaches sacrées qui se promènent librement dans les rues.

Aujourd’hui, si la question ne se pose (presque) plus, c’est juste parce qu’ils ont compris que ce n‘est pas avec ces quelques vaches que l’on pouvait nourrir les plus de 1 milliard d’indiens. Il n’est, cependant, pas sûr qu’ils aient compris que, pour ces indiens, comme pour les juifs et les musulmans, tout ce qui est comestible n’est pas forcément mangeable. La culture est là pour déterminer ce qu’on aime ou pas, culture façonnée par la religion qui, elle, a des règles bien précises concernant l’alimentation. De la même façon qu’il n’est pas concevable de faire manger, à son insu, du chien ou du chat à un français, qu’il soit à Paris ou à Canton, il n’est pas non plus concevable de faire manger du cochon à un juif ou un musulman sans l’en avertir. C’est pourtant ce que font les principales marques de l’agroalimentaire qui, par peur de perdre une partie de leur clientèle, omettent de préciser que leurs produits contiennent de la couenne de porc qui est la base de la fabrication de la gélatine, additif très largement utilisé dans ce secteur. Enormément de produits alimentaires sont concernés, notamment les produits light, les produits laitiers, jusqu’aux innocents bonbons.

Puisqu’un rideau opaque entoure l’utilisation de la gélatine, la question qu’il faudrait se poser serait plutôt : où n’y en a-t-il pas ? L’honnêteté exigerait que les consommateurs sachent ce qu’ils mangent, surtout si cela touche un point aussi sensible que celui du cochon. Ensuite, libre à eux de faire ce qu’ils veulent. Au-delà des raisons liées au profit, je soupçonne une certaine attitude malicieuse de la part des fabricants qui pourraient se dire que tant que ça ne se voit pas et que ça ne se sait pas, ce n’est pas grave. Si cela peut se comprendre chez une mère qui transforme en purée appétissante certains aliments que son enfant n’aime pas, au niveau commercial c’est de la malhonnêteté pure et simple.

Source:Reseauinternational

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