Trafic de papiers d’état-civil en France : Incroyable mais vrai !

Trafic de papiersBeaucoup de choses se racontent à propos de l’enrôlement des citoyens mauritaniens en France. Les services de l’agence chargés du recensement en Europe font preuve de grande rigueur dans leurs démarches, ce qui suscite une grande appréhension des candidats à l’obtention des documents d’identification. Mais, à entendre le récit de cette sénégalaise rencontrée dans l’Hexagone, on est en droit de se demander si cette angoisse est vraiment d’à-propos, du moins pour ceux qui n’ont de mauritanien que les papiers obtenus frauduleusement. Cette sénégalaise, qui porte par devers elle tous les papiers mauritaniens alors qu’elle n’a jamais les pieds dans notre pays, a bien voulu nous raconter  son calvaire.

Selon cette dame qui a requis l’anonymat, les papiers d’état-civil mauritaniens se vendaient, il y a peu encore, comme des petits pains, en France. Sa tante, nous dit-elle, les a obtenus, en 2003, par l’intermédiaire d’un réseau, moyennant finances. Elle-même a fait recours à un sénégalais dénommé Demba Niang, qui habite dans le 19ème arrondissement de Paris, pour obtenir un extrait du registre des actes de naissance (avec un numéro national d’identification svp), un jugement du tribunal de la wilaya de Nouakchott, un permis de recherche établi par la gendarmerie nationale mauritanienne et la carte d’identité jaune des années 2000, contre 150 euros pour chaque document. Le jugement du tribunal spécifiait  même que cette bonne dame est recherchée pour ‘’atteinte à la sûreté de l’Etat,  membre d’associations subversives à l’étranger, participation à des manifestations non autorisées, identifié dans campagne de diffamation du régime en place et incitation à la violence et à la haine raciale’’ (sic). Pour lui constituer un dossier de régularisation en tant que mauritanienne réfugiée en France, Demba Niang lui a inventé toute une histoire. Cette sénégalaise 100% arachide est ainsi devenue une esclave de Rosso dont la maman est décédée. Brûlée accidentellement dans sa jeunesse, ce sont désormais, selon la version de Demba, les stigmates des sévices que ses maîtres lui ont fait subir, du temps où elle était encore esclave, que la pauvre dame porte dans sa chair.

Séances de briefing

Toujours selon cette source, beaucoup de sénégalais, maliens et guinéens ont obtenu des papiers mauritaniens d’état-civil, via le réseau de Demba Niang qui connaît parfaitement les rouages de l’administration française. Et ce faussaire aurait, manifestement, de solides connexions en Mauritanie, puisque, selon sa cliente, « il recevait par avion, deux fois par semaine, les papiers « originaux » de Mauritanie ». Une fois payés les documents et assimilées les fictions imaginées par Demba Niang, les candidats à l’asile politique en tant que mauritaniens avaient droit à des séances de briefing sur quelques fondamentaux du pays (couleurs du drapeau national, par exemple…), dans la perspective d’un probable interrogatoire à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). La sénégalaise nous rapporte encore la mésaventure de son père qui s’est même rendu dans son « Rosso natal », pour lui obtenir un passeport et s’y faire copieusement rouler dans la farine pour 2500 euros, avant de revenir bredouille au Sénégal.

Aujourd’hui, le passage de la Mauritanie à la biométrie a relativement gâté les affaires de Demba Niang, traqué par beaucoup de clients qu’il a, tout simplement, dribblés. La filière Mauritanie pour l’obtention des documents ne marche plus comme avant. Cependant, le faussaire, qui a, tout de même, réalisé beaucoup de bonnes-mauvaises affaires, roule en belle voiture dans un Paris qu’il connaît parfaitement bien et serait, selon les déclarations de notre source, ‘’un homme bien vu’’. D’autres réseaux analogues à celui de Niang prolifèrent en France. Des camerounais, des guinéens et autres congolais proposent les documents de leurs pays à qui veut les acheter, à 25 euros la pièce. C’est-à-dire, déclare avec amertume la pauvre sénégalaise qui attend toujours sa régularisation après son mariage avec un français, « beaucoup moins cher que les papiers de Demba Niang qu’il nous vendait à 150 euros. C’est pourquoi nous lui en voulons ».

Ben Abdella

Source: Le calame

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