Trafic d’influence et bourse des valeurs mobilières de Nouakchott : ça commence mal…

Anonymous

Comment une société avec de si maigres références, peut-elle gagner le marché ? D’où sort Exel Consulting ? Qui est Xavier Leroy ?

Déjà, dès qu’on apprend que nos cuistres de la finance nationale ont décidé de créer une Bourse des Valeurs Mobilières de Nouakchott, on peut être sûr qu’ils sont en train de trafiquer quelque chose en mystifiant le chef de l’Etat. Bien sûr, les professionnels du cirque financier qui vivent en auscultant ce genre de boutique peuvent, comme Zézé, le président de Bloomfield, estimer que c’est une excellente chose pour le marché de l’investissement en Mauritanie mais le célèbre ivoirien ne sait peut-être pas ce qui se passe chez nous et donc ce que peut bien devenir un outil pareil entre les mains d’une clique dont le premier intérêt est de justifier leur compétence en mystifiant le chef de l’Etat. Ainsi, rien de mieux que lui vendre une bourse nationale quand on sait comment il a déjà ramené à sa place une journaliste qui parla de Mauritanie en termes de « petit pays ».  C’est en janvier dernier que tout a été ficelé, présenté et vendu au chef de l’Etat comme un outil miraculeux dont la Mauritanie est dépourvue contrairement à ses voisins avec au nord, une bourse par état du Maghreb qui fonctionne avec des bonheurs divers et une bourse régionale des valeurs pour nos voisins du sud étant entendu que les maghrébins ne peuvent s’entendre sur rien ni monnaie commune, ni ouverture des frontières encore moins une bourse commune. Après tout, pourquoi pas une petite bourse nouakchottoise ? Encore faut-il que le projet soit lancé dans les meilleures mains or c’est pas gagné… Plusieurs petits articles ont été écrits depuis janvier sur le sujet mais le meilleur et le plus complet est celui d’Amadou Seck, ancien journaliste du Calame, pour Les Afriques. Cet article donne tous les noms de l’aréopage qui a mystifié nos cuistres de la finance. D’abord, bien avant l’article de monsieur Seck le 31 mai dernier, dès janvier le nom d’un sorcier blanc est vendu à l’opinion publique : «La BCM a chargé le cabinet international spécialisé Exel Consulting de la conception technique et juridique de la future bourse nationale. «La réserve d’épargne des particuliers semble importante, comme le montre par exemple le dynamisme du marché foncier et immobilier»,  a affirmé Xavier Leroy, fondateur d’Exel Consulting  et ancien directeur de NYSE Euronext. » http://www.agenceecofin.com/bourses/0801-16527-la-mauritanie-va-lancer-une-bourse-de-valeurs-mobilieres ——————————— Le 31 mai dernier l’excellent Amadou Seck confirme : « Chargé par la Banque centrale de Mauritanie (BCM), de la conception du projet, au plan économique, juridique, technologique … le cabinet «Exel Consulting» doté d’un profil idéal dans ce domaine, a livré les principales conclusions de l’étude de faisabilité de la bourse de Nouakchott… … Pour faire ce travail, le cabinet «Exel Consulting» a mobilisé une équipe de 5 têtes couronnées, alliant l’expertise à la connaissance en matière d’organisation. Celle est composée de Nicolas Roy (expert juridique), Eric Pezet (Prestataire de Service d’Investissement/ PSI), Pascal Ferre (expert comptable), Didier Davydoff, économiste et Xavier Leroy (expert marché et chef de projet). Le dernier nom de la liste, est le fondateur et associé gérant d’Exel Consulting, ancien directeur de Nyse Euronext (ex-Bourse de Paris), spécialiste des marchés boursiers émergents et de la coopération internationale (Nyse Eu-ronext, Euroclear). L’équipe, ainsi constituée, dispose d’une grande expérience des marchés boursiers développés (Europe et Amérique du Nord), mais aussi des marchés émergents (Algérie, Maroc, Tunisie …).» http://www.lesafriques.com/bourses/mauritanie-nouakchott-bientot-dans-le-train-des-places-financieres-afric-3.html?Itemid=308?articleid=41076 ——————————– Eh ! bien, aucune trace sur le net à propos du fameux caractère international de « Exel Consulting » qui n’a pas de site internet. Cela dit, on découvre que c’est une boîte toute jeune créée en 2008, installée dans le 8ème à Paris, par le Xavier Leroy avec 5000 euros de capital !   http://www.societe.com/societe/exel-consulting-505009316.html ———————–

Aucune trace de cette fameuse expertise ni au Maroc ni nulle part sinon une communication en Algérie qui justifie certainement un pic dans le chiffre d’affaires déjà  fatigué jusque-là… En effet le  chiffre d’affaires en 2009 (après 19 mois d’activités) : environ 61.000 euros. En 2010, ça chute à 22.000 euros et le pire est atteint en 2011 avec un chiffre d’affaires de 3000 euros ! Soudain en 2012 le Xavier Leroy déclare 109.000 euros de chiffre d’affaires… http://www.verif.com/bilans-gratuits/EXEL-CONSULTING-505009316/ Ainsi on découvre que fin 2012 début 2013, il est allé faire une communication à Alger où la bourse est fatiguée pour des raisons de manque de transparence et autres dysfonctionnements qui nous attendent certainement : « Séminaire sur : Les avantages de l’introduction en Bourse à l’Hôtel EL Aurassi, le 25 avril 2013 » organisé par le ministère algérien des finances en collaboration avec le PNUD via la commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse. http://www.cosob.org/archives.htm Quand on voit sa présentation, on comprend facilement combien nos cuistres mauritaniens ont été mystifiés avec le sorcier blanc qui remporta le marché mauritanien en ayant à son actif rien de constructif en la matière sinon son poste comme directeur d’on ne sait trop quoi à Euronext. CV qui a produit le maigre bilan en chiffre d’affaires d’Exel Consulting jusqu’à devoir aller dans le tiers-monde faire fortune comme tant de mystificateurs. http://www.cosob.org/comm1.pdf Ça ne veut pas dire que le Xavier Leroy n’est pas compétent, ça veut dire seulement que ce n’est certainement pas le top or un pays peut se permettre de donner le marché de la bourse à un groupe plus solide et moins dans le besoin. Qui est allé pêcher le Xavier ? Est-il venu lui-même vendre le projet à un zig de la banque centrale qui l’a mené chez le gouverneur qui lui s’est dit : «  tiens ! Voilà de quoi mystifier Aziz et sauver ma place pour longtemps », le tout avec le concours de quelques esprits de la place qui ont vite compris le prestige à tirer de pareille boutique ? Pour finir, on notera cette phrase inquiétante du gouverneur de la Banque Centrale qui n’augure rien de bon pour cette bourse car comment peut-elle respecter les normes internationales si elle doit prendre en compte les spécificités culturelles mauritaniennes ? Car alors, d’abord, elle devra prendre ses directives à la présidence, ensuite, cela signifiera que cette bourse ressemblera aux bourses que nous avons déjà où tout est tieb-tieb : « Le gouverneur de la BCM a indiqué que « le développement du secteur financier requiert la mise en place dans le pays d’un marché de capitaux moderne, conforme aux normes internationales et prenant en compte les spécificités économiques, sociales et culturelles » de la Mauritanie. »

Source : VLANE

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