Traque et arrestation d’une dangereuse bande : Un exploit du CSPJ

prisonnier menotte

L’insécurité est devenue chronique, à Nouakchott où chaque jour apporte son lot en tout genre de crimes. Jusqu’à ces derniers temps, c’étaient, en général, les quartiers périphériques, loin des points sécuritaires, qui étaient les cibles des malfaiteurs. Mais, cette fois, c’est en plein centre-ville qu’une bande, dirigée par un récidiviste notoire, a semé la terreur, durant plus de trois semaines. Ces bandits ont fait des dizaines de victimes dans la zone des nantis que la police quadrille, pourtant, jour et nuit.

Les trois commissariats de police de Tevragh Zeïna et tous ceux affiliés à la zone nord de Nouakchott ont reçu plainte sur plainte. Des investigations sans suite ont été menées et la bande a continué à terroriser impunément les citoyens. Au cours des deux dernières semaines, une dizaines de villas de particuliers reçurent ces indésirables visiteurs qui ont pu amasser de gros butins.

Chronologie des événements

Quartier E nord de Tevragh Zeïna, vers trois heures du matin. Un couple est réveillé par des bruits suspects dans la villa. Cinq bonhommes viennent d’enfoncer la porte d’entrée ; Ils font soudain irruption, visage masqués et machette au poing. « Couchez-vous ! Et pas de bruit ou vous êtes morts ! ». Ils ouvrent ensuite armoires, valises et placards pour tout emporter et disparaître.

Le lendemain, vers quatre heures du matin, quartier Las Palmas. Un officier au grade de capitaine de l’armée est réveillé par un poignard qu’on lui a mis au cou. « Un seul mouvement et tu es mort !», lui lance un des quatre gaillards qui l’entourent. Sa femme, réveillée en sursaut, est clouée au sol, « ne bouge pas ! Sinon, on égorge ton mari !». S’en suit, une nouvelle fois, la mise à sac de la maison.

Îlot K, quelques jours plus tard. Trois familles reçoivent les mêmes visiteurs qui emportent beaucoup d’argent, portables, habits et pas mal de bijoux. Ceux qui font preuve d’un tant soit peu de résistance sont battus d’abondance et, parfois même, blessés au couteau. Plusieurs autres villas et appartements abritant des familles ou des célibataires ont reçu la visite de ces malfaiteurs qui les ont terrorisés, avant de les déplumer. Le plus souvent, les victimes sont abandonnées ligotées ou serrées dans des menottes, car ces bandits en ont des dizaines qu’ils auraient subtilisées à divers agents de sécurité, un peu partout dans la ville.

L’opération des appartements El Houda

Les appartements El Houda sont situés à la Capitale, en face des studios Mauritanie-couleurs, à moins de soixante mètres du camp de la Garde nationale. Il y a deux semaines, les éléments de cette bande y ont forcé les grilles d’une fenêtre, ouvrant sur une ruelle obscure. Une opération bien préparée et menée à une heure très tardive.

Cinq hommes, visage masqué, pénètrent par la fenêtre, descendent les escaliers et entrent dans le hall. La première personne qu’ils rencontrent est la réceptionniste tunisienne. La voici aussitôt ligotée et bâillonnée. Puis on l’enferme dans une chambre. Un locataire algérien a entendu du bruit, il intervient, pour se voir, à son tour, battu, menotté et bâillonné. Les bandits fouillent alors les caisses de la réception, avant de faire la même chose dans chaque chambre, une à une. Malheureusement pour eux, heureusement, pour les autres, il n’y a personne, cette nuit-là, car le propriétaire des appartements est absent.

Keïta, le gardien malien des appartements, est en ronde devant l’immeuble. Il finit par entendre du bruit et vient aux nouvelles. Nez à nez avec le chef de la bande, il lui assène illico un maître coup de poing. Insuffisant, cependant, pour empêcher le bandit de lui rendre la monnaie de la pièce, avec un coup de machette qui manque lui sectionner la main. Baignant dans son sang, le voilà hors de combat. Les bandits lui passent les menottes et l’enferment, lui aussi, l’abandonnant à sa souffrance. Il ne reste plus, aux scélérats, qu’à s’emparer de grosses sommes et à disparaître dans la nuit. Heureusement, l’algérien finit par se libérer et donne l’alerte. Conduit en urgence à l’hôpital, le courageux gardien sera ainsi sauvé.

L’enquête

La Direction régionale de la Sûreté de Nouakchott confie l’enquête aux soins du jeune commissaire Mohamed Baba Ould Ahmed Youra qui vient de prendre service au Commissariat Spécial de la Police Judiciaire (CSPJ). En outre, ce brillant cadre se voit attribuer l’aide de la fameuse Brigade des Recherches du Banditisme (BRB), dirigée par le fameux investigateur Didi Ould Moubarak. Première action : se rendre sur place, dresser constat et interroger les victimes. Heureusement, une caméra de surveillance, fixée au hall de l’immeuble, a pu filmer certaines scènes de la tragédie. Premiers indices, bien que les masques compliquent l’identification des bandits. Le lendemain, les enquêteurs parviennent cependant à en reconnaître un : Oumar Djibi Fall, alias Papis, un repris de justice, fils d’un célèbre dealer. A ne pas confondre avec le meurtrier de Sebkha, comme certains de nos confrères l’ont fait.

La traque de « Papis » et de sa bande commence. Deux jours plus tard, une maison de la Médina R est encerclée par les éléments en civil de la BRB. Le principal lieutenant de « Papis » en sortira, peu après, menotté. Il est conduit aux locaux du CSPJ. Il s’agit d’Ahmed Ould Brahim, alias « Hmeïdy », un repris de justice fraîchement relâché. Cette grosse prise va permettre de mettre la main sur Mohamed Aly, dit Ethmane ; Mamadou Diallo, dit Mamay ; Hamidou Camara et l’élément féminin de la bande, Aïchatou Sakho. Cette dernière est la copine de Papis, elle abrite et cache les truands. C’est elle qui joue, également, le rôle de receleur pour écouler les butins.

Mais Papis est toujours en cavale et cela ne va pas être de tout repos, pour Ould Ahmed Youra et ses hommes. On va lui courir après, dix jours durant. Entretemps, le lascar s’est associé avec Demba Diallo, un délinquant guinéen et le voilà toujours à semer la terreur à Sebkha, El Mina et Riyad, faisant plusieurs victimes. Les éléments de la BRB activent alors leurs réseaux d’indics, pour recueillir un maximum d’informations. Finalement, c’est le lundi 17 Février, vers dix-huit heures, que Papis et son complice guinéen seront coincés, dans une chambre du quartier Riyad.

Au cours de leur audition, les bandits ont reconnu, un à un, la plupart de leurs vilenies. Les victimes auxquelles ils ont été confrontés, ont reconnu certains d’entre eux. Le groupe a passé trois jours de garde à vue au CSPJ, avant de se voir déférés au Parquet, le jeudi 20 février. Le même jour, un mandat de dépôt leur a été délivré. La femme dort, actuellement, à la prison des femmes de Sebkha, tandis que ses comparses masculins sont incarcérés à Dar Naïm.

Source : Le Calame

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