Tunisie : le sud du pays en grève après la mort d’un manifestant dimanche

Heurts entre manifestants et policiersJeuneAfrique: Une grève générale a paralysé le sud de la Tunisie mardi 10 février en réponse aux violences policières qui ont fait un mort lors d’une manifestation dimanche à Dehiba.

La grande majorité des commerces et des bureaux de la région de Tataouine dans le sud de la Tunisie sont restés fermés mardi 10 février à la suite de l’appel à la grève des syndicats, selon l’Union régionale du travail.

Ce mouvement a été lancé après la mort d’un jeune homme, dimanche, dans des heurts entre manifestants et policiers à Dehiba, deuxième grand point de passage vers la Libye après celui de Ras Jadir. Ces affrontements avaient été causés par la saisie d’essence de contrebande mais s’inscrivent aussi dans le cadre d’une contestation plus large.

Revendications des syndicats

En plus d’une enquête sur le recours excessif à la force par les policiers lors des manifestations, les syndicats réclament:

  • des créations d’emplois;
  • la suppression d’une taxe de sortie du territoire tunisien imposée aux étrangers non-résidents qui nuirait au commerce entre la Libye et la Tunisie depuis octobre dernier;
  • l’assouplissement des contrôles douaniers sur les transports de marchandises.

Ils ont également exigé que des responsables gouvernementaux se rendent d’urgence sur place.

Le Sud tunisien, qui vit largement de divers trafics avec la Libye, se dit délaissé depuis des dizaines d’années par les autorités du pays.

La réponse du gouvernement

Le gouvernement a dépêché mercredi deux ministres dans le sud du pays : le ministre des Finances, Slim Chaker, et le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Yassine Brahim. « Le conseil des ministres a chargé les ministres de se rendre sur les lieux pour s’enquérir de la situation et des revendications sociales », a dit le responsable de la communication, Mofdi Mseddi. De plus, les deux ministres s’entretiendront avec « les principaux acteurs, notamment la société civile », a-t-il ajouté.

Le gouvernement a fait savoir que la suspension de la taxe de sortie du territoire de 30 dinars, équivalente à 13,7 euros, imposée aux étrangers non-résidents, était à l’étude pour les ressortissants des États du Maghreb.

Selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2013, le commerce informel avec la Libye ou l’Algérie coûte à la Tunisie au moins 1,2 milliards de dinars, soit environ 600 millions d’euros.

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