Turquie: bilan encore incertain au lendemain de l’attentat d’Ankara

Turquie 2Trois jours de deuil ont été décrétés par le gouvernement turc samedi 10 octobre, après le double attentat suicide survenu au milieu d’un rassemblement pacifiste à Ankara. Avec près d’une centaine de morts, cette attaque terroriste est de loin la plus sanglante qu’ait jamais connue la Turquie, même si le nombre précis des victimes n’est pas encore arrêté. Quant aux pistes, elles demeurent floues, ce dimanche 11 octobre.

Au lendemain du double attentat d’Ankara, la Turquie sous le choc a commencé ce dimanche à enterrer ses premières victimes. Pendant ce temps, le travail d’autopsie des médecins légistes se poursuit. Il est néanmoins compliqué par le fait que la foule était dense et les deux explosions très violentes, déchiquetant littéralement de nombreux corps.

En fin de soirée, samedi 10 octobre, le Premier ministre avait annoncé le chiffre de 95 morts et 246 blessés, dont 48 en soins intensifs. Mais de son côté, l’Union des médecins de Turquie, qui faisait partie des organisateurs de ce rassemblement, annonce 128 victimes mortelles et 516 blessés, mais aussi 165 disparus.

Sur les réseaux sociaux, il est d’ailleurs tout à fait courant de voir des appels à témoins concernant telle ou telle personne, venant de tel ou tel endroit. Non seulement en raison de possibles décès à survenir parmi les blessés, mais aussi à cause de l’identification de nouveaux corps, il est à craindre que ce bilan s’aggrave encore. Près de 15 000 manifestants avaient participé à ce rassemblement devant la gare ce samedi quand les deux bombes ont explosé.

Deux kamikazes, pas de revendication

Parmi les corps examinés et identifiés, les médecins légistes sont désormais sûrs d’avoir retrouvé les restes de deux kamikazes. L’un d’eux serait un homme âgé de 25 à 30 ans, dont le nom n’a pas été communiqué. L’autre serait probablement une jeune femme, dont l’identité n’a pas non plus été précisée.

En revanche, ce dont les enquêteurs de la police criminelle sont sûrs, c’est que les explosifs et le dispositif de mise à feu étaient les mêmes que ceux utilisés lors de l’attentat de Suruç, qui avait fait 34 victimes le 20 juillet dernier. Mais cette piste reste confuse, car si les autorités s’étaient empressées alors de désigner l’organisation Etat islamique, le groupe jihadiste n’a jamais confirmé ni revendiqué cette attaque.

Le kamikaze déclaré alors était un jeune Kurde égaré, connu des services de sécurité, qui aurait bien pu être manipulé par d’autres groupes. Le doute subsistant toujours au sujet de l’attentat de Suruç, il risque aussi de prévaloir longtemps pour ce qui est de l’attentat d’Ankara.

Source: RFI

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