Tweila : les balles éclairantes !


Au-delà son aspect dramatique pour une personne de cette importance pour toute la Nation, le très regrettable incident qui s’est produit le samedi 13 Octobre dans les environs de la localité de Tweila nécessite une attention particulière indispensable pour une prise de conscience constructive et lucide.


Et loin de tout emballement de quelque nature soit-il, on ne peut que louer le courage et la dignité avec lesquels le Président Aziz a su affronter cette situation qui, reconnaissons-le, est désarmante pour des hommes d’une trempe de degré moindre.

Notons bien, en effet, que le Président a pris le dessus sur l’Homme dans toutes les démarches qui ont suivi le drame, prouvant ainsi une fois de plus à tous ceux qui en doutent encore qu’il a bien l’étoffe de la fonction présidentielle.

Car, fidele à lui-même, le Président Aziz eut d’abord le souci de l’Etat avant celui de sa santé personnelle. Et c’est bien en homme d’Etat qu’il fut blessé, évacué et soigné.Seulement, il y a quelques fausses notes qui, sporadiquement, ont emailé cette petite crise au sommet de l’Etat.

Et je tiens ici à présenter quelques unes : la première, la plus importante, concerne la sécurité du Président de la République. Car en plus de ses déplacements anonymes dans la Capitale Nouakchott, le Président Aziz est connu par ce lieu de villégiature auquel il est, parait-il, fidèle. Cependant celui-ci, sa ferme privée, est militairement indéfendable vu son placement et vu surtout la route qui lui mène et sur lequel le drame a bien failli avoir lieu.

En fait, sans pour autant emprisonner le Président dans ses quartiers présidentiels, ce type de séjours n’est pas compatible avec le niveau de protection à laquelle un Chef d’Etat comme le notre doit-être soumis, spécialement dans ces temps obscurs qui s’annoncent. Bien évidement, les hélicoptères sont à bannir de tout déplacement car les balles deviennent sur coup d’une clémente certaine.

Une autre note se révèle dans l’omniprésence de l’appareil militaire dans la prise en gestion de l’affaire. Certes, l’armée doit se sentir concernée dans la mesure que c’est bien un de leur qui, même par advertance, a ouvert le feu sur le Président.

Seulement, elle ne doit en aucun cas donner l’impression qu’elle gère le pays, beaucoup moins qu’elle se substitut à la légitimité démocratique. Légitimité qui, malgré ses blessures, le Président tient courageusement à exercer lui-même, y compris sur son lit d’hôpital et qui, aussi, se manifeste clairement dans les institutions parlementaires ainsi que par l’exécutif gouvernemental sous le bon office d’un Premier ministre excellant bien, par ailleurs, dans sa prise de ces nouvelles responsabilités.

En vérité, en invitant à son chevet avant même que son hémorragie interne s’estompe Et le Chef d’état major de l’armée qui, au demeurant, est son ami de longue date Et le Premier ministre, le message que le Président Aziz a voulu passer au peuple mauritanien est bien l’assurance de la continuité de l’Etat civil, démocratique et républicain. Et c’est dorénavant en pareille circonstance que l’on constate toute l’urgence de la mise à jour de la légitimité parlementaire. Car, que l’on le veuille ou non, les hommes passent et les instituions restent.

Quoi qu’il en soit, dans ces tristes heures d’ébranlement général, le peuple mauritanien a muri démocratiquement avec en bonus l’assurance qu’au sommet de l’Etat il y a bien un leader sur qui il peut compter en attendant les instituions adéquates en mesures, elles, de remplacer tous les hommes. Ultime garantie de stabilité et de progrès démocratique.

Cependant, a quelque chose malheur est toujours bon. En effet, si ces leçons-ci sont bien comprises on peut conclure dès lors que les balles de Tweila furent bien éclairantes sur la marche que, désormais, doit prendre l’Etat mauritanien. C’est, du moins, ce que nous espérions, en somme.

 

Source:cridem

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