Ukraine: l’armée ukrainienne abandonne l’aéroport de Donetsk

frappe contre un trolleybusL’armée ukrainienne a essuyé ce jeudi un sérieux revers avec la perte de l’aéroport de Donetsk, dans l’est du pays. Le président ukrainien Petro Porochenko a réuni jeudi soir son état-major pour discuter «des moyens de regrouper les forces (armées) et d’arrêter l’agression» menée, selon lui, par la Russie. Les combats avec les séparatistes pro-russes se multiplient et ont fait au moins 41 morts en 24 heures.

Les forces ukrainiennes ont tenu cet aéroport, dont il ne reste plus que des carcasses de bâtiments calcinés et criblés d’impacts de balles, durant 242 jours. Sa valeur stratégique se double donc d’une valeur symbolique… les défenseurs de l’aéroport étant considérés comme des héros par la population ukrainienne.

Face à la pression de l’artillerie des séparatistes, qui ont lancé une vaste offensive le 15 janvier, les soldats loyaux à Kiev ont dû se replier hier soir. Ils stationnent désormais à la lisière nord de l’aéroport : « l’aéroport était et demeure une ligne de front », a précisé un conseiller du président Porochenko.

Les rebelles semblent donc gagner du terrain. Les affrontements « ont changé de nature », estime le commandant en chef de l’OTAN, qui souligne que les forces rebelles pro-russes « ont fait progresser la ligne de contact vers l’ouest ». Il s’agit de la ligne de démarcation fixée lors des néociations de paix de Minsk le 19 septembre et le long de laquelle les deux parties se sont engagées à retirer leur artillerie, pour l’heure sans succès.

Le ton monte

Le président ukrainien Petro Porochenko a tenu ce jeudi deux réunions avec son état-major pour évoquer le revers que vient de subir l’armée ukrainienne en perdant le contrôle de l’aéroport de Donetsk qui est tombé entre les mains des rebelles.

A l’issue de cette réunion le ton s’est fait menaçant : les séparatistes pro-russes ont « déjà payé cher » leurs attaques contre l’armée ukrainienne ils vont « en prendre plein la figure », a déclaré le président ukrainien.

13 morts dans l’attaque d’un trolleybus à Donetsk

L’intensification des combats provoque en tout cas de lourdes pertes au sein de la population civile. Selon l’OSCE, plus de  5 000 personnes ont péri dans les combats entre soldats ukrainiens et rebelles séparatistes depuis avril.

Plus de quarante morts ces dernières 24 heures dans l’est de l’Ukraine. Un décompte de l’Agence France-Presse établi à partir de sources officielles. Autant dire que les appels au calme lancés mercredi 21 janvier de Berlin par les chefs de la diplomatie française, allemande, russe et ukrainienne restent lettre morte.

L’attaque la plus sanglante s’est produite dans un quartier du sud-ouest de Donetsk, qui jusque-là n’avait pas été touché par les combats. Un trolleybus a été touché et au moins 13 personnes civiles ont été tuées. Les vitres du véhicule ont volé en éclat et sa carrosserie est criblée d’éclats d’obus. Des observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se sont rendus sur les lieux pour tenter d’en savoir un peu plus sur les circonstances de l’attaque.

Comme à chaque fois, armée ukrainienne et séparatistes s’en rejettent la responsabilité. Pour étayer sa thèse d’un bombardement séparatiste, le ministère ukrainien de la Défense affirme que le lieu où le trolleybus a été touché est situé à plus de 15 kilomètres de la zone où se trouvent les militaires ukrainiens.

L’armée paie aussi un lourd tribut à ce regain de violence. Dix soldats ukrainiens sont morts ces dernières 24 heures. Autre coup dur pour les forces de Kiev : elles ont dû abandonner aux séparatistes un lieu hautement symbolique, à savoir l’aéroport de Donetsk, ou plutôt ses ruines, qu’elles avaient pourtant réussi à tenir pendant 242 jours. Ces événements se produisent quelques heures à peine après la réunion hier à Berlin des chefs de la diplomatie allemande, française, russe et ukrainienne, membres du groupe de contact sur l’Ukraine. Des discussions qui n’ont pas permis de faire avancer les choses.

Chaque camp se rejette la responsabilité de l’attaque

Du coup, les positions se crispent : le Premier ministre ukrainien accuse la Russie de porter la responsabilité de l’attaque du trolleybus qui a fait au moins 13 morts. Moscou a rétorqué un peu plus tard ce jeudi sous la forme d’un communiqué de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères qui qualifie cette attaque de « crime odieux ». La Russie accuse aussi les forces ukrainiennes d’être à l’origine du tir d’obus sur le véhicule. Une « provocation grossière pour saper le processus de paix de la crise ukrainienne », selon Moscou.

Source : RFI

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