UMP : François Fillon KO, mais debout

Cruellement battu, le député de Paris laisse la porte ouverte pour l’avenir. Il a réuni ses amis parlementaires mardi matin.

 

 

Pour celui qui avait même hésité à arrêter la politique après Matignon, c’est le grand trou noir… Très populaire dans les sondages, François Fillon n’avait jamais envisagé une défaite face à Jean-François Copé à l’élection du président de l’UMP. « Sans arrogance, je ne ressens pas cela », répondait-il pendant la campagne quand on lui demandait si la victoire pouvait échapper au favori. La défaite est d’autant plus difficile à avaler que François Fillon a perdu sur le fil, de 98 voix. Selon nos informations, c’est in extremis que la Commission d’organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) – l’organe interne de l’UMP chargé de proclamer les résultats – a trouvé 110 voix de plus pour Jean-François Copé dans les Bouches-du-Rhône. Jusque-là, François Fillon était en tête…

Même s’il a dénoncé « des irrégularités », le candidat défait a renoncé à contester la victoire de Jean-François Copé. « Il fallait en finir avec cet imbroglio et il ne voulait pas affaiblir le parti. Il faut savoir conclure une confrontation », explique l’un de ses proches au Point.fr.
L’envie lui a manqué

Trop confiant dans ses galons d’homme d’État gagné à Matignon, François Fillon s’est sans doute trompé de campagne. Force est de constater qu’il a parlé davantage aux sympathisants qu’aux militants encartés de l’UMP. « Le rassemblement se fera naturellement parce que la politique, c’est comme ça », jugeait-il dernièrement. Peut-être lui manquait-il aussi l’envie : car il s’est lancé dans la bataille pour l’UMP plus par devoir que par passion. Pendant la campagne présidentielle, dans un avion qui volait vers le Nord-Pas-de-Calais, il l’avait confié à son ministre Luc Chatel : « Mon avenir sera plus simple si Nicolas Sarkozy gagne, car s’il perd, je vais devoir m’occuper du parti. »

Que va faire désormais François Fillon ? Cette question est sur toutes les lèvres depuis l’annonce de la victoire de Jean-François Copé, lundi soir. « Je ferai connaître dans les jours qui viennent les formes que prendra pour l’avenir mon engagement politique », a assuré le député de Paris dans une déclaration lapidaire, prononcée à son QG de campagne, peu avant minuit. « Si je n’avais pas la confiance des militants, je me poserais certaines questions », assurait-il la semaine dernière dans une interview au Figaro. Se réfugiera-t-il dans l’écriture, lui qui s’est parfois rêvé une « carrière d’écrivain à succès » ? Lui, le solitaire, avait beaucoup aimé ces semaines passées dans sa gentilhommière de Solesmes, sur les bords de la Sarthe, pour écrire son livre La France peut supporter la vérité, publié en 2006.
2017 en ligne de mire ?

Ses partisans assurent qu’il n’est pas question qu’il arrête la politique. Laurent Wauquiez l’a même déclaré ouvertement mardi matin : « François Fillon ne décrochera pas de la vie politique. » François Fillon a réuni ses amis parlementaires et ses soutiens à l’Assemblée nationale mardi matin. Avant l’élection, son ami le député Jérôme Chartier nous confiait : « Si Fillon perd, il n’abandonnera pas la politique et tracera sa route vers la présidentielle. N’a-t-on pas vu récemment un candidat socialiste à 3 % d’intentions de vote devenir président de la République ? » Mais le député de Paris Bernard Debré, soutien de Fillon, ne croit pas à ce scénario : « Pour être élu président, il faut avoir été à la tête d’un parti. Il faudrait donc que François Fillon crée son parti politique ? Je ne crois pas qu’aujourd’hui il faille que nous ayons un nouveau parti de droite. »

Blessé dans son orgueil, l’ambitieux François Fillon pourrait bien avoir envie de prendre une revanche. Mais toujours en invoquant ce fameux sens du devoir qui, dit-il, l’étreint : « réduire et dépasser » cette « fracture à la fois politique et morale » qui traverse notre « camp politique, voilà l’objectif que je m’assigne », a affirmé François Fillon lundi soir. Le passionné de course automobile et de tauromachie pourrait donc viser la mairie de Paris et surtout la primaire de 2016 – qui désignera le candidat de l’UMP à la présidentielle. Cette primaire devrait être ouverte aux sympathisants du parti de droite et non aux seuls adhérents. À moins que le nouveau président de l’UMP Jean-François Copé et son équipe n’en décident autrement.

 

Source:Lepoint

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