« Un dialogue »à tout prix pourquoi Aziz le veut ?

BABA-MAREGALa signification du dialogue dans la compréhension du commun des mortels : c’est une discussion, conversation, échange ou négociation entre deux ou plusieurs parties adverses – un pouvoir et une opposition par exemple- en vue d’aboutir ou de parvenir à un consensus, sur un ou des sujet(s) donné(s).

Il se fait à partir d’un consentement mutuel entre les parties sur les modalités, les objets et les sujets du dialogue. Le pouvoir, lui semble avoir une définition ou une compréhension autre. Un dialogue n’est possible que lorsque les parties en présence, par consentement mutuel, acceptent les modalités.

On aurait pu espérer cette-fois, après de multiples tentatives infructueuses, par le passé, enfin que Ould Abdel Aziz et son gouvernement ont compris l’intérêt d’un dialogue inclusif pour le pays et que celui-ci ne peut se faire par forcing ni par imposition.

Dans son nouvel appel au dialogue, il est quand même surprenant de constater que dès les préliminaires (avril, mai), le pouvoir montre son inconséquence et émet des signaux brouillés ou de faux signaux qui mettent en lumière sa mauvaise foi et démontre qu’en fait cet appel n’est qu’une nouvelle manœuvre ridicule de plus.

Sinon comment comprendre, pour un gouvernement qui se respecte et qui a le sens de l’Etat puisse refuser de répondre par écrit ou refuser d’accepté de consigner, par écrit, la teneur des entretiens que ses représentants ont eu avec ceux de l’opposition.

Dans ces préliminaires, l’opposition avait émis un certain nombre de dispositions à mettre en œuvre à réaliser par le gouvernement pour « instaurer un climat de confiance ». Par ce refus de répondre à l’opposition, il crée un doute, il donne une fois de plus la preuve qu’il n’est toujours pas crédible et qu’il est à l’opposé de la sincérité.

Enfin par cette attitude, il démontre qu’il n’évolue pas et que son aveuglement face à la gravité de la situation intérieur et extérieure demeure intact, que son appel au dialogue n’est pas sincère et qu’il s’agit tout simplement d’une manœuvre.

Les objectifs de ce qui apparait aujourd’hui comme une nouvelle manœuvre pourraient être de l’intimidation : Parce que Mohamed Ould Abdel Aziz, sachant désormais parfaitement que son mandat suit son cours et que la fin est inéluctablement, et que rien, alors plus rien ne pourra lui permettre de prolonger son mandat ni de briguer un nouveau mandat –sauf peut-être encore un nouveau coup d’état-

Alors au lieu de préparer les conditions d’une alternance pacifique dans l’intérêt supérieur du pays, il a décidé apparemment d’opter pour « le jeu de bluff habituel », dans le but, d’abord impressionner ses partisans et courtisans, qui se préparent et ne tarderont pas à le lâcher à la cherche d’un nouveau messie (à commencer par les plus gelés et les plus arrogants d’entre eux aujourd’hui). Du côté de l’opposition, il s’agit d’une stratégie perfide de chercher à la diviser, donc l’affaiblir, c’est la nouvelle vision pour le pays.

Lorsqu’on vit dans un pays bloqué à tous les niveaux et au bord de l’effondrement, comme vient de décrire Ahmed Ould Cheikh du Calame : « un secteur de la Santé sur le point de rendre son dernier souffle, l’épidémie de dengue, Chikunguniya ou fièvre du rift terrasse Nouakchott, sans que la moindre alerte ne soit donnée. Celui de la Pêche est, depuis de longues années, en sursis.Nouakchott, chaque hivernage, se noie entre eaux usées et pluies.

L’assainissement renvoyé aux calendes grecques. Les banques pullulent, sans que cela n’ait le moindre impact positif sur notre économie moribonde. Le FMIdonne, lui, des signes d’énervement devant les chiffres qu’on lui avance, fort loin de refléter la réalité économique du pays. Quant à la SOMELEC, elle s’entête à nous fournir l’électricité au compte-gouttes. Et la TVM, à nous désinformer » et cette liste est de loin non exhaustive.

De plus voilà un Président et son entourage qui sont éclaboussés par des affaires, chaque jour qui arrive, vient avec son lot d’accusations ou de révélations de plus en plus scabreuses les unes que autres. Un pays qui fait face à toutes les menaces –intérieures et extérieures- un pays où la population est au bout de souffle – des organisations humanitaires le confirment- La Mauritanie est un pays en danger et qui pourrait entrainer avec elle toute la sous-région dans le chaos.

Le pouvoir doit se rendre à l’évidence que les conséquences de cette situation n’épargneront personne dans ce pays, encore moins lui et tous ceux qui gravitent autour de lui. Il est encore temps et urgent qu’il se ressaisisse, pour amener l’ensemble des acteurs de la vie nationale avec lui, à se retrouver pour éviter à ce pays les affres de la situation que d’autres pays semblables ont vécues ou connaissent encore.

Maréga Baba/ France

Source : Maréga Baba

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