Un fonds de 300 millions d’ouguiyas exigés pour la création des nouvelles compagnies d’assurances

En Mauritanie, la création de toute nouvelle compagnie d’assurances est désormais soumise au dépôt d’un fonds de 300 millions d’ouguiyas dans un compte ouvert auprès du trésor public.
Cette décision est le résultat d’un décret adopté par le gouvernement au cours de sa réunion hebdomadaire du jeudi 06 juillet dernier.
L’objectif du nouveau texte est de permettre « l’application des dispositions  de la loi 93.040 du  20 juillet 1993 portant Code des Assurances. Modifié par l’ordonnance 2007-026 du 09 avril 2007 »,
renseigne le communiqué rendu public à l’issue de la réunion!hebdomadaire du conseil des ministres.
Ainsi « l’agrément des sociétés exerçant les activités  d’assurances!en Mauritanie est désormais subordonné au versement, à titre de fonds de garantie, d’un montant minimum de 300 millions d’ouguiyas dans un compte ouvert à cet effet auprès du trésor public, au nom de la compagnie d’assurances ».
En bonne logique, on suppose que la démarche des autorités vise à créer de nouvelles conditions pour la promotion de nouvelles entités solides à la place des compagnies-boutiques qui ont envahi le secteur notamment au cours des 10 dernières années.
Cependant, sur les enjeux et les implications du décret du 06 juillet 2017, les professionnels du secteur restent prudents et même pessimistes, à l’image de ce cadre affirmant « qu’en fait,  il n y a rien de nouveau par rapport à la situation désastreuse du secteur des assurances. Il me semble que les autorités ont juste l’intention de délivrer quelques nouveaux agréments  et procéder à l’élimination de certains nouveaux  candidats. Mais les véritables équations de fond demeurent entières. Il s’agit notamment de la forte dépendance du secteur des assurances, à hauteur de 80%,  vis-à-vis de la branche assurances Responsabilité Civil (RC) automobile, déficitaire partout dans le monde ».
Illustration de ce déséquilibre étouffant pour un secteur d’activités sous perfusion depuis plusieurs années, « sur un marché abritant  15opérateurs nationaux, seules 3 compagnies d’assurances mènent des activités en dehors de la branche automobile », selon la même source.
Il faut également signaler qu’en plus de la quinzaine de sociétés nationales, 3 courtiers d’assurances français opèrent sur le marché mauritanien.
Parmi les problèmes de fond, notre interlocuteur cite également « la non application de la réglementation,  notamment l’obligation d’assurances pour les facultés de marchandises à l’importation, pour les chantiers de travaux et bâtiments » et des dispositions relatives à l’interdiction de  l’assurance directe, à l’étranger, de risques situées en Mauritanie».
Par ailleurs, au-delà des questions liées à la réglementation, quelques constats basiques contribuent à plomber le secteur des assurances :  le marché de la SNIM, prés de 3 millions de dollars us, est la chasse gardée de DAMAN assurances, une compagnie qui était initialement une filiale de la société minière, mais qui est passée depuis quelques années sous le contrôle d’autres  capitaux suivant des opérations très fortement critiquées.
Il y a également le fait que les compagnies minières et pétrolières opérant en Mauritanie assurent leurs risques à l’étranger.
Dans la concurrence féroce entre entités nationales, les pionniers sur le marché se plaignent de l’arrivée de plusieurs nouveaux venus « issus de cercles proches du pouvoir » avec  quelques sociétés se livrant
à la pratique du dumping.

AS

Source: Le calame

Publicité

Mauritel

Speak Your Mind