Un maître nommé par décret maître des Hratines

La nomination de Bâ Madine à la tête de l’ANAIR était tout à fait logique mais celle d’un arabo- berbère à la tête de l’Agence de Lutte contre les Séquelles de l’Esclavage, « de l’Insertion et de Lutte contre la Pauvreté » (ANLSESILP) sonne comme une insulte pour les Hratines.

OULD MAHJOUB
Voilà un maître nommé par décret pour tous les Hratines, le voilà qui doit penser pour eux, le voilà mieux placé pour connaitre leurs problèmes, le bon maître qui les traitera mieux que les autres maîtres. Il dira peut être un jour : moi j’ai toujours bien ménagé mes esclaves.

A l’esclave ou ancien esclave de dire « mon nouveau maître m’a donné du travaille, il m’a aidé à trouver une vie meilleure. Et je lui resterai fidèle toute m’a vie ».

On tient véritablement à garder les Hratines dans la dépendance et l’assujettissement. Cela se passe à tous les niveaux. On les traite avec mépris ; leurs revendications ne sont jamais pris en considération ; des lois votées mais jamais appliquées, des hauts fonctionnaires, s’il y en a, sans réels pouvoirs ; sans jamais avoir le droit de se révolter et j’en passe.

La situation d’aujourd’hui est beaucoup plus grave. À un moment ou tous les mauritaniens s’attendaient à trouver une solution à ce grave problème, Aziz se réveille avec une idée « géniale » : la création de l’ANLSESILP sans même consulter les Hratines ainsi traités comme des incapables. Oui, ils se suffiront des miettes un grade de général par si, un poste de ministre par là pour une communauté qui est majoritaire. Détrompez-vous Messieurs les présidents et Directeurs les Hratines sont loin d’être satisfaits.

La Mauritanie a plutôt besoins d’une Agence Nationale de Lutte Contre L’Esclavage ( ANLCE) et pas une lettre de plus. Seuls deux ONGs Mauritaniennes et quelques antiesclavagistes majoritairement Haratines luttent contre l’esclavage. Jamais les forces de l’ordre n’ont été à l’origine d’arrestations d’esclavagistes malgré l’arsenal juridique dont ils disposent c’est souvent des organisations comme SOS Esclaves ou Ira qui les poussent à prendre des décisions le plus souvent à contre cœur.

L’Etat ne s’est jamais engagé fermement à lutter contre ce phénomène qui doit être celui d’une autre époque. En parlant de séquelles de l’esclavage on cherche à contourner le vrai problème qu’est l’esclavage. Une volonté inébranlable du pouvoir féodal en place de maintenir le système esclavagiste.

Qui va alors bénéficier de l’ANLSESILP ? Le premier à bénéficier de cette agence sera son Directeur et on connait la suite, les autres nominations suivront. Et l’on se posera la question à savoir : Sur quels critères a-t-il été nommé ? C’était –il, par le passé, engagé pour soutenir les victimes ? Les avait-il soutenus ouvertement? Ce sent il réellement concerné par le problème ? Est-il victime de l’esclavage et de ses séquelles ? Est-il ancien maître ou ancien esclave ?

On est entrain de faire semblant de régler le problème. Nous assistons à une véritable diversion au pays du million d’esclaves. Le résultat est connu d’avance surtout lorsqu’on y ajoute l’Insertion et de Lutte contre la Pauvreté. Là personne n’est dupe, les anciens esclaves n’y gagneront rien. A ce rythme on est en train de pousser les Hratines à bout. Pas d’espoir de changement.

Le système leur dit ouvertement qu’il faut avoir directement le pouvoir pour changer les choses et je pense sincèrement qu’ils ont compris, qu’ils comprennent de mieux en mieux qu’ils ne pourront trouver des solutions que par eux-mêmes. On les pousse à la révolte. Une réalité amère avec laquelle il faudra vivre.

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