Un multirécidiviste qu’une mère tente de protéger avec une fausse levée d’écrou

arton10007-e0662Abou Cissé: Le 8 Mars dernier, un voleur multirécidiviste du nom d’Ahmed Ould Cheikh avait arraché le sac d’une jeune femme au marché Sebkha. Le sac contenait entre autres, aux dires de la victime, une somme de 80.000 UM en coupures de 500 UM, plus deux billets de 2.000 UM et un de 1.000 UM, en plus d’un téléphone portable.

Le voleur avait disparu et personne n’a pu l’arrêter. Puis, il aurait disparu pendant onze jours, car chaque jour, la femme venait sillonner le marché dans l’intention de l’apercevoir. Auparavant, elle avait déposé une plainte le même jour où l’incident s’était produit, auprès du Commissariat de Sebkha 2.

Le 20 Mars, elle se rend auprès de son opérateur téléphonique qui lui confirma que le voleur s’était débarrassé de la puce mais continuait à utiliser le téléphone, pas plus tard qu’hier, lui dira-t-on, et que le dernier appel provenait du marché Sebkha.

Heureux de cette nouvelle, la jeune femme se dirigea vers le Commissariat pour qu’un policier en civil l’accompagne dans ses recherches. Surprise, elle aperçut Ahmed, menotté, alors qu’un policier l’embarquait. Elle ne pouvait retenir son émotion et cria en pointant le doigt sur Ahmed dont elle avait fourni la description au moment de sa déposition.

Selon elle, elle n’avait aucun doute, c’est son voleur. Le type qui venait d’être arrêté pour une autre opération de pickpocket qui s’est mal déroulé, nia l’accusation. Mais la description tombait nette et il ne pouvait, selon les policiers, se débarrasser de cette deuxième plainte. Mais sa mère déclarera aux policiers que les accusations de la dame ne sont pas fondées car son fils était en prison, entre le 8 Mars et le 11 Mars et ne pouvait de ce fait, être l’auteur du vol commis le 8 Mars. Pour appuyer sa thèse, elle brandit une levée d’écrou. Mais au lieu d’Ahmed Ould Cheikh, le billet portait celui d’un Mohamed Lemine.
D’ailleurs, ni le Commissaire Abdel Fatah ni le Parquet ne prirent en considération. Certains trouveront même que la bonne dame doit s’estimer heureuse qu’elle ne soit déferrée avec son fils pour «faux et usage de faux».
Interrogé par le Procureur de la République, puis par le juge d’instruction qui le reconnut d’emblée car il l’a déjà fait déposer plusieurs fois en prison, Ahmed regagna la prison de Dar Naïm. Sa pauvre mère se démène comme un diable pour le faire libérer. Il lui a été expliqué que son fils ne sortira de prison que lorsqu’il remboursera les 80.000 UM volés à la dame plus son téléphone. Le Chef de la Zone 2 était même en visite ce jour là au Parquet de la République auprès du Tribunal de Nouakchott, l’Empire Islamique des Sables.

Abou Cissé

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