Un régisseur imprudent, caché par ses cachets

Le secteur de la justice a été ébranlé par un scandale inédit. Le greffier, régisseur de la prison civile de Nouakchott, Sy Amadou Bakar, a été prisonnier menotteappréhendé dimanche dernier pour détention illégale de cachets.

L’infortuné les utilisait pour la falsification de documents judiciaires. Parmi ces cachets, ceux portant le sigle du Procureur de la République et de plusieurs juges d’Instructions. Au cours de l’interrogatoire, il aurait avoué détenir ces cachets depuis plus de dix ans et qu’il a déjà falsifié plusieurs documents, tels des casiers judiciaires, des acquittements, des billets de levée d’écrous qui permettaient la libération de prisonniers et d’autres services de la compétence des juges d’instruction et du Procureur de la République. Il aurait aussi reconnu avoir livré des actes de condamnation ou des avis de recherche contre plusieurs personnes qui se trouveraient à l’étranger. Par ces documents, les personnes cibles parviendraient à obtenir des cartes de séjour à l’étranger, le cas échéant, un statut de réfugié politique ! Entendu par le juge d’Instruction du 5eme Cabinet, l’ancien régisseur de la prison civile qui se trouve à côté de l’ Etat Major de la Gendarmerie en face au Palais de Justice, a été déferré à la prison de Dar Naïm. Ce scandale qui ébranle aujourd’hui l’administration judiciaire aurait été éventré par les gardes en service dans le département. Lors d’un contrôle de routine interne, Amadou Sy aurait confié à l’un des gardes de service, un petit sac. Ce qui suscitera la curiosité des autres gardes qui tinrent à savoir ce que le sac contenait. C’est en l’ouvrant qu’ils tomberont ainsi sur les cachets en question. La gendarmerie avisée prendra rapidement l’affaire en mains soumettant l’accusé à un interrogatoire. L’enquête engagée immédiatement a permis de découvrir que l’infortuné possédait de 37 cachets, portant la mention de différentes chambres du Tribunal de Nouakchott.

Il la trompait en lui promettant le mariage

Le Commissariat d’El Mina 3 a déferré la semaine passée devant le Procureur de la République un certain Seydou Amadou Bâ et sa copine, Emma. Les limiers, sur une plainte déposée par les parents de la jeune fille qui ne l’avaient pas vue de la nuit, ont surpris les amoureux dans la chambre de l’homme. Comme ils n’étaient pas mariés, ils furent inculpés de fornication.

Entendus par le Procureur de la République, puis le juge d’instruction du 6ème Cabinet, Seydou sera expédié en prison et la jeune fille libérée sous contrôle judiciaire. Les Magistrats ont agi après une enquête policière qui avait démontré que le nommé Seydou avait abusé de la confiance d’Emma à qui il avait promis le mariage. Cette promesse ayant son impact sur les femmes, Emma qui avait une totale confiance en Seydou se croyait déjà son épouse. Elle lui préparait ses repas et s’occupait bien de lui pour lui prouver qu’elle sera une femme idéale. Et Seydou profitait de la situation, renouvelant ses promesses fermes, à chaque fois qu’Emma commençait à s’impatienter sous la pression de sa famille qui avait tout fait pour lui ouvrir les yeux, en lui faisant comprendre que si réellement il l’aime, Seydou devra sceller le plus rapidement leur union. Mais Seydou savait jouer sur les sentiments de la jeune fille, parvenant toujours à la convaincre que ses intentions sont sérieuses. Et cela dura, jusqu’à cette nuit fatidique, où elle décida de passer avec lui la nuit. Affolée, la famille d’Emma s’est précipitée au Commissariat d’El Mina 3. Renseignés par un jeune qui connaissait la maison où habite Seydou pour avoir vu à plusieurs reprises les amoureux s’y rendre, se précipitèrent au domicile, pour découvrir Seydou et Emma. Cette dernière ne portait qu’un léger pagne noué autour de la taille. A la question qui lui a été posée pour savoir s’il a marié la fille, Seydou répondra troublé « Non, mais on doit se marier bientôt ». Pour avoir joué sur la naïveté de la jeune fille, il fut ainsi placé en prison. Quant à Emma, jugée victime malheureuse, elle a échappée miraculeusement au même sort.

Un voleur de cartes arrêté

Harouna Diop croyait pouvoir profiter du tohu-bohu qui règne au Marché de la téléphonie mobile de Nouakchott, Nokta Sakhina, pour opérer en toute quiétude. Il saura l’erreur de ses appréciations à ses dépens. Profitant d’un rude marchandage entre un vendeur d’accessoires et de cartes de téléphonie et sa clientèle, il déroba un bon paquet de cartes de recharge et d’abonnement pour se tailler. Mais les cris du vendeur alertèrent Fara Seck, le policier affecté à ce point. Ce dernier se mit à courir derrière le voleur, au même moment où passaient Didi, chef de la P.J du CSPJ et Mohamedou M’backé dit « Dolfe », Oumar, Nour, Sidi et Diakité. Une véritable course-poursuite s’en suivit qui se terminera devant l’immeuble EGDES sis à la Mosquée Saoudienne. Harouna fut épinglé et conduit au CSPJ. Pris en flagrant délit, Harouna n’avait rien à dire. Il fut déferré au Parquet de la République avant d’être expédié en prison par le juge du 6ème Cabinet. Les cartes furent restituées à son propriétaire.

Un prisonnier s’éventre à Rosso

L’information a été relayée par plusieurs sources de presse. Un prisonnier de droit commun se serait ouvert le ventre à la prison de Rosso. Il aurait été acheminé d’urgence à l’hôpital où les médecins l’ont recousu sous une forte résistance du blessé qui se serait débattu pour ne pas être soigné. Il ferait partie d’un groupe de prisonniers qui avait tenté de s’évader, sans succès.

Les correspondants locaux de la presse soulignent que les prisonniers de Rosso vivent dans des conditions exécrables, en l’absence de toute infirmerie et d’une bonne alimentation. La prison serait d’ailleurs, selon les mêmes sources, archi comble, avec une majorité de récidivistes.

Abou Cissé.

Source : Journal Lauthrntic

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