Un Senegalo-Libanais Accusé par les Américains de financer le Hezbollah, Abass Fouaz brise le silence

Abass Fouaz est un homme malheureux depuis qu’il a appris, hier, dans la presse qui a repris un communiqué du Trésor Américain, qu’il était agent Liban-Hezboullahrecruteur du Hezbollah et que ses comptes seraient bloqués.

Ce Sénégalais de nationalité, dont les enfants ont la même nationalité gérait jusque là son restaurant du Centre ville, sans la moindre histoire. Pour Libération, il brise le silence car pour lui si être un terroriste, c’est finir comme Mandela qui a été victime de la même accusation, il est prêt au sacrifice. Entretien exclusif.

Monsieur Fouaz comment avez-vous appris les accusations du Trésor Américain, reprises par une partie de la presse sénégalaise?

J’ai appris comme vous cette odieuse rumeur. La sécurité du Sénégal, c’est notre priorité. Jamais je ne ferai du mal à ce pays. Ma femme était si abattue qu’on a dû l’évacuer. Comment aurai-je pu investir tout mon argent dans un restaurant et chercher à faire du mal à quelqu’un dans ce pays ? Je suis moi-même sénégalais, de même que mes enfants qui sont nés ici. Ce pays est mon pays et même quand je vais au Liban, c’est pour quinze jours. Mon frère m’a appelé pour me demander de quitter le Sénégal, je lui ai dit non car je suis dans mon pays, je travaille avec des Sénégalais qui comptent sur moi pour vivre.

Et quand la même source dit que vous êtes entrain d’installer le Hezbollah au Sénégal ?

C’est faux et archi faux. Demandez à ceux qui me connaissent : si quelqu’un vient avec l’intention de faire du mal à notre pays, le Sénégal, qu’il soit même mon fils, il me retrouvera sur son chemin. Le Hezbollah nous a défendu contre Israël et c’est normal que les gens l’aiment. « Kène dou yakh sa deuk té walahi Sénégal sama deuk leu ». « Diame rek laye niaan ». Il y a de cela quelques années, Nelson Mandela, que Dieu lui redonne la santé, était considéré comme terroriste par les Américains et mis sur leur liste noire. Je suis fier d’être au même rang que Mandela. Tout cela n’est pas clair, car les journaux d’ici qui ont parlé de ça, on les a scannés et envoyés au Liban. Une télé du Liban a même dit que j’étais arrêté au Sénégal depuis quatre jours. Or, je n’ai même pas reçu de convocation. Je suis même allé au ministère de l’Intérieur pour demander s’il y’avait quelque chose contre moi.

Quid de vos comptes bancaires ?

Pour vous dire comment cette affaire est grotesque, je n’ai même pas de comptes à l’étranger. Mon compte personnel et celui de mon restaurant sont ici au Sénégal et ils continuent de fonctionner. J’ai même payé des factures aujourd’hui (ndlr, hier). Si j’ai des comptes ailleurs qu’au Sénégal, ils n’ont qu’à les prendre.

Vous soupçonnez des gens de tenter de vous couler ?

Je suis sûr et certain qu’il y’a des Libanais derrière ces fausses informations. Le Sénégal ne doit pas accepter qu’on lui transmette de fausses informations. Nous prions pour notre pays, le Sénégal. C’est notre pays. Nous avons eu la chance d’avoir Serigne Saliou qui m’appelait mon fils; j’ai des photos avec lui dans sa chambre et nous mangions dans le même plat. Tout comme El Hadji Bara dont je connais presque tous les fils. Nous ne devons pas accepter d’être déstabilisé.

Source: Liberation

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