Un sommet de l’Otan à Varsovie le regard tourné vers Moscou

soldat américainLes pays de l’Alliance atlantique se retrouvent à partir de ce vendredi 8 juillet à Varsovie. Renforcement des capacités de l’Otan à l’Est, exercices et budgets militaires en hausse en Europe occidentale : il y a comme un parfum de guerre froide en Europe depuis quelque temps. L’Otan tire les leçons de l’annexion de la Crimée, en déployant davantage de troupes aux frontières dans les pays « vulnérables », limitrophes de la Russie. Mais l’organisation doit aussi faire en sorte de ne pas envenimer la situation. Parmi les dossiers sensibles, celui du bouclier anti-missile, source de crispations côté russe, et de questionnements côté français.

►Un sommet à Varsovie : tout un symbole

Organiser le sommet dans la capitale polonaise où fut signée en 1955 l’alliance militaire des pays satellites autour de l’Union soviétique est déjà tout un symbole.

L’Est sera au cœur de ce sommet : une présence renforcée de l’Otan dans les pays Baltes, et en Pologne, quatre bataillons d’environ 800 hommes, déployés par rotation, à partir de 2017. Une présence limitée, mais destinée à faire réfléchir tout éventuel agresseur. A commencer par la Russie, menace « potentielle » aux yeux de l’Otan.

L’Alliance concrétisera à Varsovie son concept de force à haut degré de réactivité avec 5 000 hommes déployables en 48 heures. L’objectif est de rendre plus agile une organisation militaire de 28 membres.

L’Otan devrait également réaffirmer son objectif : 2% du produit intérieur brut (PIB) des pays membres consacrés à la défense, sur lesquels 20% devront être investis dans les équipements.

►Bouclier anti-missile et cyberespace

Concernant le bouclier anti-missile en Europe, une capacité initiale sera annoncée à Varsovie. Les premiers intercepteurs sont en place sur la base de Deveselu en Roumanie, mais le circuit de décision précédent un tir reste américain. La France souhaite faire évoluer le contrôle « politique » du bouclier.

Enfin, le cyberespace devient un nouvel espace de bataille couvert par l’alliance, au même titre que l’espace aérien ou maritime ou terrestre. Plutôt que de remettre la sécurité de ces systèmes informatiques à l’Otan, la France plaide pour davantage d’investissements individuels de la part des pays membres.

►Entre la Russie et l’Otan, une véritable « montée des tensions »

La chancelière allemande a devant le Bundestag, le Parlement allemand, défendu la décision de l’organisation de renforcer sa présence en Europe de l’Est en raison de la perte de confiance dans les pays concernés dans leur voisin russe, due au rôle joué par Moscou dans la crise ukrainienne.

« La rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement à Varsovie s’inscrit dans une période marquée par une modification sensible de la situation en Europe et aux marges de l’Europe en matière de sécurité. Le rôle de la Russie dans la crise ukrainienne a profondément ébranlé nos alliés à l’Est. Lorsque la prévalence du droit et l’inviolabilité des frontières sont remises en cause par des mots et des actes, alors la confiance recule. Nos alliés sont en droit de bénéficier du soutien de l’Otan. Ces déploiements de forces supplémentaires sont purement défensifs ; ils ne sont pas dirigés contre la Russie et ne remettent pas en cause l’équilibre stratégique entre l’Otan et la Russie. Notre main reste tendue en faveur d’une plus grande transparence et du dialogue avec Moscou », a déclaré Angela Merkel devant le Bundestag.

►Entre la Russie et l’Otan, une véritable « montée des tensions »

Maria Lipman, rédactrice en chef du magazine Counterpoint, édité par l’Institut des recherches russes, européennest asiatiques de l’université George Washington, évoque les tensions actuelles entre la Russie et l’Otan et affirme que l’on est « au stade de la confrontation ».

« Si on examine la situation actuelle et la période du printemps 2014, avec l’annexion de la Crimée, on peut parler de confrontation et de l’impossibilité de trouver un accord. La dernière tentative de discussion entre la Russie et l’Otan en avril a échoué complètement et les parties ont reconnu qu’elles n’arrivaient pas du tout à s’entendre. Depuis, les incidents dangereux se multiplient, comme quand des avions russes se rapprochent dangereusement des navires de guerre américains. Il y aussi l’augmentation des capacités militaires, d’une part en Europe de l’Est, et d’autre part sur le territoire russe, à l’ouest de la Russie. On constate une espèce de confrontation, pas à proprement parler militaire, mais une véritable montée des tensions », affirme Maria Lipman.

Source: RFI

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