Une campagne sans argent ne fait pas recette…

Calme-campagne-rimweb.netLa campagne électorale a commencé sur fond de misère politique, économique et sociale. Les caisses de l’Etat et les poches d’Aziz sont pleines ce qui défie les lois des vases communicants ; les poches de tout le reste sont vides. Malgré tout, les mauritaniens désœuvrés depuis qu’ils habitent  dans une ville qui semble sous couvre-feu dès 23H, essayent de sortir un peu pour se divertir, voir un peu de monde. On voit des familles qui roulent les unes suivant les autres le long des grandes avenues des goudrons troués d’Aziz mais tout cela ressemble à un plaisir forcé. Le cœur n’y est pas car on sent qu’il n’y a pas d’argent.
 
Il paraît qu’Aziz ayant été de sortie hier a vu l’ambiance misérable sous les grandes tentes vides avec des haut-parleurs qui parlent tout seuls et dans le vide. Aziz aurait alors décidé de donner un peu de sous à ceux qui participent : ainsi le ministre des finances du royaume d’Aziz reçut paraît-il instruction de sa gracieuse majesté car Aziz l’omniscient gère tout au plus près et donne des instructions sur tout même en médecine, en politique monétaire, en éducation, en religion, en tout les médecins, les argentiers, les oulémas, les professeurs ne foutent rien avant de recevoir une instruction de l’oracle Aziz.
 
Bilan, le pays, la capitale, la campagne sont à l’image de cette frénésie d’attentes et d’instructions. La Mauritanie que vous voyez là c’est le changement constructif avec en maître d’œuvre et de désœuvrement Professeur et docteur Aziz le polytechnicien et théologien sorti de la grande école de l’Azizanie. Jamais ce pays n’a été si malheureux que sous Aziz le chiche. Même sous Haidallah, ce n’était pas comme ça car Haidallah vivait simplement quand Aziz vit en empereur et met le pays à la diète et tout le monde suit comme hypnotisés, tétanisés ne sachant plus où donner de la tête car ce monsieur semble venir d’un autre monde.
 
Il ne semble pas de chez nous car chez nous, au-delà du fait que nous soyons descendants de pillards magnifiques car poètes et théologiens malgré un climat rude et une misère alimentaire et économique, nous avons tous grandi avec la notion « du grand » ; être grand ou essayer de l’être, être généreux, être dur avec les forts et indulgent avec les faibles, toujours essayer de transformer le réel en quelque chose de plus grand, essayer d’être un grand seigneur chaque fois que c’est possible, être reconnaissant, enfin être humain tout simplement.
 
Avec Aziz tout cela a été noyé dans son art de faire de la politique que pour lui. Tout n’est pas de sa faute. A son arrivée déjà les régimes précédents avaient prostitué nos valeurs et nos principes, ce quelque chose très mauritanien qui nous rassemble tous et qui fait que le maure et le négro-mauritanien ont une psychologie plus proche l’une de l’autre que le maure d’ici avec son cousin du nord ou le négro-mauritanien avec son cousin du Sud. 
 
Loin de renverser la tendance, chose impossible en une génération, il faut l’avouer, Aziz s’est servi de cette ambiance où le pire du mauritanien est en haut et le meilleur en bas pour faire une cuisine qui ne nourrit que son pouvoir. Il ajouta à tout cela la fin des apparences : il traita tout le monde, du moins l’élite pour ce qu’elle représente, des mendiants froussards qui n’ont que la langue et les pauvres, il les enfuma. Il réduisit à néant toute trace du mérite qu’il semble combattre. Il fit tout pour dégoûter les meilleurs de ses partisans en faisant des alliances infectes dont il n’avait nul besoin. En un mot, Aziz administre aux moutons un remède de cheval qui risque de tuer le mouton ou de le rendre fou pendant qu’Aziz le véto s’administre lui un remède d’Aziz Blabla et les 40 zéros.
 
La Mauritanie actuellement ressemble au calme avant la tempête mais comme il n’y aura jamais de tempête, elle ressemble au calme avant le dernier degré de la misère.
 
Les riches se terrent et ne dépensent plus un sou, la classe moyenne dont tout le monde s’en fout fait les frais de tous les pots cassés et le peuple lui divague en regardant se décomposer la classe dirigeante car le peuple entend et voit ; le peuple est dans les salons, il sert le thé, le peuple garde les enfants, le peuple garde la maison, le peuple fait le ménage, le peuple lave et repasse les boubous, le peuple vend les cartes, le peuple lave les voitures, le peuple regarde et entend : tout est prêt pour lui faire perdre ses repères et aller à l’aventure.
 
On dirait que le pouvoir prépare une grande catastrophe pour souder toute l’élite derrière lui sinon tout cela n’a pas de sens.
 
En tout cas, quelque chose ne va pas et on ne sait si la corde se serre autour du cou du peuple en même temps que son ventre ou si au contraire, l’atmosphère de coup d’état n’est plus loin. Si cela devait arriver, qui plaindrait Aziz ? Et même s’il tombe que risque-t-il ? Rien car à un certain niveau de richesse on devient intouchable.
 

Pauvre Mauritanie…

Source : ChezVlane

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