Une crise ‘ normale ‘, ça existe

Cessons de parler de crise politique. Non, tout est  » normal « . La majorité a raison, la situation que nous vivons est celle-là même que nous connaissons depuis toujours :

des hommes politiques qui font de la polémique sur tout et rien. Leur sport favori.
Des difficultés économiques contre lesquelles le gouvernement ne peut rien, des élections qu’on attend toujours, des Mourabitounes qui gagnent enfin, une Coordination de l’opposition démocratique (COD) qui adopte un profil bas, un président de la République qui rentre au pays presque à l’improviste après son premier retour avec un accueil presque  » improvisé «  mais bien réussi.

Donc la crise n’existe pas puisqu’elle est devenue, à la longue, la  » normalité « . Ce serait le contraire qui étonne. Que le président Aziz et le chef de file de l’opposition, Ahmed Ould Daddah, se voient aujourd’hui, ravivent une tradition démocratique qui veut que le chef de l’Etat s’entretient, de manière régulière, avec le chef de file de l’opposition des questions de l’heure.

Les sujets ne manquent pas : le dialogue, repris ou pas, la guerre qui se prépare au nord Mali, les élections qui doivent être organisé au plus vite pour sortir le Parlement et les conseils municipaux de leur situation de précarité politique et permettre aux mauritaniens de choisir pour récompenser ou sanctionner. Il faut aussi que la situation indélicate de  » deux oppositions  » cesse.

Certes, personne ne peut – ne veut – reconstituer le puzzle autour de la COD ou de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) mais il faut bien que l’on sache, objectivement, ce qui fait la différence dans l’opposition au pouvoir.

Qu’on cesse de parler d’opposition  » accommodante  » – qui ne serait dans la réalité qu’une allégeance déguisée – et d’opposition  » antipatriotique «  vue comme telle tout simplement parce qu’elle lutte, avec ses propres moyens, contre un pouvoir jugé despotique. Il n’y a pas de crise parce qu’on manque de perspectives pour avancer.

Tout est bien puisque nos parlementaires et nos maires ont réussi l’exploit de prolonger leurs mandats de moitié ! il n’y a pas de crise parce que le peuple l’accepte ainsi et laisse le soin aux politiques de régler cette affaire qui alimente les débats dans la presse et au niveau du parlement lui-même.

On serait même tenté de dire que la Mauritanie est en train d’innover dans le domaine de la démocratie : deux mandats en un, c’est possible ; surtout, cela permet de faire des économies, en ne s’embarrassant pas d’organiser des élections coûteuses pour élire plus de 200 maires et autant de députés, alors qu’on doit revenir, une année plus tard, pour élire un président.

Tout cela pour dire que les élections municipales et législatives attendues en 2013 peuvent bien être reportées jusqu’en 2014. Pour être couplées avec celles qui verront certains des élus de la présente législature assurer ou quitter. Une échéance qu’on attend avec impatience parce qu’elle constituera, vraiment, un bon critère d’appréciation des empoignades entre la Majorité et la COD ;

Sneiba.

Source : L’authentique

 


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