Une menace de boycott des élections au NIGER

NIGERL’élection présidentielle nigérienne va-t-elle s’achever en queue de poisson ? Avec un seul candidat au second tour ? La presse ouest-africaine s’interroge ce matin, après la menace de boycott lancé avant-hier soir par l’opposition.

« L’impasse se profile à l’horizon pour le pays ! », s’inquiète le site d’information nigérienJeunesse Info. « Si le président sortant Mahamadou Issoufou est d’aventure élu dans les conditions actuelles, c’est-à-dire sans concurrent, il est sûr que son élection n’aura pas de sens auprès de la communauté internationale. C’est dire que l’heure est grave et qu’il va falloir qu’Issoufou et les siens lâchent du lest et trouvent une entente avec l’opposition. »

Ce boycott de l’opposition était prévisible, estime pour sa part Le Républicain à Bamako.« autant le président sortant Mahamadou Issoufou pouvait se féliciter d’un bilan difficile à réaliser dans les conditions d’un Sahel agressé par le climat et le terrorisme, autant les voyants du tableau politique s’emballaient avec l’approche de la présidentielle : crispations révélatrices sur des points de droit ou de simple logistique ; éclatement de la majorité présidentielle qui annonçait une météo politique chahutée ; multiples tentatives de blocage institutionnels ; et validation surréaliste d’un candidat prisonnier qui est arrivé second au premier tour, pour ne rien arranger. »

Pas la bonne tactique ?

Pour le quotidien Aujourd’hui au Burkina, l’opposition nigérienne n’a pas choisi la bonne tactique… « L’expérience a prouvé que la politique de la chaise vide a toujours eu des résultats mitigés. Se retirer aujourd’hui de la course à la présidentielle qui, au début, n’augurait pas un second tour, c’est ouvrir un boulevard à Mahamadou Issoufou, qui ne va d’ailleurs pas s’embarrasser pour l’emprunter. En effet, poursuit Aujourd’hui, se recroqueviller sur cette revendication matricielle relative à la libération de Hama Amadou et ne pas aller à ce second tour, revient à se faire hara-kiri politique, car pouvoir et opposition sont au milieu du gué : celui qui refuse de traverser, s’y noie, ou est dévoré par les crocodiles. La COPA serait bien inspirer d’y aller, car elle n’a pas démérité, son champion en prison a pu envoyer le président-sortant au second tour, ce n’est pas rien. Elle doit se ressaisir ! »

Alors, « comment sortir de la surenchère politique ? », s’interroge le site d’information guinéenLedjely.com. « Si l’opposition nigérienne, la Coalition pour l’alternance (COPA), met sa menace à exécution de ne pas participer au second tour de la présidentielle, la compétition sera vidée de sa substance démocratique. Incontestablement, cela laissera une tâche noire aussi bien pour le président sortant Mahamadou Issoufou que pour le pays tout entier, notamment en termes d’image. Même si l’opposition elle-même n’en tirera pas non plus le moindre profit. Du coup,estime Ledjely.com, il est important que de tous les côtés, on mette balle à terre et qu’on préserve l’essentiel. Cet essentiel étant la quiétude sociale et la stabilité des institutions. Et pour y arriver, tout le monde doit sortir de la surenchère qui commence à prendre l’ensemble du processus en otage. »

Risques en série

Attention, prévient également Le Pays à Ouaga. Attention au « chaos dont pourraient profiter les jihadistes déjà présents dans la sous-région, pour mettre tout le pays sous coupe réglée. Sans oublier que certains éléments de l’armée ne sont pas encore acquis à la cause de la démocratie. Ils pourraient prétexter d’un éventuel pourrissement du climat sociopolitique pour s’inviter dans le débat en commettant l’irréparable. […] L’heure est donc grave pour le Niger,soupire le quotidien burkinabé. Et la démocratie y est plus que jamais en danger. Mais il n’est pas encore tard pour la sauver, s’exclame Le Pays. Pour ce faire, toutes les contributions sont attendues. A commencer prioritairement par celle des Nigériens eux-mêmes. Ceux-ci doivent activer au plus vite tous les mécanismes de résolution des tensions politiques dont le Niger dispose déjà pour désamorcer la bombe politique qui se profile à l’horizon. A cet effort endogène et patriotique pour le salut du Niger, pourraient s’ajouter des actions multiformes d’organisations sous-régionales comme la CEDEAO pour empêcher que le Niger ne bascule dans le giron des forces du mal. L’opposition, tout comme le camp du président sortant, doivent en prendre conscience pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le Niger, conclut Le Pays, qui a trop souffert de par le passé de l’instabilité politique et qui est l’un des pays les plus pauvres de la planète, ne peut pas s’offrir le luxe de se déchirer politiquement au point de remettre en cause son existence en tant que nation. »

Enfin ce commentaire, plutôt désabusé de La Tribune Ivoirienne à Abidjan :« malheureusement, sous les tropiques, les élections sont le lieu de toutes sortes de violences, de dérives verbales qui conduisent parfois à des affrontements sanglants, ou même à des massacres. Les élections, depuis les indépendances africaines, font peur, car elles constituent des moments d’incertitudes. En fin de compte, conclut le quotidien ivoirien, la démocratie plutôt que de sortir nos pays du sous-développement accélère leur mort, parce que mal comprise et mal enseignée par ceux qui l’ont introduite en Afrique comme un virus. »

Source: Rfi

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