Une mission du FMI en visite à Nouakchott

FMIUne mission du Fmi séjournera àNouakchott mardi prochain pour échanger avec l’équipe économique sur un nouveau programme triennal dont les contours sont désormais tracés et qui n’attend plus selon nos sources que la validation du conseil d’administration du Fmi.
La Mauritanie espère a travers la conclusion de ce nouveau programme soutenir sa nouvelle stratégie d’accélération de la croissance et de prospérité partagée(SCAP) qui couvre la période 2016-2030.
On le sait, le gouvernement est en phase de négociations avancées avec le grand argentier international depuis septembre de l’année dernière pour obtenir un appui financier pour la balance des paiements , des concours financiers destinés à équilibrer en partie un budget 2016 passablement affecté par l’atonie du secteur minier et enfin sa caution dans la mobilisation des ressources pour le financement de la SCAP. Comme de coutume, le FMI exige en contrepartie des réformes d’envergure.
Officiellement, il n’est pas question « d’ajustement structurel », une expression qui a quasiment disparu du discours officiel du Fonds même si sa doctrine inspirée par le Consensus de Washington demeure d’actualité.
Mais, dans le même temps, plusieurs sources dans Les milieux de l’économie, font état d’exigences très fermes en matière de réduction des dépenses publiques et du rôle de l’Etat dans l’économie.
A ce stade, nul ne sait encore si des privatisations sont prévues et dans quels secteurs. A l’inverse, fidèle à son approche habituelle, l’organisation internationale demande la réduction de nombreuses subventions, le gel des salaires.
Selon certaines indiscrétions le nouveau programme triennal mettra d’avantage l’accent sur les réformes de la gestion des finances publiques en vue d’améliorer la qualité et le taux d’exécution des finances publiques , l’accent sur la gestion efficace des recettes minières , l’amélioration de l’environnement des affaires et l’augmentation de la qualité des dépenses d’investissement pour une croissance plus forte.
En quoi consistent donc ces réformes si redoutées ? En fait, il s’agit essentiellement pour l’économie de se débarrasser graduellement des deux fardeaux qui la clouent au sol.
Le premier de ces fardeaux est constitué par un système de subvention devenu coûteux qui a la particularité d’encourager massivement la consommation plutôt que l’acte d’investir et l’importation plutôt que la production nationale.
Le deuxième boulet traîné depuis longtemps par l’ économie, qui l’empêche de diversifier et moderniser son offre d’exportation et son tissu économique, est celui d’une majorité d’entreprises publiques structurellement déficitaires qui, au lieu de créer des richesses et de payer des impôts, sont devenues des gouffres financiers.
C’est vrai qu’il y a urgence à réduire les dépenses publiques mais ce n’est pas le moment d’imposer une cure d’austérité à un pays en proie a une crise depuis 2014 et où le chômage explose.
Le conseil d’administration du FMI a salué dans sa dernière évaluation des perspectives économiques , la résilience de l’économie aux chocs extérieurs et le regain d’activité économique dans le pays.
Pour ceux qui adorent les satisfécits , ils en sont bien servis, quoique… Certains responsables vont, on s’en doute, brandir ce «brevet» du FMI pour nous signifier doctement qu’il n’ y a pas péril en la demeure. Soit. Mais, cette institution monétaire, souligne tout de suite après des «vulnérabilités» auxquelles est exposée, l’économie nationale surtout dans un contexte de baisse des prix du fer. C’est précisément de ce «danger» qu’il est question aujourd’hui. Les prix du minerai de fer ont baissé la semaine dernière , passant sous la barre des 60 dollars. Autrement dit, le marché des matières premières s’est inscrit -peut être durablement- dans une tendance baissière.
Du coup notre pays dont les recettes en devise dépendent en partie de Ce secteur , s’en trouve gravement impacté. En termes d’affichage, avec un taux d’exécution du budget hors salaires de 16.9% a la fin du mois d’avril, une position nette du gouvernement de (- 146 milliards d’ouguiyas) , un solde du compte trésor de 36 milliards, un volume de bons du trésor de 65 milliards et un fonds de régulation des hydrocarbures d’un solde de 30 milliards, la situation de l’économie s’est relativement améliorée par rapport a 2015 , Mais sur le terrain la réalité est moins clinquante et le pays doit faire face à une situation où son fer nourricier n’est pas cher.
Et c’est tout le discours sur la diversification de notre économie qui se trouve rattrapé par une conjoncture mondiale qui, elle, ne s’encombre pas de scrupules politiques. Dans son dernier rapport le FMI souligne que la Mauritanie continue à avoir «des marges de manœuvre sur les plans extérieur et budgétaire». Mais il met en garde contre «les menaces qui pèsent sur la stabilité macroéconomique s’accentuent». il est vrai, néanmoins, qu’il y a eu décrue de la liquidité bancaire depuis une année, mais qui n’est que le reflet de nos déséquilibres extérieurs. Ce phénomène s’est accéléré depuis la fin de l’année 2014, avec la chute brutale du prix du fer.
C’est justement sous l’angle de l’érosion de nos réserves de change qu’il faudrait situer la problématique. Nous avons un commerce extérieur (balance commerciale) trop déséquilibré .
La raréfaction des ressources en devises va certainement imposer des ajustements de parité de change (entendez par là dévaluation). Nous n’avons pas le choix et tout ce qui a été fait depuis 2014 , en matière de réglementation bancaire pour « contenir » les importations, n’a fait que rajouter du désordre à une situation déjà compliquée. En d’autres termes, les précédentes mesures dans le secteur bancaire ont retardé l’échéance des vraies réformes structurelles dont notre économie avait cruellement besoin. Tout ceci est lié en fait.
Cela fait presque trois ans que nous sommes entrés dans la fin du cycle cumulatif des réserves de change et de l’épargne budgétaire. Pour les observateurs avertis, ceci augurait déjà de quelques gros nuages à l’horizon du ciel du pays … Conclusion du FMI : «L’économie nationale jouit certes d’une stabilité macroéconomique, mais elle a besoin d’une croissance plus rapide et plus inclusive pour créer suffisamment d’emplois ». Tout un programme.

Fall Mohamed

Source : RIMECO

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