Une réunion très houleuse à El Wiam

El WiamVendredi 9 Octobre, toute la direction politique du parti El Wiam s’est donnée rendez-vous à son siège central de Nouakchott, aux environs de 17 heures. L’assemblée devait, disait-on, établir une évaluation des dernières élections auxquelles le parti a pris part, les deux années dernières. Ne dit-on pas que mieux vaut tard que jamais ? Plusieurs cadres étaient là, autour du président et de ses adjoints : Boydiel ould Houmeid et Louleid ould Weddad, entre autres grands symboles d’une époque « tayiste » aujourd’hui révolue. Dans son intervention, le président d’El Wiam a essayé d’analyser les performances particulièrement « passables», surtout à la présidentielle – quatrième, derrière Birame et Ibrahima Sarr…– lors des dernières consultations électorales. Boydiel Ould Houmeid a aussi rappelé le contexte actuel d’incompréhension politique entre les acteurs nationaux. L’heure était, visiblement, à la transparence, puisque le président Boydiel est allé jusqu’à évoquer ses fréquentes rencontres avec le président Mohamed ould Abdel Aziz dont la dernière en compagnie du docteur Abdesselam ould Horma, président en exercice de la CUPAD. De son côté, Louleid ouldWeddad a rappelé les temps forts du parti, depuis sa fondation,et ses rapports, en dents de scie, avec le pouvoir, non sans revenir sur les conditions d’une défaite électorale qu’il ne semble toujours pas avoir comprise, à Ouadane, face au député Sidi Baba ould Lahah, le jeune cousin de Mohamed Ould Abdel Aziz, investi par l’Union Pour la République(UPR). Sur la dizaine de députés que compte El Wiam, et sans compter le président Boydiel, seul Dane ould Ethmane, de M’bout, a assisté à la réunion. Son intervention a constitué un véritable réquisitoire contre le parti et les agissements de ses premiers responsables. Selon lui, personne ne sait plus si El Wiam est de la majorité ou de l’opposition, tant les sorties, imprévisibles et pas du tout concertées, de son président, parfois même élogieuses à l’égard d’Ould Abdel Aziz, laissent perplexes. Les méthodes et les procédures du parti ont été clairement mises en cause par le député de M’bout qui avoue, non seulement, ne plus savoir si sa formation est « ici » ou « là-bas», mais aussi quelle position prendre dans l’hémicycle, lui et ses collègues parlementaires d’El Wiam, sur les questions nationales, déroutés qu’ils sont par les interventions autocratiques du président de leur parti.

Ce fut comme si l’intervention de l’honorable député « ouvrait subitement la porte » devant un certain nombre de cadres qui avaient tant à dire sur la façon dont El Wiam est géré. Au point que l’un d’eux est allé jusqu’à traiter le président Boydiel avec insolence. Gardant son sang-froid, celui-ci rappelait, dans la foulée, que certains de ceux qui s’empressent à s’en prendre au parti ont, eux aussi, leurs travers, dont le désintérêt des affaires de la formation n’est pas le moindre, et qu’ils pourraient même n’être que des taupes en mission, infiltrées par « certains » segments. D’autres interventions ont également touché à la vie du parti et aux préoccupations politiques nationales de l’heure. La réunion devenait houleuse. Les nerfs particulièrement tendus, de part et d’autre. Il a fallu les interventions apaisantes d’Ahmed ould Khairou et d’Idoumou ould Abdi ould Jiyed, le secrétaire général de l’Institution de l’opposition démocratique, pour faire baisser la tension et ce n’est qu’après 22 heures passées que la séance a été levée.

El Wiam constitue, avec l’APP et Sawab, un pôle politique de l’opposition que certains considèrent comme modérée. Ces trois partis sont allés, en 2011, au dialogue avec le pouvoir, alors que les autres partis de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) à laquelle ils appartenaient avaient refusé de s’y adjoindre.  En 2013, ces trois formations politiques ont participé aux élections municipales, législatives puis, l’année suivante, présidentielle, non sans dénoncer les nombreux manquements et l’incurie de la Commission électorale nationale indépendante. Aujourd’hui, la CUPAD essaie de rapprocher les points de vue du pouvoir et du FNDU, en vue d’un dialogue inclusif. Elle préparerait même un document à soumettre à l’appréciation des deux pôles politiques nationaux antagonistes, afin de les faire asseoir autour d’une même table de négociations.

Ben Abdallah

Source: Le calame

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