Vente du Rafale à l’Egypte: les réactions de la classe politique

François Hollande et le président égyptien Abdel Fattah al-SissiRFI: La classe politique française s’est globalement réjouie de ce contrat de vente de 24 Rafale à l’Egypte. Mais certaines voix dissonnantes ont émis quelques réserves.

« Une avancée fondamentale » pour le Premier ministre Manuel Valls, « un grand succès industriel » aux yeux d’Harlem Désir, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes : vendredi, le gouvernement a multiplié les superlatifs pour commenter cette vente de 24 rafales à l’Egypte, une première à l’étranger.

Cette vente représente un succès indéniable pour François Hollande, ce qui n’est pas sans embarrasser l’UMP. La rare personne à droite à s’exprimer sur le sujet a été l’ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, qui y a vu la victoire de la persévérance : « Cette victoire est réjouissante, mais elle est le résultat de trente années de promotion. »

Du côté du parti écologique des Verts, les mots se font moins tendres. « Trente ans pour vendre 24 Rafales, c’est un ratage industriel », a jugé Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie – Les Verts. Le parti écologiste est la seule voix dissonante dans ce concert de louanges. « Il y a une sorte d’incongruité à voir le président de la République et Mme Merkel contribuer à une paix fragile entre l’Ukraine et la Russie, et le lendemain, entendre ce même président de la République se féliciter d’avoir vendu 24 Rafale à un dictateur dans une région qui est déjà une poudrière », explications du député Noël Mamère.

Au parti socialiste, on ne voit pas les choses de la même façon. « Ces rafales permettront surtout à l’Egypte de se défendre », explique Carlos Da Silva, l’un porte-parole du PS, qui salue dans ce dossier la victoire de la diplomatie française et du président.

Le Rafale, le fil d’Ariane présidentiel

Ce dernier voit déjà plus loin. Il a estimé jeudi à Bruxelles que ce contrat de vente d’avions Rafale à l’Egypte pourrait constituer « un élément de conviction supplémentaire » pour des contrats avec d’autres pays, évoquant « plusieurs pistes » – Inde, Qatar. Le président a donc obtenu le contrat que Nicolas Sarkozy avait espéré tout au long de son quinquennat.

L’épisode reste un souvenir cuisant pour l’ancien chef de l’Etat. En septembre 2009, un aller-retour éclair au Brésil aboutit avec l’annonce avec tambours et trompettes d’un accord imminent. Sauf qu’en fait rien n’est réglé.

Alors, même si le président a été aidé par les circonstances – l’Egypte n’a jamais mis le Rafale en concurrence avec d’autres appareils -, ce contrat est surtout pour l’Elysée, la conséquence de la méthode Hollande. Un chef de l’Etat qui tisse des liens personnels avec tous ses homologues : « lui ne fait pas de faux pas », insiste-t-on. Un conseiller précise : « quand on est arrivé au pouvoir en 2012, la France était brouillée avec beaucoup de pays : la Colombie, le Mexique, l’Algérie, la Turquie ».

Aujourd’hui, la France sait tenir son rang. Tous les présidents ont tenté de vendre l’avion de la société Dassault. François Hollande lui-même avait ironisé sur ce rôle de VRP en juin 2013. C’était au salon aéronautique du Bourget. Serge Dassault trébuche, François Hollande le retient et s’amuse : « c’est l’Etat qui soutient Dassault. Comme toujours. »

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